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 ﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »

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MessageSujet: ﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »   Sam 5 Mar - 18:46


BERYL DOLCIANO ~ CHI SONO ?
Fiche d'Identité.


1 - Personnage

NOM Dolciano, côté italien.
PRÉNOM Et Beryl, côté britannique.
ÂGE 21 ans.
DATE DE NAISSANCE Un 23 avril.
RACE Humain pure souche, d'ordre neutre.
SEXUALITÉ L'ambivalent parfait.
MÉTIER Étudiant indifférent, sans réelle intention de montrer un peu d'assiduité...
STATUT SOCIAL Tantôt fortuné grâce aux fonds familiaux, tantôt roturier. Il se débrouille comme il le peut, et pas de façon toujours exemplaire, rompu à pas mal de métiers ingrats.

DESCRIPTION PHYSIQUE On me dit souvent que je suis un homme négligé. C'est sur que je me paie une allure... Et une dégaine... Qui ne sont communes qu'à moi. Rassurez-vous, c'est pas pour autant que je suis malsain ou quoi. C'est juste que je ne faits pas partie des coquets qui soignent leur apparence et leur jour jusqu'à se mettre de l'eyeliner pour se rehausser le regard. J'estime que je suis assez magnétique en soi pour compter sur moi-même sans recours oblige à la trousse de maquillage ou aux injections de botox. Je ne vise personne, qu'on ne s'offusque pas... J'aime juste mon visage originel et rien chez moi, je trouve, n'a de prétexte à être retouché. Sauf peut-être ce grain de beauté qui ressort beaucoup sur ma peau diaphane, juste sous l'oeil gauche... Je ne sais toujours pas de qui je tiens ça. Mais je fais avec. Même si d'après certains, ça m'irait bien.

J'assume mes cheveux bleus criards, Je vous le dis tout de suite. C'est d'ailleurs de là que je tiens mon prénom. J'avoue même que j'aime bien les cheveux style explosion capillaire, et chez moi c'est le un cratère sous-marin en éruption. Leur couleur électrique est aussi naturelle que leur désordre, et s'ils paressent si soignés, c'est naturel... parce que je n'y ai jamais passé un peigne. Pas une fois. Je les laisse tels quels, et je me les coupes à coups de rasoir quand ils deviennent un peu trop longs à mon goût. C'est pour ça qu'il paraissent inégaux et encore plus anarchiques de temps à autres... Tiens, d'ailleurs vous savez quoi ? Je trouve qu'il s'assortissent bien avec ces yeux que je me paye. Les pupilles nuancée turquoises, ça vous flanque un de ces regards, je vous raconte même pas. Pire que quelques mille volts décochés par un taser. C'est ce regard dont je vous parle, et que je sais rendre aussi caressant qu'un petit chat, qui m'a sauvé la peau plus d'une fois. Une paire de jolis yeux peut tout changer. Je vous le garantis. Le seul bémol, c'est leur aberrante fragilité... Pas croyable que mes prunelles supportent mal les lunettes fumées. Ah, vous le saviez pas ? C'est une breloque que je porte tout le temps ; des verres teintés d'un orangé rubescent. J'ai souvent ça sur le nez, parce que j'aime voir défiler ma vie sur des couleurs de brasier. Ouais, j'aime bien me brûler les yeux.

Ceci mis à part ? J'ai la peau blafarde, pire qu'un méchant de comic strip. Je sais pas si ça plaît ou non, mais le fait qu'elle soit douce et bien satinée comme il faut est toujours un truc de gagné. En plus, avouons-le, j'ai hérité des traits sculpturaux de mon italien de père. J'aime bien me comparer aux adonis marbrés de Michel Ange. J'en ai absolument pas la carrure, mais l'air de famille qu'on leur trouve avec moi est un truc qui me rend encore plus imbu de moi qu'à l'ordinaire. Je ne suis pas taillé en armoire à glace, croyez-moi... Je suis juste doucement musclé, mais tout en finesse, 'voyez, pas comme les culturistes bodybuildés. Je ne fais pas d'exercice, mais je bondis sans cesse sur place. Je cavale et je m'excite, je vous raconte pas. Une pile. Je suis une vraie boule de nerfs, et comme je sais pas rester immobile je tiens une forme d'enfer. Je vous le conseille d'ailleurs... Hahaha, je dors jamais.

Bref, j'en étais où ? Je sais plus. Autant parler de mes penchants vestimentaires. Comme je vous l'ai dit, de ce côté je ne suis pas prise de tête... Je ne peux pas souffrir la vue d'une garde robe sans fond parce que j'aime savoir ce que j'ai. J'aime les fringues dans les tons criards, violents, bourrées d'accessoires inutiles mais sympathiques à l'œil. J'aime aussi les trucs surannés, un peu vintage. Vous voyez le topo. Tant que ça reste un minimum sobre, classe, tout en démarquant correctement l'espèce de marginal que je suis, c'est parfait. Filez-moi des santiags, et vous verrez que ce sera plus des santiags. Ce sera mes santiags. J'apporte toujours ma... comment dire ? Touche personnelle. Et je fais tout pour que ça reste confortable lors de mes acrobaties compulsives. Et si ce genre de trucs ne sont pas dans mon budget...? Pas de problème, j'ai plus d'un moyen de mettre la main dessus.


×××

DESCRIPTION CARACTERIELLE Comment dire ? Par où commencer ? ...Je suis pas du genre à me prendre la tête. Je serais même plutôt à tendance effacée, introvertie, si je n'avais pas le sang aussi chaud. En effet, tant qu'avec moi on reste à sa place et qu'on me cherche pas de noises, je reste aussi doux qu'un agneau. J'essaye, plutôt. Je peux demeurer inoffensif un bout de temps si les conjectures l'autorisent. Mais le hic c'est que j'ai horreur qu'on marche sur mes plates-bandes, on qu'on empiète sur mes petites libertés. Je supporte très mal les fortes têtes et les râleurs, qui me font péter très vite mon petit câble. Je suis comme ça, je suis un sanguin. Je réagis au quart de tour et je passe pour un nerveux sur des malentendus, mais j'agresse rarement sans raison... Je peut passer du calme parfait à l'explosion viscérale.

