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 Je déteste les rencontres. Les aurevoirs qu'elles dissimulent sont les pires. [Seule]

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MessageSujet: Je déteste les rencontres. Les aurevoirs qu'elles dissimulent sont les pires. [Seule]   Jeu 15 Nov - 0:51

"Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme."






Eliza n'avait jamais été une femme à paniquer, ni à dramatiser. Peut-être un peu trop inquiète lorsque l'angoisse la gagnait, mais rien de plus. La tragédie quotidienne que vivait sa race, devant ses yeux, à chaque jour qu'elle avait passé au laboratoire puis à l'animalerie, l'avait amener à perdre la sensibilité qui venait la frapper en plein cœur devant le malheur, particulièrement celui des autres. Claudy lui avait fait prendre conscience que la compassion était toujours bien présente chez elle, même trop parfois, lorsqu'il avait présenté à son âme perdue le destin cruel de ce frêle enfant. Peut-être scandait-il sa force intérieure plus adulte que ses aînés eux-mêmes, et la futilité d'arborer à son égard un désir de le protéger de la malchance qui s'acharnait sur lui, chose qu'il prétendait supporter comme si ce n'était rien. Cela fut-il vrai, bien qu'aux yeux de la louve ce comportement était plus enfantin - et ce de manière fort touchante, n'y voyons pas de connotation péjorative - que son côté gamin lui-même, cela ne l'avait pas empêché de voir en lui l'objet même de son existence. Lumière tombée du ciel à point donné, fruit d'un destin prévu depuis sa naissance même, simple hasard et scénario unique qui n'avait qu'une chance sur des milliards de se produire; la raison lui importait peu. Que cet amour platonique, qui n'avait rien de romantique mais semblait tout aussi obsessionnel, sembla d'une pureté divine, ou au contraire une malsaine attirance, la question ne lui avait même pas traversé l'esprit. Mais dans le regard du garçon qui semblait hors de ce monde, créature du paradis ou des enfers, il y avait bien une chose qu'elle avait compris sans même s'interroger: celui qui gardait en lui tous les mystères du monde dans un voile clair de tourment et d'amour inassouvi serait la cause de sa destruction. Il l’amènerait à sa fin: la fin de l'Eliza qu'on avait connu jusqu'à aujourd'hui? Ou celle de sa vie même? Les frissons de peur s'étaient mêlés à ceux d'excitation, faisant de l'attirance que lui inspirait le jeune garçon un aimant trop fort, aurait-elle voulu lui résister. Protéger, chérir, s'oublier pour mieux servir; elle qui, avec fierté, avait gardé une conscience propre et indépendante, la voilà que celle-ci tournait maintenant autour d'un unique point. Des regrets? Aucun. Même maintenant. Même lorsque le monde s'effondrait sous ses pieds, sur sa tête, jusqu'à ce qu'elle ne puisse distinguer le haut du bas, la gauche de la droite, ses frayeurs de la réalité, et ses espoirs de ses tourments.

Le destin avait un don particulier pour choisir des moments dans un humour de mauvais goût. Comme s'il avait voulu montrer à l'hybride l'étendu de son pouvoir, de son emprise sur sa vie, bout de paille prêt à plier au moindre coup de vent, à brûler à la moindre flammèche.


- Ta mère est morte, Eliza. Enterrée. Depuis plus de 4 ans.

Une bonne manière d'annoncer cela, il n'y en avait pas. Surtout quand aux yeux de notre tante, jadis si aimante et chaleureuse à notre égard, nous étions devenu un monstre, qui n'aurait jamais du revenir. Qui devrait « laisser en paix l'âme de sa mère, qui a bien fait de mourir avant de vivre le deuil de perdre sa fille pour une abominable créature». L'hybride savait bien que pour sa marraine, elle n'avait toujours été qu'une fille de remplacement pour celle qu'elle n'avait jamais pu avoir, et que sa maternelle n'aurait pas renier son existence, surtout qu'elle n'était pas coupable de son état. Mais les mots font toujours mouche, d'une manière ou d'une autre. Ils se frayent un chemin, subtils traîtres au corps enduit de poison, et font office de pire torture. C'était après une journée à errer que la jeune femme était retourné à l'hôtel délabré qui lui servait de maison depuis un moment, espérant y retrouver son jeune maître, qui demeurait maintenant l'unique raison pour elle d'être, l'unique place où retourner. Mais apparemment, la réciprocité n'était qu'illusoire.

