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 Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]

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Mizuki

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MessageSujet: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Mar 19 Nov - 21:00

Le commun des mortels, les humains miséreux, ceux qui décident de tout, s'accordent depuis des millénaires à donner des définitions à tout ce qu'ils comprennent ou sont en voie de comprendre. C'est ainsi que la solitude, comme toutes ces nombreuses merdes qu'on miraculeuses de la science humaine, possède une définition risible, sur laquelle j'aime tant méditer puisque le temps me l'offre. Définissons donc la solitude comme un état, ponctuel ou durable, état dans lequel l'être n'est engagé dans aucun rapport avec autrui. STOP, je dirais que non, la solitude c'est encore pire que cela, lorsque nous nous retrouvons engagé dans la merde d'un système où nous sommes des centaines, nous restons seul... Que la langue humaine est mal utilisée. Soit, passons, la fin est tellement amusante que je ne me l'épargne plus : il est spécifié qu'on ne la vit pas de la même façon lorsqu'elle est choisie ou subie. Hm, oui, c'est très intéressant, maintenant c'est la même question qui tourne constamment dans ma matière grise, noircie par la haine : comment peut-on, en connaissance de la définition de l'état de solitude – ainsi que des séquelles psychologiques qu'elle offre – pouvoir forcer un être à vivre dans ce cercle vicieux ? Il faut être un monstre pour.... Moui, non, c'est vrai, je ne suis pas la mieux placer pour dire cela, si je ne suis pas de ce bord là, j'ai tout même du créer la solitude dans la cœur de certaines personnes, qui aujourd'hui la subissent encore... Comment puis-je parler d'injustice dans ce cas là ? Même si ma solitude était un état durable dans lequel j'avais finit par mon complaire, je commençais à m'en lacer, à l'aube de ma vingt-deuxième année, l'idée de croupir dans une cage entourée de gamines en chaleur ne m'enchantais pas plus que ça. Pourtant, avais-je réellement le choix ? Moi qui souhaitais sucer les vivres d'autrui en me faisant passer pour docile, je n'avais pas réellement l'embarras quand aux possibilités qui pouvaient s'offrir à moi. Douce ironie du sors, être l'une des plus, voire la plus recherchée des tueuses du comté et être là, à attendre qu'on veuille bien de moi pour que je puisse avoir un toit pour reprendre mes activités.

Tant de puissance qui semblaient si proche de moi, et moi, je me contentais depuis plus d'un an, à décrasser les barreaux rouillés de ma cage. Mes ongles avaient soufferts de cette idée malsaine : ils étaient tintés d'un orange malade, écorchés de part en part, du sang coulant de ces derniers, sang séché qui tinté ma peau blanche comme une tâche d’indélébile. Moui, j'étais bien conne de vouloir entretenir cet espace de moins de quatre mètres carrés, mais après tout, si je l'avais appelé ma cage doré, c'est peut-être parce que je l'avais entretenu sans même m'en rendre compte. L'idée d'une cage en verre me prenais parfois, mais vu mon placement dans la boutique, je ne pouvais espérer mieux que ce que je possédais déjà. Ma place ? T'es pire que curieux toi... Je suis pas de la première fraîcheur, j'vis dans le fond de la boutique, là où on entasse ceux qui restent là malgré tout, ceux qu'on veut pas piquer parce qu'ils sont précieux, mais ceux qu'on veut plus mettre en avant parce qu'ils constituent une menace. Quoi ? Tu penses que je suis seule ? T'es pas dans le faux, mais t'es loin du vrai, disons que ça circule peu autour de moi, mais que chacun finit par trouver son cul à botter. Y'a des gens qu'aiment ça, les têtes de cons à recadrer. Mais visiblement je ne suis pas de cette caste là. En attendant je racle, je dors, pis des fois j'pense. C'est fou le temps qu'on nous offre lorsqu'on à rien à faire. Rien faire consisterait à déjà faire quelque chose, d'après une vieille maxime qui ne date de je ne sais quand je ne sais où, le crétin qui l'a écrite ne devait pas connaître la valeur du temps, ou son argent l'empêchait de la connaître, que sais-je – rien d'utile soit dit en passant.