C'est compréhensible d'être aussi versatile, vu l'éducation que je me suis faite. Disons que je n'ai jamais été sous la tutelle de parents très humains, et que j'ai du autant prendre sur moi-même qu'encaisser pas mal de coups dans les rotules. Mais je vous assure que ça forge pas vraiment un self-control surnaturel de se mettre sa famille sur la gueule tous les jours de la semaine. C'est très certainement pour ça que je m'emporte à la première invective, et que je ne peut pas digérer les remarques un peu salées. J'ai un moral fragile ça se voit, mais je me soigne. J'ai de multiples facettes pour cacher ma faiblesse handicapante, et à quel point je peux être frêle à l'intérieur. Je déteste passer pour un tendre, un sensible. Oui, j'ai vraiment horreur de ça. Même si on s'en aperçoit quasiment jamais... Je pourrais filer au pain au premier qui me verrait verser une larme - pour peu que j'ose faire ça en public -.

Comprenez que ça joue énormément sur mes sentiments. Je ne réponds plus de rien quand on me fait craquer, j'ai énormément de mal à me contenir ou à laisser passer certaines pulsions. Il faut simplement éviter de toucher à la corde sensible et puis c'est tout. ...Hormis ça ? Bien sûr, vous l'aurez deviné, suffit de croiser mon regard pour que ça vous rentre dans le crâne... Je pense que j'ai vraiment mauvais fond. Je suis certainement foncièrement vil, mais vu le quotidien que j'ai coulé dans les rues de Naples - quotidien qui représente malgré tout un sacré morceau dans la frise chronologique de ma vie -, ça peut se concevoir. Je peux faire des trucs vraiment bas pour mon profit personnel ; j'en ai fait et je n'en suis pas fier. Je n'en serais jamais fier. Mais ça je ne le montre pas. Pas à toi en tous cas.

Enfin bon, au premier abord je peut paraître détendu. Voire placide quand je me sens bien. Et même très sympathique après quelques verres. C'est parce qu'à l'habitude, face à Mr Toutlemonde ou à l'inconnu type, je joue les jeunes hommes classes et détachés. Aux extrêmes confins de mon caractère, on peut voir chez moi un personnage de nature pleine d'empathie. Mais ça encore faut-il le mériter. Faut se coucher de bonne heure pour voir ce qu'il y a de bon en moi, ou vraiment, vraiment me plaire. Je suis joueur de nature, oui, j'attends qu'on me surprenne pour me montrer... Gentil. Ce que j'aime c'est les petits malins, les entreprenants. J'en ai pas l'air, mais quand ça rentre dans les bons critères, j'aime me faire piéger. Attention... Je ne suis pas un pigeon. Y'a certains domaines dans lesquels je ne peux pas me permettre de perdre. Vous voyez ce que je veux dire...

En définitive, je ne suis pas un quelqu'un de complètement désagréable. On me trouve souvent déconcertant, à la limite de l'excentrique. Je sais bien que c'est vrai même si je grogne, mais j'y peux rien. J'ai du mal à revenir sur ma personnalité profonde, il faut que je fasse des efforts qui dépassent l'entendement pour corriger mes défauts. C'est bien mieux et bien plus efficace s'il y a quelque chose ou quelqu'un qui me motive à le faire. Mais bon, la perfection est un truc que j'ai du mal à concevoir, et comme je suis un créatif, j'aime bien tout ce qui est un peu tortueux ou biscornu. Comme moi, en fait. Et puis... j'ai parfois des élans d'orgueil démesurés. Mais faut pas m'en tenir rigueur, je sombre parfois dans un délire qui ne fait rire que moi. Cherchez pas trop... C'est bizarre... Tellement bizarre...


×××

HISTOIRE « Ça ne sert à rien de brailler pour te faire remarquer Beryl, les gens s'en fichent de toi ! »

C'est ce que maman me disait toujours, certainement parce que m'avoir porté dans son ventre neuf mois durant avait été trop douloureux, et que la perspective de devoir s'occuper d'un mouflet pour une durée indéterminée n'adoucissait pas cette douleur compulsive. Je pense que ma naissance c'était un peu comme si elle avait pris pour perpétuité. Et elle me l'a fait comprendre à de nombreuses reprises, des reprises sans fin qui laissèrent sur ma personne des stigmates assez cuisants, et qui me rappellent encore à quel point ça peut être dur d'être en vie.

Je n'ai pas grand-chose à dire sur moi, parce que jusqu'ici je n'ai pas eu une vie particulièrement palpitante. Je vous passe les détails d'une enfance complexe et d'une vie de famille malaisée. Je suis né en Italie, dans un coin équarri de Naples, au sein d'une famille lestée et endolorie par ses liens avec la mafia. Mes parents baignaient dans les trafics sans fin de produits tant répandus qu'illicites, pas en tant qu'acteurs directs, mais plutôt en passeurs discrets qui monnayaient dans l'ombre une marchandise infecte. L'ironie c'est que c'est ce qui nous tenait en vie, mais qui en même temps nous associait incessamment à une mort instantanée. Nous ne valions pas grand-chose en soi, nous n'étions que des contribuables parmi la masse de figurants dans ce cercle supposé vertueux ménagé par les combines secrètes et l'argent frelaté. Moi, je n'étais qu'un petit gosse tenu au maximum à l'écart de ce commerce de magouilleurs et d'ignoble figures. Histoire d'éviter les balles perdues ou les tirs à bouts portants.

