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 Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]

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MessageSujet: Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]   Mer 22 Aoû - 17:22


Le cœur de l'homme est son abondance et son néant, son oasis et son désert, sa raison de vivre et son désir de mort. Il est l'unique chose sur lequel le matérialisme n'aura jamais le dernier mot. Grâce à lui, la plus petite boîte de carton peut devenir une maison accueillante; le plus beau sourire peut devenir une menace de mort. Il était parfois étonnant de constater tout le pouvoir que l'on avait sur nous-même, sans que l'on puisse contrôler cette force malgré tous nos efforts. Pour Eliza, ces pensées qui effleuraient sa conscience sans s'y attarder n'étaient d'autant plus vrai, alors que ses doigts frôlaient la vitrine de verre qui la coupaient du reste du monde, sans qu'elle n'y trouve la rage et le désespoir qui animaient ses voisins d'animalerie - ou plutôt voisins de cellules, comme plusieurs s'entêtaient à scander. La nouvelle venue, sa chevelure noire ornée de longues oreilles blanches et brunes retombantes, attributs de son ADN de lapin bélier, grugeaient nerveusement ses ongles, jusqu'à ce que des perles rouges souillent sa peau d'albâtre. Elle n'avait pas dormi depuis les 37 heures qu'elle avait passé ici, hurlant telle une démente dès qu'on osait s'approcher trop près de la vitrine qui se situait à l'arrière de la boutique, histoire de ne pas effrayer les clients dès leur entrée. Eliza avait eu beau tenter de la calmer, de la rassurer; elle ne voulait rien entendre, s'arrachait les poils de ses oreilles encombrantes qui lui tombaient sur les yeux, comme si ainsi elle tentait d'arracher la part de bête qu'on avait à tout jamais plantée en elle. La jeune louve avait fini par abandonner, avec un soupir de regret, regardant avec amertume un vieil homme édenté au regard effrayant et pervers partir avec sa nouvelle proie qui, au final, avait peut-être eu raison de détester et de redouter autant ce destin cruel qui en avait fait un être sans droit, sans liberté, éternel jouet de ces humains qui avaient été jusqu'à transformer les leurs pour joueur les maîtres supérieurs.

Il n'y avait rien d'enviable dans le sort qui s'acharnait sur les hybrides, et encore moins dans celui de ceux qui enfin quittaient cet endroit pour un enfer souvent pire encore. À l'animalerie, ils étaient nourris, logés, au chaud malgré le peu de confort de leur couchette de paille et de leur oreiller de plumes dégarnis, leur maltraitance était réduit au strict minimum lorsque le propriétaire rentrait, grognon et bien chauffé par quelques verres de bière bouchonnée. Et encore, les nouveaux apprenaient à leur dépend à se faire discret, mais Elie s'épargnait la plupart des coups, étant considérée comme une marchandise précieuse et présentatrice du commerce, ayant une place de choix dans la cage vitrée donnant sur la rue. Malgré tout, au bout d'un an et demi passé aux mêmes endroits, les privilèges changeaient, mais le traitement, également.