Changement de position, difficile et pesant sensation offerte par une crampe, une crampe, c'est un trouble du système musculo-squelettique, additionnée à une contraction douloureuse MAIS temporaire du muscle concerné ; elles sont généralement localisées au niveau des bras et des genoux. Moui, avant que tu le penses, je crois que j'éprouve une sorte de fétichisme pour les définitions, et ceux depuis quelques temps, elles sont révélatrices de tellement de choses. Je dirais que celle-ci fait parti des aléas de la vie d'un hybride, les bras, les genoux, ce sont les zones que l'on repli le plus pour minimiser notre espace vital. Et encore, j'ai beaucoup de chance, les cages du fond sont les plus grandes, elles me permettent de m'allonger parfois, si j'aime la sensation de fer lisse sur le crâne bien sûr. C'pas Versaille ici, oublie la douce moquette entre ton cul et le fer, ici c'est rudimentaire. On t'offre le service minimum : gamelle, bouteille, pendule et veste quand on en a possédé une avant et quand on est fringué comme moi, on fait des concessions, pas moyen de la rouler en boule pour la transformer en oreiller.

Me voilà maintenant assise, les jambes étendues et le dos contre les barreaux, dos au public, comme en train de répéter mon texte ; sauf que je n'en possède pas, on le connaît pour moi le texte. Celui qui dit tout de moi, ou plutôt presque tout, même ce qui n'est pas des plus réjouissant. Pourtant, je l'apprécie cette pancarte, elle est comme un échappatoire, si de devant elle reste pareille, brillante, souillée par l'écriture d'un pourri, derrière c'est mon petit jardin secret. J'me souviens en la regardant, qu'il y a un an je comptais les jours en espérant sortir vite, j'me suis arrêtée à 77 exactement, à force de gratter le bois avec mes ongles j'avais finit par me mettre des échardes dans le doigt, tu me diras, j'ai de la rouille maintenant, j'pourrais continuer. Mais j'la garde pour réfléchir, gribouiller des pensées éparses, mais qui sur l'instant me semblaient importantes. Mon oreille bouge, elle tape sur la pancarte et ça me gêne : déplacement de tête de quelques centimètres, mon dos tape contre la cage qui fait tinter la pancarte. J'ai la certitude de ne rien craindre, personne ne m'entends, et personne ne s'aventure jamais jusqu'ici. Au prochain top il sera normalement 10h, ça sera l'ouverture. L'heure la plus horrible de ma journée, pas parce que j'ai la certitude qu'aujourd'hui sera un jour de plus, mais parce que mes narines sont envahis de cette odeur âpre et indigeste de femelles en chaleur. Cette odeur me donne des hauts le cœurs, c'est impossible à supporter. C'est sûrement pour ça que je me tourne souvent vers l'ouverture, faire dos au monde, dos à tout ce qui me répugne. Je glisse mes mains dans les poches de la veste, mon bien unique, je glisse mon nez dedans et ferme les yeux en faisant le vide dans mes pensées. Je crois que je m’assoupis, mais je n'en ai pas la certitude.

Un bruit sourd, ça ressemble au bruit d'un corps sur le bitume, quand il tombe après impact. C'est un bruit sourd, parce que le corps est un bloc, quand il tombe au sol seuls les mains font un petit bruits amusant et distrayant. Ça m'a réveillé. Pour la simple et bonne raison que c'est mon corps qui vient de tomber, ou du moins mon buste. J'ai la joue collée contre le fer, ça me rappelle ces spectacles de rues ou les mimes arrivent à reproduire ce faciès de joue collée à une vitre. C'est froid, je le sais depuis longtemps, mais j'ai les mains dans les poches, et dans cette doublure polaire, il fait chaud. Alors je reste comme ça, de toute façon, qui viendra me dire que je ne ressemble à rien et que je ne suis pas présentable ? Ma queue tombe le long de ma cage, je ne suis pas placée au sol, pour ne pas que j'empiète sur l'espace disponible de la boutique. C'est ça la vie en hauteur, une vie de chat. Je profite du fait que mes oreilles ne soient pas humaines, de ce fait, bien que je me trouve affalée sur le fer, mes deux oreilles peuvent entendre tout ce qu'il se passe. Des petits tics, des tacs, c'est la pendule qui chante la mélancolie du temps, cela ne me donne rien d'intéressant. Les nombreuses voix en arrières plan m'en apprennent beaucoup plus : il est environ dix heures moins le quart, déjà deux hybrides sont partis, j'ai donc dormi plus d'une demie heure, c'est une bonne chose, cela me fait du temps en moins à ne rien faire de plus qu'hier.

Ferme les yeux, peut-être que tu te rendormiras... Impossible pourtant, mon « moi » m'interdisais ce nouveau luxe, trop de sommeil tue le sommeil de toute façon. Repliant mes jambes je me contentais de regarder le mur crépis de mes yeux dorés, il n'était pas plus différent que la veille mais je pouvais toujours espérer lui découvrir une nouvelle identité avec cet angle nouveau. La joue endolorie par le froid je me contentais de chantonner dans ma tête, cette petite chanson qui ne me quittait plus depuis quelque temps, cette berceuse dans le Labyrinthe de Paon, celle que Mercédès chante à la gamine lorsqu'elle ne va pas bien, puis aussi lorsqu'elle rejoint ce monde où elle trouve sa place de princesse. Pourtant je ne rêve pas de cette vie là, j'rêve de rien, rêver c'est pour ceux qu'on de l'espoir, pour les humains. Pas pour nous, la sous race.