Comme mes relations à mes géniteurs viraient au conflictuel, et que ça s'envenimait en grandissant, je préférais ne pas toucher à l'espèce de nœud hypersensible et purulent qui nous scindaient chacun de notre côté. Ma mère. Mon père. Mon grand frère et moi. Chacun de nous vivait en aparté sans dépendre de l'autre, alors j'ai du devenir autonome vite pour survivre. Je m'étais dégoûté des complots dans lesquels nous trempions malgré notre bonne volonté. Mais autant dire que j'ai pris les mauvaises directives au plus tôt. Je me suis vite affilié à une de ces petites frappes, ces meutes de voyous sans foi ni loi, qui semaient l'effroi ou la discipline à grands coups de trique dans les bas quartiers. Je régnais sur une parcelle de secteur avec des gars du canton, et nous étions de vraies petits terreurs versées dans la plupart des combats de rue. Armés ou non. En fin de compte, cette vie pavée de rapines et de cavales frauduleuses n'avait rien de très différent de celle dont je m'étais détaché. C'était juste un cran en dessous car nous étions de petits chiens braillards aux yeux des grands... Mais cette existence m'a appris à devenir un garçon solide et aux tripes merveilleusement bien accrochées. Il n'y a plus grand-chose qui me fasse frissonner, après ce que j'ai vu dans les piazzas désaffectées de notre Naples constellée d'hémoglobine. J'ai vécu entre les bad trips dans les hangars et les parties de cache-cache lumineuses, qui se soldaient par quelques décharges de chevrotine sur le porche de notre planque. Un quotidien de bohème affreux en soi, aux coloris d'un marron-gris alcoolisé. Cristallisé dans une crise sempiternelle. C'est certainement une sorte de reflet de mes tourments, de mes oppressions : Mais j'aimais beaucoup hurler. Les rares fois où je rentrais chez moi, ivre mort, et la tête perdue dans la purée de couleurs soulevées par le limoncello consommé à outrance, je m'ébranlais sur le sofa en m'époumonant jusqu'à briser mes propres tympans. C'était là que ma mère arrivait pour me casser un tibia ou me rugir encore plus fort sa locution fétiche.

C'est d'ailleurs le jour de sa mort, alors qu'un sale plan avait mal tourné, que j'ai enfin renoué d'un fil avec ceux de mon sang. La dernière phrase prononcée par ma mère fut d'une vulgarité qui m'avait lacéré la figure. Elle dut beaucoup déguster parce qu'elle nous a quitté après force convulsions. Cette fois-là, j'avais décidé que c'était terminé pour moi ici. Je me tirais de ce trou et de ces menées dont on ne voyait pas le bout. Cet endroit empestait la mort de bout en bout. Rester un petit voyou d'une banlieue italienne ne me promettait aucun avenir. Rien qu'un contrat avec le diable. Pour moi se profilait une fin au ras du sol, et j'allais mourir plus bas que terre si je ne me tirais pas de là. Je décidais donc de me reprendre en main, et de croire en ce qu'il y avait de récupérable en moi. Il n'y avait que la culture qui pouvait m'extirper de là. La métamorphose ne fut pas facile, ce n'était pas un mimétisme que j'avais enregistré ça... Passer du pire des gouapes à l'écolier débutant. Quel âge avais-je déjà à l'époque ? Seize balais à peu près, ou quoi. Je dus batailler ferme pour trouver un établissement où me parquer, me redresser quelques années durant, et sans tuteur légal pour me prendre en charge. C'est sûr ce coup-là que mon frère aîné me fut d'un secours sans égal, acceptant de s'occuper de moi provisoirement. Lui aussi avait décidé de faire une croix sur toute cette bouillabaisse prohibée. J'étudiais pendant un certain temps hors Naples, dans un de ces lycées de Campanie dont le nom m'est sorti de la tête. Au début ces trucs-là m'horripilaient, me procurant un ennui comme on en éprouve fort rarement. Mais diverses connaissances m'assuraient que plus tard tout deviendrait alléchant. Ils idéalisaient pour moi les années estudiantines à venir, ce qui m'aiguillonna pour faire quelques efforts et me berça de visions idylliques à venir. Je finis par m'adapter à vivre dans cette nouvelle communauté, et parvint à exister en tant qu'écolier standard. Ce fut d'ailleurs à cette époque que je me mis à flirter à tort et à travers, me piquant au jeu des amourettes ; levant le voile sur ma navrante identité sexuelle. Mes tribulations amoureuses me conduisirent dans le lit de jolies demoiselles. Mais je pris aussi un goût certain pour les hommes. Chose qui me valut pas mal de remontrances qui ne me firent toutefois pas changer pour deux sous. Malgré ça je rentra plutôt bien dans le moule, et appris à refouler modérément mon passé terreux.

Cependant, on ne dira jamais assez qu'un vécu un tant soit peu houleux finit toujours par reprendre le pas. Je le sais mieux que personne parce que j'en ai fait les frais... Après de longs mois, qui devinrent des années ; sans accroc particulier (j'avais 18 printemps à présent), une des plus éminentes pointures de mon ancienne troupe finit par me dénicher là où j'avais fui et par me faire comprendre non sans en venir aux mains qu'il vaudrait mieux pour moi que je reprenne ma place. En effet, les départs inopinés ne sont jamais très appréciés dans le milieu des gangs. Des informations peuvent filtrer, et on remonte très vite à la source pour colmater la fuite dans les règles. Ce gars-là était donc venu à la faveur de la nuit me rosser dans les grandes largeurs. Soit je revenais, soit ils me descendaient. Et comme je n'avais plus aucune marque ni aucun appui parmi eux, mon seul intérêt était d'obéir sagement. Mais je n'avais pas l'intention de rejoindre encore leurs rangs en tant que nettoyeur et défonceur. Pas question de retourner en cavale. Mon frère l'avait bien compris, en me retrouvant le matin même recouvert d'ecchymoses. Mais comment échapper à cette bande, qui avait des regards privilégiés partout en Campanie ? Ma seule échappatoire c'était de déserter le secteur, très loin, et encore plus loin. Ils pourraient remuer ciel et terre pour retrouver un fugitif disposant de pas mal de tuyaux qui pourraient les faire coffrer pour un long moment. Et bien que je n'avais pas la moindre intention de parler de quoi que ce soit, que je voulais avoir un quotidien un tant soit peu simple et posé, c'était ma parole contre la leur. Une nouvelle fois je devais prendre mes jambes à mon cou. Mais ma nouvelle vie j'y avais pris goût. Et je n'avais pas l'intention d'abandonner des rêves fraîchement poursuivis.