En effet, l'hybride aux cheveux de neige était l'aînée de la boutique, et de loin. L'endroit était située sur la rue principale, reconnue pour ses hybrides aux attributs rares, voire uniques, qui se vendaient à des prix extravagants, sans être exorbitants. La plupart des nouveaux venus n'avaient le loisir de ce séjour que durant une semaine ou deux, trouvant un acheteur parmi ces nobles arrogants ou ces vieillards désabusés qui ne savaient quoi faire de leur argent et de leur temps. On aurait pu croire qu'en tant que bêtes de choix, elles avaient l'avantage de maîtres distingués et, dans le pire des cas, trop désintéressés pour s'abaisser à maltraiter leurs animaux domestiques, mais il n'en était rien. On voyait parfois des hybrides revenir, dans un état tel qu'on n'aurait pu les reconnaître avec leur visage défiguré, parfois même un membre en moins. À chaque jour passé la jeune femme s'indignait devant les traitements qu'on réservait à ceux qui, pourtant, n'était pas moins humain que ceux qui les avait créé; et, d'une triste manière, elle s'y fit, voyant en ces camarades abattus que d'autres victimes de plus à ceux qui étaient passés avant eux et viendraient après. Après tout, elle avait passé 1 ans et demi ici, venant de célébrer ses vingt-et-un ans voilà tout juste une semaine, tant qu'elle était devenu ce que l'on pouvait considérer comme la mascotte de la boutique, se levant chaque jour en même temps que le soleil pour accueillir les clients de son promontoire de verre et s'endormant avec la lune, quand elle ne passait pas la nuit à la fixer de ses yeux rêveurs. La raison de son ancienneté plus qu'inhabituelle était d'une part son prix inhabituellement élevé, bien qu'il restât abordable, ainsi que son regard. Celui-ci était d'un vermillon éclatant qui rappelait l'éclat des rubis, scintillant d'une manière aussi intrigante qu'intimidante. La plupart des gens de rang élevé avait des choses à cacher, une conscience à faire taire, et l'âme d'Elie venait faire ressortir tout ce qu'ils détestaient le plus. Ils l'évitaient donc précipitamment, alors que la plupart des gens honnêtes qui se retrouvaient fascinés par la louve n'avait pas les moyens de l'acheter. Tant qu'elle s'était fait à cette nouvelle maisons faites de verres et de serrures; l'étudiante travaillant dans la boutique à temps partiel était même devenue une bonne amie, lorsque le propriétaire s'absentait. Cette dernière était une jeune femme dévouée et compatissante, qui comprit vite que l'esprit d'Eliza était tout aussi humain, voire même plus, que tout ces clients qui déambulaient dans la rue.

En cette journée fatidique, mais cela la jeune femme ne le savait pas encore, tout se déroulait comme d'habitude alors que Emily, la jeune étudiante, distribuait le dîner aux hybrides, finissant comme à son habitude par la cage à l'avant du magasin.

" Eliza! Et voilà, du poulet et du riz pour ce midi. "

La remerciant d'un geste de tête et d'un sourire, elle s'assit par terre, jambes croisées, et s'empara de l'assiette qu'elle se mit à dévorer copieusement, mais sans presse.

" Tu sais, aujourd'hui, on avait cours de phylo... "

Comme à son habitude, les jeunes femmes discutèrent d'anecdotes et de professeurs que la louve avait appris à connaître à travers les nombreux récits de son amie, l'enviant de pouvoir ainsi se promener librement et continuer ses études. L'école lui manquait. Sa mère aussi. Quand elle sortirait d'ici, elle irait à sa rencontre, recommencerait les cours, peu importe à quel niveau on lui demanderait de reprendre. Quand elle sortirait d'ici...
Mais quand serait-ce?
Des fois, elle ignorait si elle préférait continuer à vivre ainsi, à regarder la vie humaine défiler derrière une vitre, ou sous le joug d'un maître qui ne verrait en elle qu'un jouet de plus. Pas qu'elle se laisserait faire, bien entendu; mais ça finissait par miner le moral, un tel traitement.

Rendant à l'employée ses plats, une fois finie, elle en revint à son observation de l'extérieur. Regardant ces gens courir d'un bord et de l'autre, tentant de rattraper le temps à jamais perdu alors que le sien semblait s'être arrêté. Ses yeux se perdirent dans la vague humaine, sans la voir; ses pensées étaient déjà à des lieux de là, dans une vieille bâtisse délabrée, qui représentait pour elle le plus beau des manoirs. Ce fut deux petites mains posées de l'autre côté de sa vitrine qui la sortit de ses songes. Une gamine aux grands yeux clairs la regardaient, fascinée. Attendrie, Eliza lui sourit, et finit par poser doucement ses mains sur les siennes, séparer par la paroi de verre qui semblait former une barrière entre leurs deux univers. L'un d'innocence, de rêves et d'espoir. L'autre de monotonie, de contraintes et de désillusions. Les parents finirent par prendre la main de leur enfant, jetant un coup d’œil inquiet à la "bête" qui avait oser initier un contact avec leur chérie, avant de partir sans se retourner. Un soupir échappa des lèvres rosées de la louve blanche, alors qu'elle replaçait les pans de la robe blanche qui formait un tapis de voile autour d'elle, teintée par un unique ruban écarlate qui lui enserrait la taille. Puisque cette journée s'avérait comme toutes les autres, aussi bien ne pas déroger à la routine; aussi retourna-t-elle à une contemplation du ciel qui se voulait cruellement bleu, sans qu'elle ne le voit vraiment.
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MessageSujet: Re: Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]   Ven 24 Aoû - 20:39




