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 Et il danse dans la nuit... - Asano.

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MessageSujet: Et il danse dans la nuit... - Asano.   Sam 7 Jan - 18:40


Et il danse dans la nuit...
Aman & Asano

    S’il y a bien des personnes que je ne comprends pas, ce sont celles qui n’aiment pas la pluie. Je ne vois pas ce qu’il y a de gênant dans tout cela, après tout ce n’est que de l’eau qui tombe sur la tête. Je m’étais posé cette question après avoir croisé les quelques regards peu sympathiques des participants à la fête où j’avais été convié, quand je leur avais dit que j’allais rentrer à pied malgré la pluie torrentielle. Ah, les fêtes, c’est vraiment ce que j’aimais le plus. Je me faisais de nouveaux amis, je parlais avec eux, j’étais bien. En fait, c’était surtout moi qui parlais, étrange non ? Il est vrai que les petits détails de ma vie sont tellement intéressants qu’on a envie d’en apprendre plus, toujours plus, n’est-ce pas ? Ah là là, qu’est-ce que j’aime parler… Et en plus, j’adore qu’on m’écoute, comme ça, qu’on prenne son temps. Les fêtes, ça me permet de déstresser un peu, et de m’amuser. Le Garnett se laisse emporter dans un tourbillon d’illusions. Car il refoule la réalité.

    J’étais dans les derniers à repartir, et je dois dire que j’avais un peu trop bu ce soir-là. Ma tête tournait un peu, et je rigolais pour un rien. Enfin, j’en avais encore conscience, alors je n’étais sans doute pas trop ivre. N’empêche que j’avais trébuché plusieurs fois. On avait proposé de me raccompagner, mais j’avais refusé. Ma villa n’était pas trop loin à pied, et ça ne me dérangeait pas de marcher un peu. Je marchai donc vers la sortie de la demeure de mon hôte, pris mon long manteau et mon parapluie, et sortis. Il faisait déjà nuit noir, quelle heure était-il ? Je regardai ma montre : il était presque une heure du matin. Tiens donc, j’étais resté si tard ? Il faut dire que j’étais des derniers à partir. Bah, ce n’était pas très grave. De toute façon, je n’étais pas obligé de me lever tôt, demain. Et puis, j’étais content de cette soirée. Autant ne s’inquiéter de rien, et rentrer à la maison ! Je rabattis une mèche rebelle derrière mon oreille. Ca alors, j’avais pris grand soin à faire ma queue de cheval, ce que je faisais toujours avant d’aller à une fête. Ensuite, j’avais enfilé un costume bleu marine à queue de pie, acheté spécialement pour l’occasion, et des chaussures noires, ainsi que des gants blancs.

    J’ouvris mon parapluie. Ce soir (ou ce matin ?), il pleuvait vraiment des cordes, et il faisait si sombre que même avec les lampadaires, je ne voyais pas grand-chose devant moi. Et mon ivresse n’arrangeait vraiment pas les choses. Zut alors, il fallait toujours que je prenne un petit verre de trop pendant les fêtes ! Comme c’était triste, et il n’y avait personne pour m’arrêter ? De dépit, je sortis une cigarette de mon paquet, ainsi que mon briquet, en faisant attention de ne pas faire tomber mon parapluie. Mais je ne pus même pas porter la cigarette à mes lèvres, car mes mains tremblaient. Mes gestes étaient tellement fébriles que je devais crisper ma main sur le manche de mon parapluie. Mince alors. Ma cigarette tomba à terre. Il pleuvait tellement que sur le sol, se formaient de véritables flaques d’eau. On ne pouvait même pas les contourner tellement elles étaient énormes. Je regardai donc, désolé, ma cigarette se décomposer dans l’une de ces flaques. Totalement irrécupérable. Je soupirai, puis remis mon briquet dans ma poche. Ce n’était même pas la peine de sortir une autre cigarette. Je n’avais pas envie que celles qui restaient dans mon paquet finissent comme la première, ce serait bien dommage.