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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Mer 20 Nov - 19:43

Pour commencer, j'aimerais que nous soyez honnêtes les uns envers les autres. En général, je parle. Car s'il pouvait exister une seule et unique cité idéale en ce monde, une sorte d'accord parfait entre les multiples représentants de notre stupide humanité, alors ce serait celle-ci, celle des coeurs ouverts et francs. Je dis et pense cela uniquement en regardant autour de moi, il est vrai, et l'échantillon que j'ai la possibilité de soumettre à mon étude n'est pas forcément le plus adapté. Mais tout de même. De la façon la plus ample et réaliste qui soit, avec la vision globale que je m'estime en droit d'avoir, je clame que les hommes sont de gros cons. D'ailleurs, sûrement dois-je figurer non loin du sommet de l'espèce. Je suis une sorte de roi, abstraitement abouti et banalement héroïque. Je suis le genre de champion de l'échec, un digne exemplaire de notre civilisation mondialisée. Parce qu'il faut bien le faire entendre : certes, je suis l'égal des dieux, mais ces derniers n'ont jamais été qu'un mythe odieux et manipulateur. Je suis donc, en fin de compte, l'idéal odieux et manipulateur qu'il nous faut tous. Parfait, non ?
Triste pensée que voilà, une représentation bien fade et défaitiste. Mais il n'est pas des plus aisés de trouver mieux que moi sur cette terre, et par conséquent plus abject. Car l'homme vise le mieux, alors qu'il serait bien mieux qu'il se contente de viser le bien. Hélas. Bien entendu, leurs femelles ne valent pas mieux, et c'est là le point qui pourrait rassurer. Sauf que, puisqu'il y  un "sauf", la branche féminine de notre race n'est pas plus douée de raison que voudraient le faire croire l'avancée de notre pseudo-science-moderne. Les femmes sont des idiotes. Odieuse ou manipulatrices, au choix. Elles n'ont en tête que de devenir égales, sinon supérieures aux mâles en ce qui concerne la bêtise et l'avidité. En clair, l'avenir ne s'annonce pas des plus roses. Mais... mais... sait-on jamais. Il reste des gens cools, ici-bas. Prenez ceux pour qui je travaille. Eh bien, il doit y en avoir au moins une dizaine de sympa. C'est pas mal sur dix ou vingt mille. Quoique je ne les connais pas tous...
À ce moment précis de mon intense réflexion, en tout cas, mes yeux se ferment. J'inspire profondément pour expulser bientôt tout l'air de mes poumons. Svetlana est une idiote de qualité, d'un genre qu'on ne fait plus, ou du moins uniquement sur le territoire national et les écoles de renseignement du pays. Une espèce de prostituée cultivée et calculatrice à souhait. Une veuve noire. Oleg, lui, est un gros con, stupide et bagarreur. Le genre de type cliché, quoi. Sven, pour sa part, se contente d'être réservé. C'est bien là une exception notable. Réservé... pourquoi ne pas l'assimiler directement aux cons ? Peut-être parce qu'il a l'amabilité de garder pour lui toutes les paroles qui pourraient le faire descendre dans mon estime. Il ne communique qu'efficacement, c'est bien. Il faut dire qu'aujourd'hui, les gens sont redoutablement efficaces. Tellement efficaces que je me demande à quoi je sers. C'est affreusement fou. Parce que moi, comme je l'ai si souvent exprimé, je suis le roi, la pièce maîtresse, celui qui sauve l'honneur et vaut la peine que l'on entame une partie. Je suis un joueur d'échec, et c'est sans doute ce qui m'a valut le plus de remontrances dans ma vie. Enfin, comme les plaisirs ne vont pas sans heurts, on dira finalement que c'est une assez bonne chose.
Cette équipe-là, quoi qu'il en soit, c'est mon joujou. Avec son roi que je suis, sa dame, sa tour et son fou, on peut assurer les meilleures parties du monde. J'ai failli oublier notre bien-aimé cavalier, mais il faut dire qu'on ne l'a jamais vu. Il n'existe pas encore. C'est pour ça que j'ai bien ma petite idée pour le trouver. Une idée... brillante. Une idée à moi. Le genre de stratagème qui ne pourrait sortir que de la tête d'un dérangé. Une folie.
Admettons que je sois sorti de l'appartement où nous nous réunissons quotidiennement pour faire état de l'avancée de nos recherches, pour prendre les escaliers et quitter le quariter. Admettons également qu'en les saluant vaguement, j'ai fait la promesse à mes camarades de revenir demain pour poursuivre là où je me suis arrêté. Et admettons finalement qu'un cavalier ne soit rien d'autre que l'alliance d'un cheval et de son humain de compagnie. Ou l'inverse. Bref, ce n'est pas autre chose qu'un mélange entre deux races, tel un centaure. Or, qui dit deux races dit... je vous le donne en mille : un hybride. Voilà quel sera mon cavalier, un néko. Astucieux, non ?
En fin tacticien, je posais donc les pions selon ma convenance et, ne perdant de temps en palabres inutiles, je gagnais les rues les plus dignes de m'accueillir. La monotonie de l'appartement me fichait le bourdon. Le manque de progrès depuis que nous étions au Japon me frustrait. Mais là, le plan était parfait. Ainsi, je me payais le luxe de scruter les magasins d'attrape-nigauds les plus viles et m'accrochait à cette étrange décision. Dans un peu moins d'une heure, j'aurai ma bestiole à moi, celle qui comblerait mon équipe et nous ferait faire un grand bond en avant. Un néko... bigre !
Je sais, par expérience, que les mi-humains ne sont pas des créatures aussi douces qu'on veut bien le croire, ni aussi stupides ou bornées. Evidemment, leur côté humain ne m'inspire pas toujours confiance. Leur côté animal, lui... n'en parlons pas. Mais ils existent et pour des raisons qui me sont propres, j'ai besoin d'eux. J'en ai besoin d'un. C'est pour ça que j'ai franchi le seuil de ce magasin et que je circule dans ses rayons. Je dois trouver la perle rare qui m'ira au mieux. Le fait qu'elle soit rare ne m'inspire pas au plus haut point. Pourtant, je tiens à ce que les choses se passent bien, qu'un lien se tisse, qu'un accord se crée. Est-ce que je peux domestiquer un hybride ? Oh mon dieu...
Mes yeux papillonnent. Lentement, je fais glisser mon regard sur les quelques cages du fond. Pourtant, rien ne me marque. Я русский человек в Gokusha¹, comme dirait l'autre... je n'ai besoin de rien ici et je me moque bien de ce qu'ils pourront penser de ma culture. Tout ce qu'il me faut, c'est un embryon de la leur. Juste un poil de cette... petite chatte... Mes pupilles, soudainement, se posent sur cette forme. Une allure à laquelle se raccrocher mais qui n'a peut-être rien de particulier. Seulement, je me demande. Un chat féminin allongé dans sa cage. Me voilà proche. Autant que j'ai pu l'être avec les autres. Sauf que ma main, inexorable s'approche. Il faut que je l'atteigne, que je sente sa crinière sous mes doigts, ou bien sa peau pâle et attristée par l'enfermement. Je dois trouver une bestiole qui réponde à mes questions et non à mes envies. Un semi-animal doté de capacités de réflexion. J'effleure cette demoiselle à la chevelure tirant sur le mauve. Si seulement...