Il marchait seul. Encore. Un jour de plus depuis un mois et demi qu'il était arrivé à Gokusha. Ses investigations sur le compte du noble Phantomhive ne donnaient rien. Il avait totalement disparu de la surface de la Terre. Il se doutait bien que de toute façon, les chances de le retrouver, actuellement, étaient minces voir inexistantes. Si tel était le cas, toute sa vie était fichue, il ne pourrait plus jamais ne serait-ce que ce considérer comme le comte héritier de la famille Hangleton. Si seulement il pouvait tout abandonner, se laisser tomber là, au sol, devant tout ces gens, laisser le cours du temps faire son travail jusqu'à ce que le souffle lui manque. Jusqu'à ce que son cœur cesse de battre. Mais ses jambes semblaient bornées à s'actionner pour le guider vers un destin tellement nébuleux que cela le rendait complètement fou, paranoïaque. Malade. Comme un pantin à demi désarticuler avec lequel un enfant s'obstinerait à jouer. Ici, l'enfant n'était-il pas ce farceur de Dieu ? Le comte déchu croyait fermement au Pardon Divin, au Paradis... mais maintenant, il n'était plus sûr de rien, remettant même en cause sa foi tant il devenait dément. Son estomac le tiraillait, il mourrait de faim, n'ayant pas l'habitude de repas sur le pouce. C'est donc le ventre vide et la mâchoire serrée que le paon parcourait la rue, le jeu étant d'éviter les citadins qui foncer sans regarder devant eux, une belle bande de brutes que voilà. Il était tendu, particulièrement aujourd'hui, pour la simple -et bonne?- raison qu'il comptait vendre sa chevalière d'or pour pouvoir se nourrir plus dignement. Il voulait travailler, pour gagner sa vie... Mais à quatorze ans, on ne pouvait se le permettre. Mis à part quelques gourgandines de son âge, mais Claudy ne comptait pas se prostituer. Plutôt mourir. Il avait trop de fierté, trop de dignité et de respect à sa propre personne pour tomber aussi bas. Il préférait encore mourir de faim, de froid que de devenir l'une de ses traînées qui racolaient dans les rues, jour comme nuit, dans certaines rues immondes que le paon blanc avaient par erreur plus que par envie visité. Tout de même, il était un comte. Non, décidément, il n'y avait rien à faire mis à part vendre ce bijou qui lui était tant cher. Cette bague d'or marquée du blason des Hangleton, rappelant à quiconque ses origines nobles. La dernière chose qui prouvait encore sa légitimité dans l'aristocratie britannique. Il allait s'en débarrasser pour survivre. Mon Dieu, qui aurait pu un jour croire que le garçon blondinet commettrait un jour cet acte qui lui paraissait maintenant un crime ? Ses doigts tremblaient tandis qu'il jouait avec sa chevalière distraitement, longeant les murs à grandes enjambées. Nous étions là dans l'un des plus importants quartiers de Gokusha. Des rues connues, réputées pour leurs animaleries de toutes sortes jaillissaient telles de mauvaises herbes dans cet endroit, Claudy s'y sentait mal. Après tout il aurait pu lui aussi se trouver dans l'une de ces cages de verre ou d'acier, agrippant des barreaux en attente d'une éventuelle libération. Sauf que le bambin avait suffisamment côtoyé le monde des maîtres et des êtres humains pour savoir que certains pouvaient se montrer d'une cruauté sans limite envers eux, les hybrides. C'est pour cette seule raison que le blondin avait pris soin de dissimuler son pennage d'un blanc immaculé, en toute délicatesse pour ne guère froisser ses plumes majestueuse. La « toison » d'un paon était d'une rare beauté, mais le petit noble ne pouvait s'y faire, le haïssant toujours autant. En ce jour de ciel bleu et de temps agréable, l'enfant roi avait opté pour une chemise aux longues manches à froufrous d'une couleur noire. Le noir... symbole de l'humilité, la patience, la tempérance et la pénitence. N'était-ce point un paradoxe tout particulier ? Le volatile n'avait pas enfilé de veste en raison de la chaleur qui était suffisante. La soie du tissus résonnait à ses oreilles d'un friselis agréable à l'écoute, à chacun de ses mouvements. Bien sûr, il portait en son bas un short exagérément court qui laissait voir un bout de sa cuisse blanche. Il aimait ses jambes, il aimait aguicher la populace avec ses dernières, les exposant bout par bout, uniquement dans le but de se faire désirer. Il était ainsi. De longs demi-bas de cette même couleur sombre dérobaient à la vue d'autrui le reste de ses mollets. Outre cela, il portait de longues bottes dont le talon résonnait sur le dallage des rues, de belles chaussures de cuirs aux lacets d'un violet agréable à l'oeil, une couleur qu'il affectionnait singulièrement et qu'il avait d'ailleurs invoqué de nouveau dans un ruban attaché à son cou, relié par une broche de jolies perles blanches. Le tout donnait un ensemble harmonieux qui lui seyait à merveille. Le paon était agréable à l’œil, malgré son manque de confiance qu'il rejetait par une séduction permanente. Quelquefois il pouvait sentir un regard envieux se poser sur lui.