Mon frère brada les dernières provisions qu'il lui restait encore, et on eut à racler le fond des caisses pour récupérer tout ce qu'on pouvait prendre. Nous devions rassembler un maximum d'oseille pour effacer les ultimes traces et dégager de l'Italie pour de bon. On préférait prendre la poudre d'escampette et nous ruer hors des frontières parce qu'ils nous mettraient la main dessus. Et lorsqu'un gang napolitain harcèle une personne, elle inclut toute sa famille dans le peloton, histoire de frapper là où ça fait mal en deux temps trois mouvements. On a donc pris nos cliques et nos claques, et pour être sûrs de n'avoir plus affaire à personne, on a carrément décidé de sortir d'Europe. Évidemment, on devait encore verser dans la malversation : Même si on rassemblait tout le fric qu'il était possible pour se tirer, il n'y avait aucun moyen de faire ça rapidement et sans s'encombrer de toute la paperasse sans déclarer quelques trucs et avoir des comptes à rendre - cela incombait moult complications pour la suite -. Une dernière fois donc, on signa notre tour de passe-passe. Le terminal. L'ultime pirouette pour la liberté. On pris une destination au hasard. Notre choix s'arrêta sur le Japon.

Les Dolciano avaient quelques contacts dans les transports, et les avaient jalousement conservés en cas de pépin comme celui-ci. Il suffisait de quelques dessous-de-table pour nous tirer d'affaire un peu plus vite que de raison... Lorsqu'on était sûrs de pouvoir marchander notre sortie du pays, des camionneurs napolitains vinrent faire leur office. S'ensuivit alors un long et brut voyage, une traversée infernale du globe. Sur les chemins goudronnés de l'Europe, nous passâmes des mains des routiers à celles d'aviateurs. Nous n'étions liés que de très loin, mais on n'eut pas à trop débourser pour embarquer sur une modeste ligne aérienne qui nous conduirait d'ici peu au pays du soleil levant. Je dus me renseigner sur ce coin-là du monde et m'assurer une place quelque part, c'était la moindre des choses à faire... Mon apprentissage de la langue nippone n'était ni fait ni à faire, j'enregistre mal les dialectes. Mais il fallut bien que je décolle du simple "Sayonara Italia" à un moment ou à un autre. Mon frère m'aida sur la voix du succès, et il me débusqua également une université dont je pouvais viser l'entrer au point de vue niveau - et dont on ne serait pas trop loin à l'arrivée -. Je n'excellais pas dans tous les domaines, mais j'étais assez compétent pour me faire accepter là-bas. Ce haut-lieu se trouvait dans une bourgade du nom de Gokusha, où je devrais vivre désormais. Ayant contracté une formidable adaptabilité, ça ne devait pas être trop éprouvant après tout...

Cinq heure trente deux au-dessous des cumulostratus. Notre boîte métallique volante pressurisée voguait dans l'éther, seul endroit du monde où j'étais apparemment invulnérable. Les paysages montagneux qui se découpaient contre les hublots me firent imaginer que le Japon était un de ces pays accidentés et carrelé de sierras. Cependant on atterrit bel et bien dans une ville, et pas des plus désuettes en plus de ça. La vue de buildings me réconforta en même temps qu'elle me noua les viscères. Je n'avais plus qu'à espérer qu'on m'accordait la paix éternelle au moins ici, et que je trouverais un train de vie stable, tranquille, et avec une saveur. Moi et mon frangin débarquions dans une Gokusha no Neko qu'on imaginait plus sereine. Mais tant qu'on était tranquilles, ça nous allait.

Je recouvrais enfin ma regrettée indépendance. Je n'avais plus qu'à oublier et tirer quelques traits. Je n'avais plus qu'à reprendre les bonnes habitudes scolaires, réactivées comme de vieux engrenages. Je n'avais plus qu'à me dégotter une existence valables et à pousser les portes de cet univers...


×××

AIME Beryl n'est pas quelqu'un de fondamentalement difficile... Il se présente toujours comme distingué et dispos, même s'il n'en est rien en réalité. Il est plutôt quelqu'un dont l'organisme se rouillerait sans de grandes doses d'action et de danger bien vertigineux. Il adore se fourrer dans des situations pas possibles, d'où il ressort toujours avec une partie du corps réduite en miette. C'est quelque chose d'addictif pour lui, il est incapable de rester passif : Il aime l'adrénaline. C'est également comme ça dans ses couples, bien qu'il soit volage : Il se lasse d'une relation sans rebondissements. On le retient encore moins longtemps quand c'est le calme plat. Beryl apprécie également qu'on ne se soumette pas à lui, qu'on s'insurge lorsqu'il joue les monarques totalitaires. Outre les défis et l'adrénaline, il est inconditionnel des confiseries, friand de crèmes fouettées de tout acabit. S'il y a vraiment quelque chose qui peut le rendre tout miel, c'est justement les gâteaux et tous ces trucs hypercaloriques qu'on trouve à foison sur les étals des supérettes.

N'AIME PAS Ce qui lui file de l'urticaire... c'est l'ennui. Végéter est viscéralement intolérable pour lui et son cœur un peu trop bien accroché. Et les sources d'ennuis sont aussi omniprésentes que diverses : Beryl aime changer d'air, stagner et poireauter ça n'est surtout pas pour lui. C'est à peu près comme les petits prétentieux ou les jeunes richards qui ne peuvent pas tenir une conversation cadencée sans placer le groupe de mots "Moi je, moi j'aime". Et comme ces jeunes racailles incapables de lui ficher la paix ou bien les petits filous qui veulent lui refiler des trucs moyennent paiements divers et variés. Ces choses font entre autres partie de ce qui lui insupporte. Autrement la liste est assez prolixe.



2 - Hors Jeu


CONNAISSANCE DU FORUM Par un Top-Site, je crois. :3

CHARTE Elle est lue, approuvée et respectée, tout le tintouin, quoi.



Dernière édition par Beryl Dolciano le Sam 5 Mar - 19:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »   Sam 5 Mar - 18:47

...Et la version sans codes, pour une lecture plus fluide et les pc capricieux. \o/

Fiche d'Identité.