      « Quel… dommage… »


    Voilà que je me mettais à parler tout seul, maintenant. Je commençais à avoir mal à la tête, et des vertiges me prenaient de plus en plus souvent. Jusque là, j’avais réussi à me reprendre, mais pour combien de temps encore ? Ma maison me semblait si loin, maintenant, alors que ce n’était qu’à quelques rues d’ici… Je tremblais de plus en plus, et marchais en me raccrochant à tout ce que je pouvais, histoire de garder le peu d’équilibre qui me restait. Soudain, je trébuchai, manquai de tomber, mais réussis finalement à me rattraper à un lampadaire. Je restai quelques temps agrippé à ce lampadaire, le sourire aux lèvres. Le Garnett sourit, car non seulement il est complètement ivre, mais en plus il est insouciant.
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MessageSujet: Re: Et il danse dans la nuit... - Asano.   Lun 5 Mar - 7:13

Aman & Asano ♥



CRÉDIT - CSS


    En fin d’après-midi, le jeune homme s’était quelque peu sentit seul. Seul dans cette immense demeure. Dans cet immense manoir. Son hybride était partie. Bof, il ne lui en voulait pas en fait, il lui avait dit qu’il était libre de ses gestes de toute manière, alors bon, autant tenir sa promesse, non ? L’humain savait très bien ou il était de toute manière, il était dans cette horrible maison où son maître précédant avait habité. D’ailleurs, que lui était-il arrivé ? Parce que, si c’était lui qui avait chassé Ketsueki, il ne l’autoriserait sûrement pas à retourner chez lui. Quand il rentrera, Asano lui posera quelques petites questions en rapport avec son maître. Il sortit de ses pensées en entendant les cloches de l’église, celle-ci se trouvait presque à côté de son manoir, donc le son que les cloches faisaient s’entendait assez fort. Rien de bien gênant bien sûr. Il avait pris l’habitude depuis qu’il habitait ici. C’était devenu.. presque naturel. Au fil des années, il ne le remarquait presque plus, sauf quand il n’y avait aucun bruit. Là, il sursautait, se demandait ce que c’était, puis au bout de quelques minutes, il réagissait, se disant que ce n’était que le son infâme de ces cloches. Il n’avait, certes, rien de spécial, mais l’humain le trouvait lourd et pesant. Il n’arrivait pas à expliquer ça, mais bon, Asano était une boule de mystère, une personne indéchiffrable. C’est sur cette pensée qu’il décida d’aller voir le temps qu’il faisait dehors. Une petite envie de sortir le titiller, mais pour ça, il fallait s’habiller en conséquences.

    Le jeune homme traversa la salle de réception, où, depuis quelques temps, plus personne n’allait. Il n’invitait plus personne. Pourquoi ? Simplement car ici, il n’avait que très peu.. d’amis. Oui, des amis il en n’avait pas beaucoup. En même temps, ces dernières années, Asano était devenu quelqu’un de très réservé, il ne sortait qu’à peine, juste pour aller faire les courses -quand il n’envoyait pas Ketsueki le faire- ou pour s’acheter des vêtements. Puisque, comme toute personne riche qui se respecte, il faut savoir s’habiller. Oui. Savoir s’habiller. En plus, il adorait faire des dépenses folles pour des habits. Ça pouvait aller des jeans au bermuda en passant par le costume et les chemise de toutes les couleurs, bien qu’il préférait quand même les blanches. Les blanches et les noires. C’était les couleurs qui lui allaient le mieux. Sans oublier le violet. Ah.. Cette couleur.. Elle lui allait si bien ! Quand il mettait son long manteau, il était tellement beau. Et il le savait. Il n’était pas du genre vantard, mais il s’aimait. Et oui, il aimait son physique. C’était normal, vu que c’était vrai. Pour en revenir à cette salle, il comptait la remplir un jour, oui, faire une grande réception avec tous les gens qu’il avait pu rencontrer dans cette ville. Une ville bien belle quand on y pense. Avec des gens tous aussi sympathiques les uns que les autres. Du moins, c’est ce que Ketsu disait. Et puis le premier jour où il est arrivé ici, c’est l’impression qu’il avait eu, ses voisins étaient tous tellement adorables avec lui, et pourtant ils ne le connaissaient pas. C’est ça, l’amitié ? Malgré ce qu’il peut faire croire, Asano reste quelqu’un de bien. Oui, un chic type. À l’écoute de ceux qu’il aime. Certes, il n’y en a pas des masses. Mais au moins, il est sûr qu’il y en a un, son hybride. Ils ne s’entendent pas à merveille, c’est vrai, mais au fond de lui -mais alors vraiment au fond de lui-, il l’apprécie. Du moins assez pour le laisser vivre chez lui.