Une petite fille semblait attirée par quelque chose, en vitrine d'un magasin. En levant les yeux, le jeune garçon se rendit compte qu'il s'agissait là d'une animalerie. Le temps de reprendre sa route, l'enfant paon vit le chérubin petit être se faire entraîner par une main maternelle inquiète. Sans s'attarder plus, l'auguste volatile continua le chemin vers une bijouterie quelconque. Cependant, il ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil vers la vitrine.

Et il se stoppa net.

Son regard céruléen se posa sur une créature magnifique aux yeux carmins. Du moins ces yeux furent la première chose qu'il remarqua. Il ne pouvait s'en détacher, comme pris d'une obsession à la fois effrayante et attirante. Pourquoi il lui semblait que ces prunelles reflétaient son âme, lui reprochant ses erreurs ? Pourquoi se sentait-il captivé par ces iris ? Pourquoi avait-il envie de s'y plonger pour oublier sa peine ? Pourquoi les adorait-il comme il les haïssait ? Pourquoi ses doigts s'étaient-ils crispés sur sa chevalière ? En se reprenant, il comprit que c'était une hybride, un canidé de la couleur de la neige à la beauté indescriptible. Son cœur semblait battre plus vite et c'est ainsi que le jeune noble découvrit qu'il avait retenu sa respiration. Ses jambes le guidèrent jusqu'à l'intérieur de la boutique sans qu'il ne puisse ne serait-ce que les contrôler, les arrêter. Dans un bruit de clochette qui annonça sa présence, il fit ses premiers pas en cette boutique, malgré l'odeur assez étouffante qui le prit à la gorge. Aussitôt, il se dirigea vers celle qui se révélait être une hybride louve blanche. L'aristocrate battit des cils en l'observant, détaillant avec intensité son corps gracieux et longiligne, la pâleur de sa peau qui semblait tellement douce. Il avait envie de saisir entre ses doigts ses longues mèches de neige, posséder cette beauté rare et en même temps, il souhaitait la détruire. Elle lui rappelait tout les côtés sombres de sa personnalité, avec sa pureté physique, ce charme, cette finesse, cette élégance inestimable. Il devenait fou, comme s'il avait perdu le sens de la réalité. Mais finalement, il réussit à détourner le regard, les poings serrés. Il la voulait, il voulait son attention, il voulait pouvoir la voir encore, que cette jeune femme lui appartienne. Son cœur reprit un rythme normal, il reposa les yeux sur la femme...Et déposa une main sur la vitre qui la séparait de lui. Il l'aimait, il la désirait. Qu'elle pose les yeux sur lui, encore. Seule son attention comptait.