1 - Personnage

    NOM Dolciano, côté italien.
    PRÉNOM Et Beryl, côté britannique.
    ÂGE 21 ans.
    DATE DE NAISSANCE Un 23 avril.
    RACE Humain pure souche, d'ordre neutre.
    SEXUALITÉ L'ambivalent parfait.
    MÉTIER Étudiant indifférent, sans réelle intention de montrer un peu d'assiduité...
    STATUT SOCIAL Tantôt fortuné grâce aux fonds familiaux, tantôt roturier. Il se débrouille comme il le peut, et pas de façon toujours exemplaire, rompu à pas mal de métiers ingrats.

    DESCRIPTION PHYSIQUE On me dit souvent que je suis un homme négligé. C'est sur que je me paie une allure... Et une dégaine... Qui ne sont communes qu'à moi. Rassurez-vous, c'est pas pour autant que je suis malsain ou quoi. C'est juste que je ne faits pas partie des coquets qui soignent leur apparence et leur jour jusqu'à se mettre de l'eyeliner pour se rehausser le regard. J'estime que je suis assez magnétique en soi pour compter sur moi-même sans recours oblige à la trousse de maquillage ou aux injections de botox. Je ne vise personne, qu'on ne s'offusque pas... J'aime juste mon visage originel et rien chez moi, je trouve, n'a de prétexte à être retouché. Sauf peut-être ce grain de beauté qui ressort beaucoup sur ma peau diaphane, juste sous l'oeil gauche... Je ne sais toujours pas de qui je tiens ça. Mais je fais avec. Même si d'après certains, ça m'irait bien.

    J'assume mes cheveux bleus criards, Je vous le dis tout de suite. C'est d'ailleurs de là que je tiens mon prénom. J'avoue même que j'aime bien les cheveux style explosion capillaire, et chez moi c'est le un cratère sous-marin en éruption. Leur couleur électrique est aussi naturelle que leur désordre, et s'ils paressent si soignés, c'est naturel... parce que je n'y ai jamais passé un peigne. Pas une fois. Je les laisse tels quels, et je me les coupes à coups de rasoir quand ils deviennent un peu trop longs à mon goût. C'est pour ça qu'il paraissent inégaux et encore plus anarchiques de temps à autres... Tiens, d'ailleurs vous savez quoi ? Je trouve qu'il s'assortissent bien avec ces yeux que je me paye. Les pupilles nuancée turquoises, ça vous flanque un de ces regards, je vous raconte même pas. Pire que quelques mille volts décochés par un taser. C'est ce regard dont je vous parle, et que je sais rendre aussi caressant qu'un petit chat, qui m'a sauvé la peau plus d'une fois. Une paire de jolis yeux peut tout changer. Je vous le garantis. Le seul bémol, c'est leur aberrante fragilité... Pas croyable que mes prunelles supportent mal les lunettes fumées. Ah, vous le saviez pas ? C'est une breloque que je porte tout le temps ; des verres teintés d'un orangé rubescent. J'ai souvent ça sur le nez, parce que j'aime voir défiler ma vie sur des couleurs de brasier. Ouais, j'aime bien me brûler les yeux.

    Ceci mis à part ? J'ai la peau blafarde, pire qu'un méchant de comic strip. Je sais pas si ça plaît ou non, mais le fait qu'elle soit douce et bien satinée comme il faut est toujours un truc de gagné. En plus, avouons-le, j'ai hérité des traits sculpturaux de mon italien de père. J'aime bien me comparer aux adonis marbrés de Michel Ange. J'en ai absolument pas la carrure, mais l'air de famille qu'on leur trouve avec moi est un truc qui me rend encore plus imbu de moi qu'à l'ordinaire. Je ne suis pas taillé en armoire à glace, croyez-moi... Je suis juste doucement musclé, mais tout en finesse, 'voyez, pas comme les culturistes bodybuildés. Je ne fais pas d'exercice, mais je bondis sans cesse sur place. Je cavale et je m'excite, je vous raconte pas. Une pile. Je suis une vraie boule de nerfs, et comme je sais pas rester immobile je tiens une forme d'enfer. Je vous le conseille d'ailleurs... Hahaha, je dors jamais.

    Bref, j'en étais où ? Je sais plus. Autant parler de mes penchants vestimentaires. Comme je vous l'ai dit, de ce côté je ne suis pas prise de tête... Je ne peux pas souffrir la vue d'une garde robe sans fond parce que j'aime savoir ce que j'ai. J'aime les fringues dans les tons criards, violents, bourrées d'accessoires inutiles mais sympathiques à l'œil. J'aime aussi les trucs surannés, un peu vintage. Vous voyez le topo. Tant que ça reste un minimum sobre, classe, tout en démarquant correctement l'espèce de marginal que je suis, c'est parfait. Filez-moi des santiags, et vous verrez que ce sera plus des santiags. Ce sera mes santiags. J'apporte toujours ma... comment dire ? Touche personnelle. Et je fais tout pour que ça reste confortable lors de mes acrobaties compulsives. Et si ce genre de trucs ne sont pas dans mon budget...? Pas de problème, j'ai plus d'un moyen de mettre la main dessus.

    ×××

    DESCRIPTION CARACTERIELLE Comment dire ? Par où commencer ? ...Je suis pas du genre à me prendre la tête. Je serais même plutôt à tendance effacée, introvertie, si je n'avais pas le sang aussi chaud. En effet, tant qu'avec moi on reste à sa place et qu'on me cherche pas de noises, je reste aussi doux qu'un agneau. J'essaye, plutôt. Je peux demeurer inoffensif un bout de temps si les conjectures l'autorisent. Mais le hic c'est que j'ai horreur qu'on marche sur mes plates-bandes, on qu'on empiète sur mes petites libertés. Je supporte très mal les fortes têtes et les râleurs, qui me font péter très vite mon petit câble. Je suis comme ça, je suis un sanguin. Je réagis au quart de tour et je passe pour un nerveux sur des malentendus, mais j'agresse rarement sans raison... Je peut passer du calme parfait à l'explosion viscérale.