    Une fois dans l’immense cuisine, il pouvait voir le temps qu’il faisait. Oui, il avait bien deviné, même si ça paraissait évident. Depuis qu’il avait prévu de sortir, il entendait de petit clapotis sur le toit, et ce n’était pas les pas des oiseaux. Non, il pleuvait. Asano se laissa avoir et, comme bien souvent, il regardait les gouttes d’eau se chevaucher sur la grande baie vitrée. Ce petit manège dura une dizaine de minutes puis il se leva en se dirigeant vers la salle de bain. Il avait envie de sortir, ça c’était sûr, mais où ? Il regarda l’heure rapidement : 20h. Déjà ? En faite, ce n’était pas la fin d’après-midi. C’était le début d’une longue soirée ennuyante. Il n’avait pas mangé, pourquoi ne pas commencé par un petit restaurant ? Oui. Et puis après.. Il ira au cinéma. Voilà, sa soirée était faite. Il n’avait plus qu’à se préparer. Il voulait s’habiller d’une chemise et d’un simple jean, mais avec le temps était-ce bien raisonnable ? Oh et puis ce n’est que de l’eau ! L’humain ne boutonna sa chemise qu’au ¾, laissant deux boutons ouverts, il enfila son jean et des chaussures de ville et hop ! Le tour était joué ! Plus qu’à sortir.

    Il mit son long manteau noir et violet, pris un parapluie et sortit. Il ne l’ouvrit pas. En fait, il aimait bien sentir l’eau couler le long de ses bras, de ses cheveux. Mais, ne voulant pas s’éterniser dehors quand même, il se dépêcha d’entrer. Les serveurs le connaissait, savait très bien à quel table il mangeait, le repas qu’il prenait. Ils le savaient. L’habitude, sûrement. Asano passa devant un miroir, il en profita pour recoiffer ses mèches rebelles et remis bien son pansement ainsi que les bandes qui le maintenant. Il ne les aimait guère. Elles aplatissaient toute sa magnifique chevelure, et en plus elles faisaient le tour de sa tête. Quel plaie, je vous jure ! Une fois cela fait, il alla s’installer à sa table, se fit servir, demanda l’addition, paya en laissant, comme d’habitude, un pourboire puis il partit. C’était ça maintenant ses apparitions dans le restaurant. Hors de question de rester seul ici. Pour quoi passerait-il après ? Tss.. Ça lui fit pousser un soupir et il se leva immédiatement après, il attendit qu’on lui ramène son manteau et son parapluie et il sortit tranquillement, sans faire attention aux autres. Une fois dehors, il appela un taxi, demanda à être conduit au cinéma le plus près et regarda rapidement l‘heure à la grosse horloge qui se trouvait en-dessous du sommet de l‘église : 20h45. Il avait passé si peu de temps dans le restaurant ? Il haussa les épaules et s’installa dans la voiture qui venait d’arriver, espérant pouvoir aller à la séance de 21h. Durant le trajet, il sentait le regard du chauffeur posé sur lui et c’était exact, il le regardait dans le rétroviseur. Mais qu’est-ce qu’ils avaient à tous le relooker comme ça ? Il frémit et serra les poings, décidant d’ignorer cet abruti en frottant les gouttes d’eau qui se répandait sur son visage. Il pleuvait encore plus fort que quand il était entré au restaurant.