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MessageSujet: Re: Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]   Sam 25 Aoû - 5:47

Ses yeux se fermèrent, l'ombre d'un instant, illusoire repos dans ce monde de déboires, alors qu'elle expirait dans une lassitude qui fit peser sur ses épaules le poids du monde. Puis, quand elle fit réapparaître son regard de braise, elle croisa le regard de glace qui, le temps d'un moment, stoppa ce monde où tout tournait sans but ni raison.
Son cœur rata un battement.
Soudain son univers ne se trouva être qu'un paysage de glace et de ciel d'un bleu si pur qu'il l'avala tout entier, les deux se fondant sans frontière ni horizon, formant un tout où le haut et le bas n'existait pas. Elle était fascinée. Elle était terrifiée. Le regard de ce garçon...il l'avalait tout entier, doucement, violemment, la transperçait sans pitié, puis la caressait avec tendresse. Un frisson parcourut son échine tout entier, sans qu'elle put déterminer si cela fut agréable ou non. Jamais elle ne s'était sentie si perdue, jamais ses repères n'avaient été autant éclipsés que par cet adolescent, pourtant si jeune et si chétif sous ses habits de valeur, libre derrière cette vitrine alors qu'elle ne pouvait reculer que de quelques pas. Elle aurait du le haïr, oublier son existence, détourner le regard avec dédain, et une partie de sa conscience lui criait de le faire; mais le pouvoir de ses yeux ne lâchèrent pas son emprise, et elle se surprit à désirer tout autant de le prendre dans ses bras, de lui caresser les cheveux. Ces cheveux qui brillaient tel l'or et l'argent, si clair sous le soleil de midi, pâlissant de leur lueur ces iris fantomatique où l'azurin et l'ardoise se disputaient tour à tour un éclat dans ce mystère que constituait son regard. On aurait voulu s'y perdre. On aurait voulu le fuir.

Brisant sa contemplation, le plus jeune entra dans la boutique prestement, alors que les yeux curieux de la louve le suivait. En fait, ils ne s'étaient probablement pas quittés du regard une seule fois, uni par ce lien dont l'ambiguïté ne pouvait être décrite par les mots. L'inconnu, une fois à l'intérieur de la boutique qui semblait s'être tu aux oreilles d'Eliza, posa les mains sur la paroi de vitre qui les séparait, comme la gamine l'avait fait plutôt. Mais faire une telle comparaison sembla ridicule à l'hybride, qui chassa cette idée avec agacement. Ce n'était pas la même chose. Sur aucun point. Sa main se leva, hésita un instant, comme si elle avait peur de se brûler sur la surface de verre luisante, puis posa doucement sa main contre celle du garçon, de l'autre côté. Unis, en cet instant, pour le meilleur et pour le pire.

La tension éclata finalement lorsque le propriétaire arriva sur les lieux, avisant avec irritation son employée qui observait le spectacle, subjuguée, n'osant placer un mot. Il s'exclama de sa voix bourru, faisant éclater le silence comme un ballon victime d'une aiguille:

'' Hey, jeune homme, vous voulez l'acheter ou pas? J'vous avertis, elle vaut une belle petite somme, hein. ''

L'idée que, comme tous les autres clients avant, l'adolescent tourne les talons pour sortir où se diriger plus au fond de l'animalerie à la vue de son prix lui perça le cœur impitoyablement. Elle voulait partir avec lui. Sortir d'ici. Goûter à l'air libre, à une nouvelle vie, et apprendre à connaître cet être qui, sans une parole, l'avait captivée et accaparée son attention toute entière. Celui à qui appartenait un regard où la fierté et la tristesse, la violence et la tendresse se mariaient avec une aisance quasi douloureuse.
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MessageSujet: Re: Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]   Lun 27 Aoû - 12:09