1. Je suis un homme russe à Gokusha.
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Mizuki

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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Sam 23 Nov - 12:05


Les nuances de ce crépis me semblent de plus en plus distrayantes, bien que ce ne soit qu'un enduis sur un mur il est fascinant de l'examiner sous toutes ses coutures, du moins, lorsque l'on ne possède aucune occupation plus intéressante. Pourtant, il est vrai bien, que de ma « triste » vie d'hybride, je n'ai jamais autant apprécie la compagnie d'un mur. Probablement parce que, comme tous les murs, il ne parle pas, et que le contact humain, ainsi que le don de communication n'est pas la première des qualités que j'apprécie chez autrui. Visiblement, cette occupation m'a pris plus d'un quart d'heure de réflexion, et je ne nie pas que ce quart d'heure de moins m'arrange fortement. La notion du temps est un don bien cruel que la nature nous offre pour que nous soyons en droit à méditer sur notre existence des heures durant ; d'ailleurs, il m'est souvent arrivé de penser que si j'avais été une expérience plus poussée, je n'aurai pas eu cette chance : les animaux ne se soucient que très peu de leur condition, et cela ne paraît aucunement leur déplaire. Qui des deux parties de moi demeure ainsi la plus chanceuse au final ? Aucune idée... C'est sur cette dernière pensée que je finis par comprendre que je n'avais plus grand chose à remettre en cause pour l'heure. J'm'ennuyais maintenant, puisque le spectacle d'un mur ne pouvait pas m'occuper toute une journée, je me devais de trouver une autre occupation. Occupation qui ne me forcerai pas à me redresser du moins. Les yeux clos, je m'adonnais à la luxure de jouer avec les sens qu'il me restait, je n'avais plus la vue, le toucher commençait à se jouer de moi, je ne pouvais pas plus m'octroyer le plaisir du goût. Entre odorat et ouïe je ne savais sur quel pied danser. Pourquoi pas les deux ?