    L’humain sourit en voyant que le taxi s’approchait du cinéma, il descendit enfin de cet endroit dédaigneux qu’était la voiture, paya le chauffa et se dirigea vers la porte du cinéma. Il regarda longuement l’affiche et poussa un nouveau soupir, il n’y avait pas beaucoup de film qui lui donnait envie, mais il entra tout de même. Il pourrait peut-être avoir quelques surprises, qui sait ? Asano se dirigea vers le guichet et demanda une place pour le film de la salle n°4 sans savoir ce qu’était le film, mais bon, peut-être allait-il aimer ? Il entra dans la salle et regarda tranquillement le grand écran en face de lui en mangeant ses pop corn, essayant de ne pas faire trop de bruit. […] Les lumières se rallumèrent, il mit un petit temps à s’en rendre compte. On pouvait remarquer une grosse trace rouge sur sa joue. Oui, il l’avoue, il avait dormi mais il avait ses raisons, le film ne l’intéressait pas.. 2h30 à dormir, ça lui avait fait du bien quand même. Avec un léger sourire aux lèvres, il se dirigea vers la sortie en remettant bien ses bandes d’une main et en tenant son parapluie de l’autre. L’humain bailla sans le vouloir, prenant soin de passer sa main devant sa bouche. Quelle heure était-il ? 23h30.. Il n’avait pas envie de rentrer, et ces deux heures de sommeil l’avait remis en pleine forme. Après être sortit de la salle, il traversa le cinéma et sortit. Mon dieu ! Il pleuvait à verse cette fois. Asano ouvrit son fidèle parapluie et prit son courage à deux mains afin de sortir.

    Comme il s’y attendait, l’eau coula à flot. Le jeune homme traîna dans les rues pendant plus d’une heure pour trouver un bar qui lui convenait. Il pouvait savoir que ça fait un sacré moment parce que quand il était sorti du cinéma, il était 23h30, maintenant il était déjà 0h40. Il ne s’était même pas rendu compte de l’heure. Il ne savait même pas où il était et il était épuisé, c’est à ce moment que sa mauvaise humeur arriva. Il n’y avait pas un chien dans la rue, pas une seule personne à qui demander de l’aide et surtout, aucun bar. Il avait traînassait pour rien, ce qui le rendait encore plus furax. Son parapluie ne lui servait plus à rien, il était trempé, il avait froid, il était perdu. Bref, il était vraiment de sale humeur, et on pouvait le voir rien qu’à sa tête.

    Au loin il vit quelque chose bouger. Un soupir de soulagement sortit de ses lèvres, il laissa tomber le parapluie, n’en ayant plus rien à faire et marcha rapidement vers sa « cible ». Peut-être allait-il pouvoir l’aider ? Une fois arrivé un peu plus près, il vit qu’il ne lui sera d’aucune utilité. Ce type était totalement bourré. Aurait-il été comme ça si tout le temps qu’il avait passé à marché il l’aurait passé à boire ? Il grimaça à cette idée. Non, Asano n’était pas un ivrogne. Mais peut-être que si ça aurait l’inverse il l’aurait aidé ? Après tout, il avait connu beaucoup d’élan de générosité à son égard depuis qu’il était là, alors pourquoi pas ? Il s’approcha doucement, se voulant discret, et l’entendit parler. Était-il bourré au point de se parler à lui-même ? Franchement, cet inconnu faisait de plus en plus flipper l’humain qui était presque décidé à faire demi-tour, mais malgré tout, il resta. Il marchait derrière lui, il le suivait comme son ombre. Et en fait, au lieu d’avoir un effet positif sur Asano, ça ne faisait que l’énerver de plus. L’individu devait se tenir à tout ce qu’il trouvait pour ne pas tomber. Et puis là, quand l’ivrogne en face de lui failli se casser la figure pour de bon, il intervint en soupirant, les bras croisés, les sourcils froncés.