    C'est compréhensible d'être aussi versatile, vu l'éducation que je me suis faite. Disons que je n'ai jamais été sous la tutelle de parents très humains, et que j'ai du autant prendre sur moi-même qu'encaisser pas mal de coups dans les rotules. Mais je vous assure que ça forge pas vraiment un self-control surnaturel de se mettre sa famille sur la gueule tous les jours de la semaine. C'est très certainement pour ça que je m'emporte à la première invective, et que je ne peut pas digérer les remarques un peu salées. J'ai un moral fragile ça se voit, mais je me soigne. J'ai de multiples facettes pour cacher ma faiblesse handicapante, et à quel point je peux être frêle à l'intérieur. Je déteste passer pour un tendre, un sensible. Oui, j'ai vraiment horreur de ça. Même si on s'en aperçoit quasiment jamais... Je pourrais filer au pain au premier qui me verrait verser une larme - pour peu que j'ose faire ça en public -.

    Comprenez que ça joue énormément sur mes sentiments. Je ne réponds plus de rien quand on me fait craquer, j'ai énormément de mal à me contenir ou à laisser passer certaines pulsions. Il faut simplement éviter de toucher à la corde sensible et puis c'est tout. ...Hormis ça ? Bien sûr, vous l'aurez deviné, suffit de croiser mon regard pour que ça vous rentre dans le crâne... Je pense que j'ai vraiment mauvais fond. Je suis certainement foncièrement vil, mais vu le quotidien que j'ai coulé dans les rues de Naples - quotidien qui représente malgré tout un sacré morceau dans la frise chronologique de ma vie -, ça peut se concevoir. Je peux faire des trucs vraiment bas pour mon profit personnel ; j'en ai fait et je n'en suis pas fier. Je n'en serais jamais fier. Mais ça je ne le montre pas. Pas à toi en tous cas.

    Enfin bon, au premier abord je peut paraître détendu. Voire placide quand je me sens bien. Et même très sympathique après quelques verres. C'est parce qu'à l'habitude, face à Mr Toutlemonde ou à l'inconnu type, je joue les jeunes hommes classes et détachés. Aux extrêmes confins de mon caractère, on peut voir chez moi un personnage de nature pleine d'empathie. Mais ça encore faut-il le mériter. Faut se coucher de bonne heure pour voir ce qu'il y a de bon en moi, ou vraiment, vraiment me plaire. Je suis joueur de nature, oui, j'attends qu'on me surprenne pour me montrer... Gentil. Ce que j'aime c'est les petits malins, les entreprenants. J'en ai pas l'air, mais quand ça rentre dans les bons critères, j'aime me faire piéger. Attention... Je ne suis pas un pigeon. Y'a certains domaines dans lesquels je ne peux pas me permettre de perdre. Vous voyez ce que je veux dire...

    En définitive, je ne suis pas un quelqu'un de complètement désagréable. On me trouve souvent déconcertant, à la limite de l'excentrique. Je sais bien que c'est vrai même si je grogne, mais j'y peux rien. J'ai du mal à revenir sur ma personnalité profonde, il faut que je fasse des efforts qui dépassent l'entendement pour corriger mes défauts. C'est bien mieux et bien plus efficace s'il y a quelque chose ou quelqu'un qui me motive à le faire. Mais bon, la perfection est un truc que j'ai du mal à concevoir, et comme je suis un créatif, j'aime bien tout ce qui est un peu tortueux ou biscornu. Comme moi, en fait. Et puis... j'ai parfois des élans d'orgueil démesurés. Mais faut pas m'en tenir rigueur, je sombre parfois dans un délire qui ne fait rire que moi. Cherchez pas trop... C'est bizarre... Tellement bizarre...

    ×××

    HISTOIRE « Ça ne sert à rien de brailler pour te faire remarquer Beryl, les gens s'en fichent de toi ! »

    C'est ce que maman me disait toujours, certainement parce que m'avoir porté dans son ventre neuf mois durant avait été trop douloureux, et que la perspective de devoir s'occuper d'un mouflet pour une durée indéterminée n'adoucissait pas cette douleur compulsive. Je pense que ma naissance c'était un peu comme si elle avait pris pour perpétuité. Et elle me l'a fait comprendre à de nombreuses reprises, des reprises sans fin qui laissèrent sur ma personne des stigmates assez cuisants, et qui me rappellent encore à quel point ça peut être dur d'être en vie.

    Je n'ai pas grand-chose à dire sur moi, parce que jusqu'ici je n'ai pas eu une vie particulièrement palpitante. Je vous passe les détails d'une enfance complexe et d'une vie de famille malaisée. Je suis né en Italie, dans un coin équarri de Naples, au sein d'une famille lestée et endolorie par ses liens avec la mafia. Mes parents baignaient dans les trafics sans fin de produits tant répandus qu'illicites, pas en tant qu'acteurs directs, mais plutôt en passeurs discrets qui monnayaient dans l'ombre une marchandise infecte. L'ironie c'est que c'est ce qui nous tenait en vie, mais qui en même temps nous associait incessamment à une mort instantanée. Nous ne valions pas grand-chose en soi, nous n'étions que des contribuables parmi la masse de figurants dans ce cercle supposé vertueux ménagé par les combines secrètes et l'argent frelaté. Moi, je n'étais qu'un petit gosse tenu au maximum à l'écart de ce commerce de magouilleurs et d'ignoble figures. Histoire d'éviter les balles perdues ou les tirs à bouts portants.