Sa main contre la sienne, séparée par une paroi translucide d'une terrible froideur. Un regard échangé, long, interminable, d'une intensité impossible à en relever le degré. C'était comme un frisson qui lui prenait dans tout le corps, le crispant comme pas possible, lui tiraillant le cœur avec cruauté. De nouveau, il voulait la détruire pour ce si beau regard qui semblait lui reprocher d'être ce qu'il était. Ou bien était-ce seulement sa fertile imagination qui lui jouait des tours. Quelle souffrance... Posséder un être mis à par ce comte Phantomhive ne l'avait jamais autant pris à la gorge, jusqu'à rétracter toutes les parties de son être. Il se sentait rassuré, il se sentait en danger. Ces yeux vermillons le fixaient. Et c'était douloureux.

Et le bulle intime éclata à l'entente d'une voix bourrue d'une brutalité qui rompit le charme de la scène. Comme quoi, tout bonheur est éphémère. Toujours.

Claudy ne quitta d'abord point l'hybride louve du regard, fasciné malgré tout même si la magie de ce moment avait totalement disparu. Sur la vitre, il plia les doigts, laissa sa main glisser sur la longueur de cette barrière de glace qui se dressait entre lui et la créature de Dieu. Et quand son bras retomba mollement le long de son corps, le garçon se tourna avec lenteur vers le vendeur qui avait pris parole, dans un geste calculé, il releva le regard vers lui. Étrangement pour l'ancien comte qui n'avait jamais pris la peine de s'intéresser au sort des hybrides dociles, le fait que cet homme répugnant parle de la louve comme de la marchandise le faisait enrager intérieurement. Mais pourtant, il se contenta de plonger son regard de glace dans celui de ce porc et de battre de ses longs cils clairs, l'air désappointé, contrit. Une moue adorablement boudeuse s'afficha du bout de ses lèvres rose et il détourna le regard, comme gêné, prenant alors une voix chagrine d'un avant-air aguicheur sur les bords. Le tout pour le tout, il fallait tenter sa chance.

« Et quel en est la somme demandée ? »

Il arqua les sourcils à cette question, comme s'il connaissait déjà la réponse ce qui était sans doute le cas, le prix de cette belle créature devait élevé. Trop pour ce qu'il possédait. Bien trop. Entre ses doigts, toujours sa chevalière d'or qu'il triturait nerveusement. L'homme lui indiqua l'affiche placardée à la surface de verre et Claudy grimaça. Un prix exorbitant pour son nouveau budget. Bien que... Il baissa les yeux sur la bague d'or, dernière preuve de sa légitimité en tant qu'Hangleton dernier du nom. Un client entra de nouveau dans la petite animalerie. La paranoïa du paon redoubla. Et si il voulait la louve ? Et si, sous ses yeux, le nouveau jouet qui attirait son attention se faisait dérober ? Alors le petit noble s'approcha, assuré, sans vraiment avoir pu réfléchir cependant, et mit la bague d'or sous le nez de l'adulte, approchant son visage non loin du sien comme il put pour souffler doucement à son oreille.

« Elle est authentique. Mais s'il vous plaît, monsieur...faites en sortes de ne pas m'enlever toutes mes maigres économies... »

Ils parurent tout deux -l'homme et la jeune fille- stupéfait. De l'audace du paon ou du fait qu'un si frêle enfant possédait un trésor de l'aristocratie londonienne ? Qu'importe. Il y eut un moment de silence, où les yeux du vendeurs passèrent du visage du paon à la bague, pendant plusieurs secondes, puis il prit le bijou entre ses doigts trop gros et grommela dans sa barbe un « Je vais voir ce que je peux faire. »

« Ne me décevez pas ~ » Crut bon de rajouter sir Hangleton alors que le type s'aventura dans son arrière boutique. Il tremblait, un peu. Comme si on avait arraché une partie de lui, il se sentit vide. Et tout cela pour une créature censée être comme lui une erreur de la nature. Le monde était mal fait. Troublé, vacillant, il ne savait plus trop ce qu'il faisait, alors pour se rassurer ou pour se rendre fou, il se tourna de nouveau vers la louve blanche, cherchant son regard avec fièvre. Il ne se rendait pas encore compte de l'acte qu'il venait de commettre. Tout son être répondait absent, comme un vide profond. Il posa son front contre la vide froide, comme pour se calmer de bouffées de chaleur horribles. Il ferma les yeux, juste quelques millièmes de secondes et songea à son hôtel miteux dans lequel il vivait en attendant de trouver mieux, de travailler, de vivre à ses propres dépends... Sa bague, son identité, aurait dû contribuer à cela... A croire que la folie était profondément encrée dans son esprit fragile.
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MessageSujet: Re: Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]   Lun 27 Aoû - 20:18