    « Mec, je veux pas te vexer, mais tu fais franchement pitié à voir. »

    Sans prévenir, Asano s’approcha, le choppa par le bras et le tira dans une ruelle. L’inconnu ne devait sûrement se rendre compte de rien, où en tout cas, ne réagissait pas encore puisqu’il ne se débattait pas. Il le fit s’assoir dans un coin à l’abri des regards mais surtout à l’abri de l’eau parce que bon, qui pourrait les voir là ? Les oiseaux ? Et encore, même eux n’osaient pas s’aventurer dehors. Asa secoua la tête pour enlever l’eau qui commençait à couler sur son visage et dans son cou puis alla se mettre près de l’autre. Il avait toujours les sourcils froncés et cet air sévère et grave au visage. C’est avec un ton autoritaire, froid, dur et agressif et les poings serrés qu’il commença à parler, se retenant carrément de hurler :

    « Nan mais tu t’es vu ? *Il le gifla pour qu’il réagisse* Y t’arrives quoi mec ? C’est la première fois que je vois quelqu’un aussi défoncé ! Reprends-toi ! *Il marmonna dans sa bouche et serra les poings encore plus fort* Hey ! Je fais comment moi ? J’avais besoin de toi ! T’es le seul dans la rue et t’aurais aurait pu me dire comment je fais pour rentrer chez moi ! Et je me doute que c’est même pas la peine de te demander quoi que ce soit ! Oh ! Tu m’écoutes ? »

    Asano poussa un long soupir, plus il parlait et plus il s’énervait. Il regarda le ciel.. Ça n’avait pas l’air de vouloir s’arrêter donc il se tourna vers l’humain à ses côtés et grogna :

    « T’habites où l’ivrogne ? »


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Et il danse dans la nuit... - Asano.   Dim 18 Mar - 14:55

    Je veux rentrer chez moi. Je veux revenir à la maison. Mon cerveau était tout embrumé, j’avais des bombes atomiques plein la tête, et puis ça explosait, boum, et ça faisait mal, et ça hurlait dans mes oreilles, dans mon crâne, ça résonnait, ça faisait mal, c’était insupportable. Et la pluie qui tombe, qui tombe sur moi, j’entends quand elle tombe, j’entends quand elle s’éclate sur le trottoir et sur moi, ça fait comme des éclats d’obus, comme les éclats d’obus que je voyais et que j’entendais à la télé, quand je regardais des films de guerre en cachette. Mais à la télé, on peut baisser le son, c’est pas aussi fort qu’en vrai, c’est pas aussi fort qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être comme en vrai, dans ma tête c’est la guerre, pan ! pan ! Les fusillades et les éclats d’obus. J’ai jamais connu la guerre, seulement aux informations, mais je sais pas ce que c’est. Et puis, la guerre, j’aime pas ça. Je sais pas pourquoi, mais j’aime pas voir des gens se taper dessus, s’entretuer. Et dans ma tête, c’est la guerre, je sais que je me répète, je sais plus ce que j’ai dis avant, qu’est-ce que j’ai fais au juste ? Ca tonne dans ma tête, ça m’assomme mais je veux me réveiller, voir le ciel, et pourtant il est bien là le ciel, mais il est noir, tellement noir. Je ne vois pas les étoiles, elles n’existent plus. Je ne vois même plus la Lune, la Lune si belle et si blanche, hé la Lune, t’es où ? J’ai besoin de toi, j’ai besoin de ta lumière, pour guider mes pas jusqu’à chez moi, en sécurité, mais toi tu n’es pas là, tu m’abandonnes, comme les autres, comme moi-même, je me suis abandonné je crois, je suis ici et ailleurs à la fois, je suis perdu et je me retrouve, et dans ma tête ça se bouscule, c’est le bordel, mais un bordel ordonné. Je commence à me dire n’importe quoi, j’ai peur de devenir fou, et pourtant je suis pas fou, je le sais bien, mais j’ai tellement mal à la tête, et puis j’ai chaud alors qu’il fait si froid dehors.