Le fūrin tinta de nouveau, c'était le seul carillon dont j'appréciais réellement le son. J'ai le souvenir de son image, du moins s'il n'a pas changé, il est en verre, avec une pâte sur le dessus, rouge, ou bordeaux, ou du moins d'un camaïeu s'en approchant ; lorsque l'on ouvre la porte, c'est la petite lamelle de fer qui bouge et actionne le son du fūrin. Moui, je l'apprécie malgré tout, même si celui-ci indique l'arrivée d'une nouvelle tiers personne qui serai à sa sortie un nouvel abruti potentiellement maître, pensant par son nouveau statut dominer le monde par la simple réserve qu'il possède une vie entre ses mains sales. Un soupire lasse se fit entendre, tout droit sorti de ma carcasse qui commençait à me faire sentir les nouvelles douleurs de plusieurs crampes. Mon nouveau jeu consistait à rechercher l'identité de cette nouvelle masse vivante. Je fus étrangement surprise de n'entendre autrui nommé X pour l'accueillir, ma curiosité fut mise à l'épreuve alors que j'étais plus que tentée de me retourner pour voir de qui il pouvait bien s'agir pour que personne ne le salua comme il se doit. Je dois bien avouer que si je ne portais pas les humains dans mon cœur, malgré tout, j'avais une certaine fascination pour leur rituels en tout genre, leur comportement face à diverses situations... Mon oreille se redressa et chercha une voix reconnaissable, celle du vendeur, je compris enfin le fin mot de l'histoire : celui était occupé à remplir un contrat, le bruissement des feuilles étaient à peine audible vu la distance entre son bureau et mon emplacement. Soit, mais si le nouvel arrivé n'avait pas prit la peine de lui dire bonjour, c'est que celui-ci ne se trouvait pas être un galant homme. Avais-je une raison de m'inquiéter ? Aucunement, les jeunes gens arrogants trouvent leur bonheur aussi vite qu'un homme avide de passion trouve satisfaction d'une demoiselle de joie.

A trop me concentrer sur le bruit du frottement de papier j'en avais perdu la trace de l'humain, en effet il ne semblait plus y avoir de déplacements, ni aux alentours, ni plus loin dans la boutique. Instinctivement je finis par en conclure qu'il avait trouvé son bonheur et que je pourrais à présent l'entendre parler lorsqu'il interpellera le vendeur pour avoir des informations sur la créature de son choix. Ouvrant doucement les yeux, je battais machinalement des cils, pour me re-habituer à la vision monotone de mon crépi et de mes barreaux, ainsi que de la lumière clignotante qui constituais depuis un an, mon soleil frais. Pourtant, quelque chose semble clocher, la couleur du mur avait changée, elle s'était étrangement asso.... Assombrie. Mon cœur s’accéléra subitement alors que mes yeux cherchèrent avec une rapidité sans nom les extrémités de cette étrange ombre. Comprenant qu'il s'agissait d'un humain, je ne bougea pas, s'il me voyait en train de dormir il abandonnerait, changerai de chemin avec la conclusion suivante : voilà une bien belle feignasse qui ne daigne me couiner à l'oreille. Mon regard se fixa sur ce qui semblait être une des épaules de l'être humain et je n'étais pas des plus rassurée lorsque je compris qu'elle était en train de bouger, lui – ou elle, n'avançait pas, pourquoi son épaule était-elle en train de bouger alors ?