Vide. L'endroit était vide. Pas que cela change grand chose à la chambre déjà dégarnie à l'exception du minimum nécessaire pour y vivre mieux que dans la rue. Mais l'odeur jeune et fougueuse de Claudy s'estompait doucement, avec le temps. Peut-être était-il sorti; son manteau n'était nul part. Mais ses maigres affaires personnelles non plus. Peut-être avait-il été rejoindre quelqu'un chez qui il comptait rester plus d'une nuit. Peut-être en avait-il eu besoin durant la journée. Peut-être allait-il vendre ce qu'il pouvait pour troquer contre des nouvelles choses. Peut-être...
Peut-être l'avait-il seulement abandonné.
La pensée s'était effacée d'elle-même tout d'abord, trop folle pour qu'elle y porte une quelconque attention. Trop... impossible. Mais la logique était bien la pire ennemie du cœur, éternelle et cruelle réalité. Quand son esprit buté n'avait plus trouvé d'échappatoire, ses jambes avaient cédé sous elle, et elle s'était retrouvée agenouillée, à chercher son souffle. Elle avait croisé les bras, ses mains s'agrippant à ses épaules en y laissant des sillons écarlates, seule emprise qui lui restait sur sa conscience. Ses dents avaient perlé de rouge son avant-bras d'albâtre, et les gouttes avaient roulées sous ses paupières, annonçant l'orage. Elle souffrait, elle désespérait, elle enrageait, mais son énergie soudainement absente ne lui laissait rien pour survivre sous tous ces sentiments destructeurs qui l'écrasaient. Elle étouffait, son cœur palpitant ne demandait qu'à lâcher prise. Elle inspira à grande goulée, comme elle le put, et lorsqu'enfin ses jambes chancelantes retrouvèrent la volonté de se redresser - cela prit-il des secondes, des minutes, des heures? - elle agrippa à la carcasse de divan pour ne pas chuter encore. Ultime protection pour son âme meurtri, son esprit se vida, ne laissant aucune pensée sur laquelle abreuvée ses tourments. Ne pas réfléchir, ne pas penser. Simplement survivre. Son corps épuisé la mena au lit où elle s'endormit dans un sommeil sans rêve, sans réconfort, qui n'eut pour but que de la protéger, physiquement et mentalement.

Le réveil se fit dans un cruel rayon de soleil. Elle grogna, puis ses entrailles se déchirèrent à la pensée des précédents événements. Quelle inutile créature elle était. Quelle nuisible fréquentation elle faisait. On ne voulait d'elle, personne - pas même elle-même. Étouffant un gémissement, elle se recroquevilla, étouffant des débuts de sanglots dans les couvertes usées. Et pourtant, elle ne pleura pas. Elle n'y arrivait pas. Même cela lui demandait quelque chose bien au-dessus de ses forces. Elle resta ainsi un bon moment, se permettant la faiblesse de ceux que le destin abat sans pitié. Heureusement qu'Eliza était celle qu'elle était; heureusement qu'elle avait en elle-même une force sauvage et une assurance naturelle. Elle ne s'en remettrait pas tout de suite, et peut-être même jamais. Mais quelques heures suffirent pour qu'elle retrouve sa capacité à manger. Quelques jours, avant qu'elle retrouve sa capacité à manger et dormir. Et deux semaines avant de vraiment remarquer ce qui l'entourait, à nouveau.
Elle était alors à la table, serrant dans ses mains une tasse de lait chaud dont elle ne sentait même pas la brûlure sur ses doigts nus. Il était maintenant évident que personne ne reviendrait ici, pour elle, et qu'elle n'avait personne à rejoindre, personne à qui demander le réconfort qu'elle voulait. Personne, excepté elle, trop faible et trop meurtrie. Mais elle était l'unique personne sur qui elle pouvait compter. Ses mouvements se firent naturellement, comme si son âme savait depuis toujours ce qui la délivrerait du fantôme de sa mère, et de son ancien maître. Elle les regrettait tout deux, d'autant plus que Claudy était probablement toujours vivant, toujours quelque part, peut-être près. Elle aurait pu le poursuivre, le retrouver. Mais pourquoi? Pour se faire dire de partir? Il n'avait pas voulu d'elle, elle n'était pas ce dont il avait besoin. Un poids inutile dans la vie qu'il cherchait à mener. Elle l'appréciait trop pour lui imposer ce qu'il avait voulu fuir, et quand bien même qu'elle aurait voulu le détester, elle n'aurait pu. Pour la première fois de sa vie, elle pria qu'on prenne soin de cet être qui avait déjà trop vécu pour une vie humaine. Elle dit vouloir donner sa vie, son âme s'il le fallait, pour que cet être soit heureux. Et s'il fallait qu'elle soit loin, elle le ferait. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle continuerait à veiller sur lui, à sa manière.

Bref, elle alla poser sur ses épaules le châle usé et troué, autrefois d'une couleur pâle et lumineuse, sur ses épaules. Elle s'empara des maigres provisions qu'il restait à manger, ainsi que ses maigres effets personnels, qui se réduisaient à quelques vêtements, une brosse à cheveux et à dents, ainsi qu'un dessin que Claudy avait fait une fois. Elle le plia, le glissant précieusement dans la poche de la chemise qu'elle portait, près de son cœur. Regardant une dernière fois l'endroit, elle déposa les clés et le loyer sur la table, puis quitta définitivement. Elle avait conscience des difficultés qui attendaient une hybride sauvage, sans maître et sans abri. Elle se ferait peut-être voler, violer, agresser, tuer; ses oreilles ne pouvaient être dissimulées, elle ne pouvait vivre en se prétendant humaine. Mais elle avait besoin de partir, et de prendre sa route, une vie nouvelle.
En traînant éternellement avec elle les douleurs d'une vie passée.

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