La main glissa le long de la vitre, avec une douloureuse lenteur qui laissa tout le temps à Eliza de ressentir l'amertume que causa la perte de l'illusoire contact. Elle aurait voulu attraper le membre à l'apparence si délicate et frêle, et le tenir à deux mains, réchauffer la peau qu'elle devinait froide derrière la vitre translucide. Le garçon se tourna lentement vers le vendeur, et sans qu'elle puisse expliquer la nature de ce sentiment, la louve fut dépitée que leur regard ne se croise plus, cherchant à revoir le paysage saisissant de glace et d'océan à travers la braise du sien. Elle finit par se couper de ce désir, se ressaisissant devant l'expression bouche bée de son amie d'animalerie, Emily. Elle ne savait comment réagir devant la scène irréaliste, voyant bien qu'entre l'hybride et l'étrange adolescent quelque chose se passait, sans qu'on puisse y trouver de mots, de couleurs et d'images, de raison ou d'explications. Comme si ils se trouvaient dans un monde qui n'appartenaient qu'à eux, sans que quiconque puisse les déranger, même pas le vendeur qui pourtant avait arraché aux deux jeune gens la magie d'un moment unique. Ils ne se regardaient plus, et pourtant se suivaient du regard; l'étudiante était troublée par l'intensité de ce qu'elle n'arrivait à décrire.

« Et quel en est la somme demandée ? »

De l'endroit où l'hybride canine se trouvait, elle ne pouvait apercevoir le visage de ce l'être aux cheveux fait d'or et d'argent, mais elle devinait à son ton qui sonnait faussement mielleux à l'ouïe développée de la bête qu'il tentait d'amadouer l'homme bourru qui, pour l'instant, possédait le droit de vie ou de mort sur la marchandise qu'était Eliza. Une partie du cœur de la jeune femme se déchira de voir l'être noble dont elle ignorait toujours le nom s'abaisser à charmer de sa voix et de son apparence le propriétaire de l'endroit, et l'autre fut touchée qu'il mette autant d'efforts et de sacrifices pour l'acheter. Chose qui constituait en soit tout un paradoxe, puisqu'être achetée, c'était renoncer à ses droits et libertés, être sous le joug d'une personne qui, peu importe la manière dont il vous traiterait, aurait toujours l'appui du monde entier. Être encore plus seule au monde que dans cette cage de verre. Et pourtant, l'idée qu'elle serve de défouloir à ce garçon ne lui traversa pas l'esprit, bien qu'elle se sentit tout autant effrayée que transportée de joie à l'idée de lui appartenir. Son cœur se mis à battre plus vitre, faisant vibrer toutes les fibres de son corps; chaque seconde faisant ressentir en elle la douleur de l'attente. Quand, finalement, les yeux de l'anglais glissèrent sur sa vitrine pour prendre connaissance du prix, la poitrine de la louve se serra, imaginant déjà les pas bruyant qui résonneraient sur les dalles du plancher quand le client partirait seul, comme bien d'autres avant lui. Mais lui, elle ne voulait pas. Lui, elle ferait n'importe quoi pour qu'il veuille bien d'elle, pour qu'il l'accepte malgré ce qu'elle demandait comme sacrifices. Elle était prête à prendre le poids du monde sur son dos, à sacrifier les maigres choses qu'elle possédait, pour lui faciliter la tâche, mais sa cage était rendu un monde bien trop petit en comparaison de celui qu'il pouvait lui offrir, elle en était certaine.