L'envie de grogner me saisit, mais elle était en parfait désaccord avec mon interprétation d'un sommeil totalement réparateur. Ce n'était pas non plus dans ma nature, les chats sauvages ne grognent pas à la vue d'une fausse menace, qui avait le plus peur en réalité ? L'humain, puisque nous étions dans des cages ; les hommes n'enferment que les plus féroces dans des lieux aussi sécurisés. Mon regard doré resta planté dans la masse difforme qui bougée encore. J'avais du mal à lui donner un sexe, ne pouvant pas assez reculer pour avoir une vue d'ensemble, je savais aussi que tant que je lui ferai volte-face je ne pourrai pas en savoir bien plus. Cette situation d'impuissance me  causa un nœud au ventre, comme lorsqu'on force sur un pas de vis, ça crisse tout le long de mon système digestif sans un bruit, et moi, je contrôle comme je peux. Pourquoi ce ressentiment ? Avais-je peur ? Peut-être, mais de quoi ? Peur du contact avec autrui, moi qui n'en avait plus qu'avec le vendeur, ou peur d'accepter qu'il est peut-être – et enfin – mon heure ? Mes soucis métaphysiques furent coupés par un contact, de sa part. Une chaleur s'éprit de moi et fit trembler tout mon être ma queue s'enroulant alors que je fis mine de me réveiller. Sortant la main de ma poche je tenta de la poser sur le fer pour me redresser : malheureusement, ma position m'avait offert le droit de ne plus sentir que l’extrémité de chacun de mes doigts et il s'avérait difficile de fonder un équilibre là dessus.

Les immenses doigts glissèrent dans mes cheveux et sur mes oreilles, m'arrachant un grognement dont je ne connaissais même pas l'existence. Étant maintenant dans ma position initiale je glissa ma main endolorie pour rattraper la main de l'humain avant qu'elle tombe contre le fer, je n'aurai souhaité cette sensation froide et violente à personne dans le fond. Remuant les oreilles j'observais la main de l'être avec une minutie des plus perturbante, à la taille et à la coupe négligée des ongles je pouvais en conclure rapidement qu'il était de sexe masculin, sa peau blanche m'indiqua qu'il n'était pas d'ici non plus. Tentant de toucher le bout de ses doigts avec le mien je souris avant de finir par murmurer d'une voix simple mais curieuse :

« C'est pour ? »


Posant le membre de l'humain sur le fer avec délicatesse je tourna la tête en le regardant du coin des yeux avec un sourire taquin sur le visage. Il n'avait pas l'air inintéressant comme humain, d'un point de vue purement physique il était même plutôt beau. Un petit rictus sur le visage me força à sourire un peu plus et je finis par glisser le long de ma cage pour lui faire face à présent. M'asseyant en tailleur face à lui, ma queue se posant sur sa main en la tapotant. Mes yeux dorés passant sur sa personne comme un scanner sur un dessin. Il était effectivement étranger, ses cheveux étaient d'un blond que je n'aurai su décrire, ils étaient peut-être trois fois plus longs que les miens, puis-je être jalouse d'une si belle crinière ? Possible. Finissant mon œillade, j'eus un rictus au niveau des sourcils, je voulais l'entendre parler.


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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Dim 24 Nov - 16:58

Je l’ai touchée. Ça, c’est une certitude. Cette gamine-là, enfermée dans sa triste cage, est maintenant sous mes doigts. Sa chevelure mauve, elle, est plus terne que ne l’aurais cru. La poussière et le temps écoulé dans cette position n’est pas pour la mettre en valeur. Vivre dans une cage, c’est oublier de bénéficier d’une hygiène des plus élémentaires. Presque, elle pourrait se frotter contre la rouille et la saleté que ça ne changerait rien. J’ai affaire là à un spécimen qui aurait sûrement de la valeur… en d’autres circonstances. Mais je le sais très bien, ce n’est pas une raison pour abandonner.
Sauf qu’elle m’a eu. Subitement, vive comme un chat, la jeune fille-bestiole m’a chopé. Bon, il est vrai que le serpent qui sommeille en moi n’a pas coupé court à tout ça. J’ai attendu. J’ai voulu voir. Je me suis en quelque sorte laissé faire. Pour connaitre l’environnement et l’attitude d’un animal, on ne réfrène pas ses instincts. La bête n’a ni envie ni désir, elle n’a que des besoins. Les lui couper, ce serait… la dénaturer. Et ce n’est pas ce que je recherche. J’ai pour mission de trouver un cinquième larron pour mon équipe, pas de ramener un énième humain de seconde zone. Si nous sommes déchus et que notre évolution doit prendre un tournant, alors peut-être qu’il s’agira de ces étranges « nekos ». Rien que pour ça, un peu de patience s’impose, et une étude rapide de ses aptitudes pourrait être nécessaire.