    Comme mes relations à mes géniteurs viraient au conflictuel, et que ça s'envenimait en grandissant, je préférais ne pas toucher à l'espèce de nœud hypersensible et purulent qui nous scindaient chacun de notre côté. Ma mère. Mon père. Mon grand frère et moi. Chacun de nous vivait en aparté sans dépendre de l'autre, alors j'ai du devenir autonome vite pour survivre. Je m'étais dégoûté des complots dans lesquels nous trempions malgré notre bonne volonté. Mais autant dire que j'ai pris les mauvaises directives au plus tôt. Je me suis vite affilié à une de ces petites frappes, ces meutes de voyous sans foi ni loi, qui semaient l'effroi ou la discipline à grands coups de trique dans les bas quartiers. Je régnais sur une parcelle de secteur avec des gars du canton, et nous étions de vraies petits terreurs versées dans la plupart des combats de rue. Armés ou non. En fin de compte, cette vie pavée de rapines et de cavales frauduleuses n'avait rien de très différent de celle dont je m'étais détaché. C'était juste un cran en dessous car nous étions de petits chiens braillards aux yeux des grands... Mais cette existence m'a appris à devenir un garçon solide et aux tripes merveilleusement bien accrochées. Il n'y a plus grand-chose qui me fasse frissonner, après ce que j'ai vu dans les piazzas désaffectées de notre Naples constellée d'hémoglobine. J'ai vécu entre les bad trips dans les hangars et les parties de cache-cache lumineuses, qui se soldaient par quelques décharges de chevrotine sur le porche de notre planque. Un quotidien de bohème affreux en soi, aux coloris d'un marron-gris alcoolisé. Cristallisé dans une crise sempiternelle. C'est certainement une sorte de reflet de mes tourments, de mes oppressions : Mais j'aimais beaucoup hurler. Les rares fois où je rentrais chez moi, ivre mort, et la tête perdue dans la purée de couleurs soulevées par le limoncello consommé à outrance, je m'ébranlais sur le sofa en m'époumonant jusqu'à briser mes propres tympans. C'était là que ma mère arrivait pour me casser un tibia ou me rugir encore plus fort sa locution fétiche.

    C'est d'ailleurs le jour de sa mort, alors qu'un sale plan avait mal tourné, que j'ai enfin renoué d'un fil avec ceux de mon sang. La dernière phrase prononcée par ma mère fut d'une vulgarité qui m'avait lacéré la figure. Elle dut beaucoup déguster parce qu'elle nous a quitté après force convulsions. Cette fois-là, j'avais décidé que c'était terminé pour moi ici. Je me tirais de ce trou et de ces menées dont on ne voyait pas le bout. Cet endroit empestait la mort de bout en bout. Rester un petit voyou d'une banlieue italienne ne me promettait aucun avenir. Rien qu'un contrat avec le diable. Pour moi se profilait une fin au ras du sol, et j'allais mourir plus bas que terre si je ne me tirais pas de là. Je décidais donc de me reprendre en main, et de croire en ce qu'il y avait de récupérable en moi. Il n'y avait que la culture qui pouvait m'extirper de là. La métamorphose ne fut pas facile, ce n'était pas un mimétisme que j'avais enregistré ça... Passer du pire des gouapes à l'écolier débutant. Quel âge avais-je déjà à l'époque ? Seize balais à peu près, ou quoi. Je dus batailler ferme pour trouver un établissement où me parquer, me redresser quelques années durant, et sans tuteur légal pour me prendre en charge. C'est sûr ce coup-là que mon frère aîné me fut d'un secours sans égal, acceptant de s'occuper de moi provisoirement. Lui aussi avait décidé de faire une croix sur toute cette bouillabaisse prohibée. J'étudiais pendant un certain temps hors Naples, dans un de ces lycées de Campanie dont le nom m'est sorti de la tête. Au début ces trucs-là m'horripilaient, me procurant un ennui comme on en éprouve fort rarement. Mais diverses connaissances m'assuraient que plus tard tout deviendrait alléchant. Ils idéalisaient pour moi les années estudiantines à venir, ce qui m'aiguillonna pour faire quelques efforts et me berça de visions idylliques à venir. Je finis par m'adapter à vivre dans cette nouvelle communauté, et parvint à exister en tant qu'écolier standard. Ce fut d'ailleurs à cette époque que je me mis à flirter à tort et à travers, me piquant au jeu des amourettes ; levant le voile sur ma navrante identité sexuelle. Mes tribulations amoureuses me conduisirent dans le lit de jolies demoiselles. Mais je pris aussi un goût certain pour les hommes. Chose qui me valut pas mal de remontrances qui ne me firent toutefois pas changer pour deux sous. Malgré ça je rentra plutôt bien dans le moule, et appris à refouler modérément mon passé terreux.

    Cependant, on ne dira jamais assez qu'un vécu un tant soit peu houleux finit toujours par reprendre le pas. Je le sais mieux que personne parce que j'en ai fait les frais... Après de longs mois, qui devinrent des années ; sans accroc particulier (j'avais 18 printemps à présent), une des plus éminentes pointures de mon ancienne troupe finit par me dénicher là où j'avais fui et par me faire comprendre non sans en venir aux mains qu'il vaudrait mieux pour moi que je reprenne ma place. En effet, les départs inopinés ne sont jamais très appréciés dans le milieu des gangs. Des informations peuvent filtrer, et on remonte très vite à la source pour colmater la fuite dans les règles. Ce gars-là était donc venu à la faveur de la nuit me rosser dans les grandes largeurs. Soit je revenais, soit ils me descendaient. Et comme je n'avais plus aucune marque ni aucun appui parmi eux, mon seul intérêt était d'obéir sagement. Mais je n'avais pas l'intention de rejoindre encore leurs rangs en tant que nettoyeur et défonceur. Pas question de retourner en cavale. Mon frère l'avait bien compris, en me retrouvant le matin même recouvert d'ecchymoses. Mais comment échapper à cette bande, qui avait des regards privilégiés partout en Campanie ? Ma seule échappatoire c'était de déserter le secteur, très loin, et encore plus loin. Ils pourraient remuer ciel et terre pour retrouver un fugitif disposant de pas mal de tuyaux qui pourraient les faire coffrer pour un long moment. Et bien que je n'avais pas la moindre intention de parler de quoi que ce soit, que je voulais avoir un quotidien un tant soit peu simple et posé, c'était ma parole contre la leur. Une nouvelle fois je devais prendre mes jambes à mon cou. Mais ma nouvelle vie j'y avais pris goût. Et je n'avais pas l'intention d'abandonner des rêves fraîchement poursuivis.