Soudain, ses yeux furent attirés par le mouvement des doigts d'albâtre du garçon qui s'attardait sur le bijou en or entre ses mains. La bague était d'une finesse hors-pair, noble et brillant sous la lumière tamisée de l'endroit. Le client qui fit retenter la clochette d'entrée ne fut qu'un bourdonnement désagréable à l'esprit d'Eliza, qui l'oublia aussitôt, surtout que ce dernier se dirigeait rapidement vers le fond de la boutique pour éviter l'atmosphère trop grave devant la vitrine avant. L'adolescent s'avança avec une détermination nouvelle vers le vendeur, s'approchant trop proche de lui au goût de la louve, et tendit le bijou, à la stupéfaction générale. Les mots qu'ils échangèrent tout deux ne traversèrent pas la paroi de verre de la cage de l'hybride, à la grande déception de cette dernière, qui s'angoissa de ne pouvoir suivre la suite des événements. Mais, rapidement, soulageant son esprit tourmenté, le garçon revint vers elle, posant son front contre la vitre fraîche qui les séparait. Attristée du malheur qui semblait s'en prendre à lui, elle voulut le prendre dans ses bras, le consoler, le protéger de tous les maux possible. Mais elle était impuissante, emprisonnée par l'homme, réduit au silence, à regarder le monde se dérouler sous ses yeux, sous ses mains qui jamais n'atteindront ce qu'elle désirait. Comme si Emily avait saisit la détresse des deux êtres, elle osa un pas, puis un autre, avant d'atteindre la cage. Timide, embarrassée de devoir encore une fois séparer ces deux-là ne serait-ce qu'un court instant, elle se permis quelque mot bafouillé, son regard se perdant sur le sol reluisant qui lui rendit son reflet dont les joues rouges traduisant la gêne.

'' Euum... si tu me permets, je peux ouvrir la cage, et la laisser sortir, pour la voir un peu de plus proche... ''

D'un geste maladroit, elle sortit la clé d'une poche de son tablier, la tourna dans la serrure qui ornait la paroi de verre et fit glisser doucement cette dernière, enlevant le dernier obstacle qui séparait l'hybride et son futur maître. Eliza remercia son amie d'un geste de la tête, et se glissa doucement hors de son promontoire, hésitante. Était-ce une bonne chose? Était-ce une mauvaise chose? Y avait-il seulement le bien et le mal alors que leur regard se croisaient, se rassuraient, s'attaquaient, se repoussaient puis se consolaient à nouveau? C'était une danse répétitive, une valse avec le diable, dont le début n'était pas loin d'une fin qui n'existait pas. Sans commencement. Sans arrêt.
Le silence continua de régner en maître, emprisonnant dans son royaume ses deux seuls habitants qui se fixaient toujours à la dérobée. Mais, ayant définitivement un don incroyable pour choisir son moment, le propriétaire de l'animalerie revint de l'arrière-boutique, l'air livide.

'' Pour être authentique, c'est de l'authentique. Je ne te demanderai pas où tu as eu ça, et ça vaut sûrement mieux pour toi; la bague suffit à payer ta bête, j'te dois même de l'argent. '' Sans plus de manière, il déposa un paquet d'argent dans la main si petite en comparaison de la sienne du garçon, et ses affaires étant maintenant faites, il se permit un rictus agacé. '' Et maintenant, ouste! ''

Jetez dehors sans ménagement, le duo se trouva devant la porte de verre. Emily salua son amie d'un dernier regard derrière la vitre qui formait les murs de la boutique, et se dirigea vers le fond de l'animalerie pour servir l'autre client. Le regard vermillon de la louve tourna doucement et se posa, enfin, sur celui qui représentait son antithèse en tout point, sentant une chaleur se répandre dans sa poitrine, un soulagement sans limite englober son âme dans un bien-être effrayant. Elle se sentait bien, trop bien; la fragilité d'un tel bonheur le rendait d'autant plus enivrant. Et pourtant, elle n'osa pas prononcer les premiers mots, de peur que tout se brise, éclate en mille morceaux et parsème le sol de ses souvenirs doux-amers.
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Ces barreaux, mur de ma maison [PV Claudy]
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