« Pour emporter… »

Première question, première réponse. J’ai de la chance, elle n’a rien fait de brusque. Par conséquent, elle en a aussi puisque je n’ai eu à riposter. L’être brillant que je suis, intuitif et réflexif, peut aussi se montrer réactif et agressif par moments, ce que je l’invite à ne pas découvrir de si-tôt.
Je laisse donc le temps passer. Je garde le silence et observe ses agissements. Parce qu’elle tourne, elle regarde, elle en fait des choses cette mignonne. Ces yeux d’or sont étonnament fascinants. Je pourrais presque prendre peur. Elle n’est pas qu’un peu animale. Tout en elle respire la sauvagerie maîtrisée. Intéressant… Admirable. Je reste donc face à cette grille, à cette mi-humaine qui tient autant du prédateur que moi. J’ai l’impression de la voir en attente, tournant autour de sa proie, à cause de ces œillades qu’elle me lance. Pourquoi donc semble t-elle si sûre ? Ce petit sourire qu’elle m’offre, face à cette froideur dont je fais preuve, n’est-ce pas quelque chose à relever ? Puis-je faire confiance à ce genre de création humaine ? Elle me paraît si proche d’être femme… et avec ces créatures-là ne vont pas que de bonnes choses. La féminité est le commencement de bien des soucis pour l’homme un peu faible.
Néanmoins, je ne crois pas l’être. Mes yeux soutiennent les siens et son assurance ne m’effraie pas. Au contraire, je cherche de quelle manière est-ce qu’elle pourrait d’ores et déjà me prouver sa valeur. Je suis bien ici pour trouver une nouvelle pièce pour mon échiquier. Une belle plante comme elle, sale mais aux allures de chasseuse en attente, ne me laisse pas indifférent. Indécis, plutôt. Parce que je n’ai jamais acheté de choses comme elle, qui ressemblent tant à des êtres humains. Je suis vaguement surpris par cela, presque terrifié. Nous voici revenu au bon temps de l’esclavage. Ces nippons n’ont décidément peur de rien, pour avoir osé remettre le couvert…

« Apprends-moi quelque chose… sur toi… sur vous. »

Dois-je dès à présent lui dire ce que je fais ou cherche à faire ? Les hybrides sont de bien braves bêtes mais je ne tiens pas à m’engager si prestement vis-à-vis d’un représentant de cette race, au risque de faire des bêtises. Allons calmement, prenons notre temps et faisons les choses bien. J’ai besoin que cette demoiselle impassible soit à la hauteur de mes espérances. Alors ma main se détache du barreau et vient se poser sous son menton pour me permettre de la voir mieux que ça. Je ne crains pas ses réactions. Je dois juste la faire se soumettre à mon examen.
Lentement, mes yeux parcourent donc son visage. Ils apprennent tout ce qu’ils ont à connaître sur ses traits, sur les expressions qu’elle accepte de communiquer. En quelques instants, me voilà quasi convaincu qu’elle pourrait être la demoiselle idéale. Seulement, je ne peux pas juger comme ça. J’ai du mal à travers les barreaux d’une prison. Ce n’est pas sans me rappeler certains camps sibériens ou dans le Nord-Caucase. Pas de pression, de cause à défendre ou de lutte à mener. Ce n’est pas une terroriste, pas plus que la membre d’une cellule opérationnelle. Je doute qu’elle ait une expérience de terrain et puisse y comprendre quelque chose au sujet des intérêts étatiques ou des conflits souterrains. C’est une jeune fille pure, si l’on puis dire, innoncente et naïve au niveau des relations internationales. Les nekos sont neutres, n’ayant de pensées qu’à leur petit niveau. La décision que je risque de prendre devrait avoir moins de conséquences que s’il s’agissait de retourner un agent étranger dans nos contrées semi-automones et séparatistes. Car là, l’atmosphère est toute autre. L’hybride n’est pas dans le même état. Elle semble déjà en mesure d’être « activée », toutefois. Son regard est vif.

« Serais-tu prête à sortir d’ici… et à te plier à mes exigences, quelles qu’elles soient ? »

Je tends la perche. Rien n’est décidé, mais il est un moment où tout doit se jouer. Maintenant, ce serait parfait. Surtout que je crois entendre une interruption dans les activités du vendeur. Autour de la cage de l’inconnue, des visages de mi-humains se collent et aimeraient probablement être relâchés eux aussi. Pourtant, c’est elle que je vise. D’une part, parce qu’elle est immédiatemment identifiable comme étant de sa race. D’autre part, parce que… j’en ai envie, purement et simplement. Et qeue personne en ce royaume ne viendrait contredire la volonté d’un roi, sinon d’un empereur.
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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Jeu 2 Jan - 15:47