    Mon frère brada les dernières provisions qu'il lui restait encore, et on eut à racler le fond des caisses pour récupérer tout ce qu'on pouvait prendre. Nous devions rassembler un maximum d'oseille pour effacer les ultimes traces et dégager de l'Italie pour de bon. On préférait prendre la poudre d'escampette et nous ruer hors des frontières parce qu'ils nous mettraient la main dessus. Et lorsqu'un gang napolitain harcèle une personne, elle inclut toute sa famille dans le peloton, histoire de frapper là où ça fait mal en deux temps trois mouvements. On a donc pris nos cliques et nos claques, et pour être sûrs de n'avoir plus affaire à personne, on a carrément décidé de sortir d'Europe. Évidemment, on devait encore verser dans la malversation : Même si on rassemblait tout le fric qu'il était possible pour se tirer, il n'y avait aucun moyen de faire ça rapidement et sans s'encombrer de toute la paperasse sans déclarer quelques trucs et avoir des comptes à rendre - cela incombait moult complications pour la suite -. Une dernière fois donc, on signa notre tour de passe-passe. Le terminal. L'ultime pirouette pour la liberté. On pris une destination au hasard. Notre choix s'arrêta sur le Japon.

    Les Dolciano avaient quelques contacts dans les transports, et les avaient jalousement conservés en cas de pépin comme celui-ci. Il suffisait de quelques dessous-de-table pour nous tirer d'affaire un peu plus vite que de raison... Lorsqu'on était sûrs de pouvoir marchander notre sortie du pays, des camionneurs napolitains vinrent faire leur office. S'ensuivit alors un long et brut voyage, une traversée infernale du globe. Sur les chemins goudronnés de l'Europe, nous passâmes des mains des routiers à celles d'aviateurs. Nous n'étions liés que de très loin, mais on n'eut pas à trop débourser pour embarquer sur une modeste ligne aérienne qui nous conduirait d'ici peu au pays du soleil levant. Je dus me renseigner sur ce coin-là du monde et m'assurer une place quelque part, c'était la moindre des choses à faire... Mon apprentissage de la langue nippone n'était ni fait ni à faire, j'enregistre mal les dialectes. Mais il fallut bien que je décolle du simple "Sayonara Italia" à un moment ou à un autre. Mon frère m'aida sur la voix du succès, et il me débusqua également une université dont je pouvais viser l'entrer au point de vue niveau - et dont on ne serait pas trop loin à l'arrivée -. Je n'excellais pas dans tous les domaines, mais j'étais assez compétent pour me faire accepter là-bas. Ce haut-lieu se trouvait dans une bourgade du nom de Gokusha, où je devrais vivre désormais. Ayant contracté une formidable adaptabilité, ça ne devait pas être trop éprouvant après tout...

    Cinq heure trente deux au-dessous des cumulostratus. Notre boîte métallique volante pressurisée voguait dans l'éther, seul endroit du monde où j'étais apparemment invulnérable. Les paysages montagneux qui se découpaient contre les hublots me firent imaginer que le Japon était un de ces pays accidentés et carrelé de sierras. Cependant on atterrit bel et bien dans une ville, et pas des plus désuettes en plus de ça. La vue de buildings me réconforta en même temps qu'elle me noua les viscères. Je n'avais plus qu'à espérer qu'on m'accordait la paix éternelle au moins ici, et que je trouverais un train de vie stable, tranquille, et avec une saveur. Moi et mon frangin débarquions dans une Gokusha no Neko qu'on imaginait plus sereine. Mais tant qu'on était tranquilles, ça nous allait.

    Je recouvrais enfin ma regrettée indépendance. Je n'avais plus qu'à oublier et tirer quelques traits. Je n'avais plus qu'à reprendre les bonnes habitudes scolaires, réactivées comme de vieux engrenages. Je n'avais plus qu'à me dégotter une existence valables et à pousser les portes de cet univers...

    ×××

    AIME Beryl n'est pas quelqu'un de fondamentalement difficile... Il se présente toujours comme distingué et dispos, même s'il n'en est rien en réalité. Il est plutôt quelqu'un dont l'organisme se rouillerait sans de grandes doses d'action et de danger bien vertigineux. Il adore se fourrer dans des situations pas possibles, d'où il ressort toujours avec une partie du corps réduite en miette. C'est quelque chose d'addictif pour lui, il est incapable de rester passif : Il aime l'adrénaline. C'est également comme ça dans ses couples, bien qu'il soit volage : Il se lasse d'une relation sans rebondissements. On le retient encore moins longtemps quand c'est le calme plat. Beryl apprécie également qu'on ne se soumette pas à lui, qu'on s'insurge lorsqu'il joue les monarques totalitaires. Outre les défis et l'adrénaline, il est inconditionnel des confiseries, friand de crèmes fouettées de tout acabit. S'il y a vraiment quelque chose qui peut le rendre tout miel, c'est justement les gâteaux et tous ces trucs hypercaloriques qu'on trouve à foison sur les étals des supérettes.

    N'AIME PAS Ce qui lui file de l'urticaire... c'est l'ennui. Végéter est viscéralement intolérable pour lui et son cœur un peu trop bien accroché. Et les sources d'ennuis sont aussi omniprésentes que diverses : Beryl aime changer d'air, stagner et poireauter ça n'est surtout pas pour lui. C'est à peu près comme les petits prétentieux ou les jeunes richards qui ne peuvent pas tenir une conversation cadencée sans placer le groupe de mots "Moi je, moi j'aime". Et comme ces jeunes racailles incapables de lui ficher la paix ou bien les petits filous qui veulent lui refiler des trucs moyennent paiements divers et variés. Ces choses font entre autres partie de ce qui lui insupporte. Autrement la liste est assez prolixe.


2 - Hors Jeu

    CONNAISSANCE DU FORUM Par un Top-Site, je crois. :3

    CHARTE Elle est lue, approuvée et respectée, tout le tintouin, quoi.
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MessageSujet: Re: ﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »   Sam 5 Mar - 20:11

Tout simplement FOR-MI-DABLE !
Les codes, le graphisme, la qualité de la langue..Les pavés ♥
Je n'hésite même pas à te valider !
Bienvenue parmi nous, et puisses-tu y trouver ton bonheur.
Amuse toi bien !
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MessageSujet: Re: ﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »   

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﴾★﴿ ϐεʀѱʟ. « Wild Blue Yonder. »
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