      « Mec, je veux pas te vexer, mais tu fais franchement pitié à voir. »


    Devant, y’a un mec en violet. Si, si, il est violet, enfin, ses cheveux le sont. Pourquoi il a les cheveux violets ? Le violet, c’est une jolie couleur, j’aime bien le violet, c’est une couleur toute douce, apaisante, même le mot il est doux, violet, ça coule tout seul de la bouche et après ça s’élève dans le ciel, c’est joli. Et puis le violet, c’est pas une couleur trop flashy, ça fait pas mal à la tête, ça tombe bien parce que je pense que j’ai suffisamment mal comme ça. La douleur me traverse tout le corps, je tremble, et j’ai chaud. Bon, faut peut-être lui répondre au bonhomme violet… Comment ça je fais pitié à voir ? … Non mais t’as raison en fait. Je suis complètement dans le potage, je dois avoir une tête à faire fuir le Joker dans Batman, je marche pas droit, en fait j’arrive même plus à marcher. T’as l’air gentil, même si t’es pas content. Allez, faut que je parle maintenant.

      « Ahsjbrgf… ? »


    … Houston, nous avons un problème. J’arrive plus à parler. Ma voix est toute bizarre, pâteuse et laide comme un gâteau raté. Pourtant, je me suis concentré et tout. Mais là, c’est comme s’il y avait du gloubi-boulga dans ma bouche, c’est très désagréable. Et j’y arrive pas. Ma langue est collée contre mon palais, et j’arrive pas à parler. Les mots veulent pas venir, même les lettres se rebellent, elles veulent pas se mettre ensemble pour que je puisse prononcer quelque chose de correct. Et ça, ça me rend triste, parce que toi, le bonhomme violet qui sourit pas, t’as l’air sympathique. Et puis t’es mignon en plus. Tu me prends par le bras, et je te suis, je m’appuie presque sur toi, mes jambes sont comme des spaghettis en ce moment, elles veulent pas suivre, elles sont toutes molles. Plus rien ne m’obéit, et ça, c’est très vexant. Je compte sur toi, le bonhomme violet. Désormais, et jusqu’à ce que je sois rentré à la maison, tu seras mes jambes et un peu mon esprit, parce que là je réfléchis plus très bien.

    On marche quelques mètres, mais pour moi on dirait des kilomètres. Je sais où elle est ma maison, mais elle me semble tellement lointaine maintenant, comme les pays des contes de fées, c’est toujours des pays lointains, ça se passe jamais à côté, et j’ai jamais compris pourquoi. Mais c’est peut-être trop philosophique pour moi, et j’ai pas envie de réfléchir, maintenant. Trop mal à la tête, trop mal partout. Je m’assois. Et puis tu commences à me parler, avec des longues phrases, et puis t’es tellement agressif tout d’un coup, arrêtes de crier s’il te plaît, arrêtes de parler, j’ai tellement mal, et t’auras beau me donner des gifles ça n’arrangera rien, ça fera qu’empirer mon état, et franchement j’en ai pas envie, je me sens suffisamment mal comme ça. Bien sûr que je t’entends, bien sûr que je t’écoute, je fais tout mon possible pour t’écouter, mais j’arrive pas à te comprendre. Je connais plus rien, je me souviens plus. Comment je m’appelle déjà ? Ah oui. Oliver. Je m’appelle Oliver. Ah mais nan, j’ai un autre prénom aussi, ça va pas. C’est un prénom un peu bizarre, peu courant. Mais c’est joli. Enfin, ce serait quand même bizarre de pas aimer son propre prénom. Mais pourquoi je me souviens que du deuxième alors ? C’est celui que j’utilise le moins. Peut-être que c’est plus facile de se rappeler d’Oliver que d’autre chose, après tout.

      « Autre part. Pas ici en tout cas. C’est trop petit. »


    Et je rigole, encore. Mais. Mais c’est pas du tout marrant ce que je viens de dire ! Ca va pas l’avancer du tout, le bonhomme violet ! Je vais encore me prendre une gifle c’est sûr ! Mais qu’est-ce qui me prend ? Qu’est-ce que je suis fatigué, il est quelle heure ? Et la pluie qui n’arrête pas de tomber… Enfin, j’ai réussi à parler, c’est déjà ça.

      « Pardon… Désolé… Je voulais pas dire ça… Je voulais pas rire… C’est pas drôle… C’est pas drôle du tout… »


    Je levai mon visage vers toi. Je me sentais très triste, tout-à-coup. Je me sentais sale, aussi. J’avais envie de pleurer. Je veux vraiment rentrer chez moi…
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