Il est soit disant sain d'esprit de savoir se référer aux auteurs de l'ancien temps – pas de ceux qui ont vécus au japon du moins, ils semblent expliquer avec justesse de quelle façon le monde est monde. Je n'avais que trop lu à l'orphelinat, même si selon moi, on ne lit jamais assez ; j'avais accumulé dans mon apprentissage des encyclopédies. Pourtant, la seule citation qui me venait à l'esprit en l'instant présent fut la suivante :  [u]Ut Imago est Animu Voltus sic Indices Oculi[u], mais, de vous à moi, je n'ai pas encore eu le temps de passer ma licence de latin et ce n'est sûrement pas ici que j'aurai l'opportunité de la passer. « Car si le visage est le miroir de l'âme, les yeux en sont les interprètes. »,c'est mieux hein ? Voilà donc ce qui, dans un japonais correct, semble correspondre aux dires de Cicéron. Mes prunelles dorées se firent donc « interprètes » du visage de l'humain : les traits étaient des plus sérieux, droits comme un piquet, à en faire pâlir mes barreaux ; son impassibilité affolante, son regard , l'un des plus fascinants qu'il m'avait été offert de voir jusqu'ici. Il allait sans dire que cet humain empestait la classe et je savais, de sources sures, ne pas être la seule à l'avoir remarquée. Une odeur âpre brûlait maintenant mes narines. Les hormones, une odeur horrible, un de ces fragrances rares qui excitent les hommes et qui fait facilement grimacer une demoiselle comme moi. Les secondes passèrent et un rictus de dégoût se dessinait sur mon visage. Pourquoi agissaient-elles ainsi ? Ce n'était qu'un humain parmi tant d'autres... Un humain, étranger et trop curieux qui plus est. Il n'était pas le premier que j'avais aperçu dans ce « format » d'humain. Les hybrides naissaient à Gokusha et ne sortait pas du pays. Mais si les âmes restent coincées dans le nippons les mots eux, surpassent l'entendement. La technologie nous avait créée, mais bien avant nous elle avait offert aux humains la communication à grande vitesse et notre arrivée avait fait scandale de part le monde. D'abord huée, elle avait finit par être admirée et jalousée, c'est pour cela que maintenant, des humains de toutes ethnies arrivaient par avions et bateaux de tous les coins du globe. Celui-là correspondait de façon quasi exacte à la configuration décrite. Pourquoi « quasi » ? Je vais finir par te détester, tu poses trop de questions. Hé bien, parce que depuis plus d'un an, aucun humain de ce type n'était venu jusqu'ici, ils étaient bien trop surexcités pour réfléchir et se contentait de la première venue. La question que je me pose est maintenant celle-ci : pourquoi s'être aventuré si loin ? Était-il différent des autres ? Je ne pouvais me permettre ce genre de penser, et de toute façon il me coupait dans mon élan :

« Pour emporter… »

Emporter, c'est l'action de prendre avec soi en quittant un lieu. Mon sang ne fit qu'un tour et mon cœur tambourinait si fort dans ma poitrine que j'étais quasi persuadé que l'humain pouvait l'entendre aussi facilement que moi. Un sourire déchirait mon visage en deux part, mes crocs se firent pressant et perçant, je ne pus les retenir plus longtemps et ils firent une entrée fracassante hors de mes lèvres, histoire de rappeler à l'humain, ce que j'étais, après tout, il aurait pu se tromper et se croire dans un bordel... Baliverne, je m'égare.
Le nœud qui avait pris place dans mon estomac ne cessa de se resserrer. Avoir un être humain si proche de moi était devenu une situation étrangère à mes yeux. Je ne possédais pas le contrôle, j'étais en cage, et cette idée d'impuissance m'obsédait au plus haut point. J'avais toujours usé de violence à leur égard mais je n'avais plus cette habitude, je n'avais plus cette envie non plus, on apprend à devenir raisonnable quand on vit dans un « cachot » - oui, j'ose me considérais comme une princesse, il est important de se bercer dans des songes pour ne pas sombrer dans la démence.
Au loin, le bruit des papiers se faisait moins présent, plus de stylo qui griffonne le papier grisâtre, le vendeur n'allait pas tarder à se joindre à notre petite fête.


« Apprends-moi quelque chose… sur toi… sur vous. »


J'arborais un sourire neuf, plutôt rieur. J'allais avoir une paralysie du visage si je continuais à être aussi joyeuse, j'avais grillé mon forfait pour l'année. Du moins, mon faciès agréable se fit abonné aux absents lorsque sa main se mit sous mon menton. Je ne devais pas m'emballer, après tout, j'étais protégée par ma cage, et c'était bien la première fois que cette pensée m'effleurer l'esprit, ma prison, mon enfer, en guise de protectrice, j'avais envie de rire mais l'atmosphère ne s'y prête. Que je lui apprenne quelque chose sur « moi » ? Sur « nous » ? Était-il sot ou me prenait-il pour une conne ? Avais-je l'air d'être une encyclopédie vivante ? Un soupire lasse crisse contre mes crocs. Les jambes en tailleur je recule mon visage et pose ma main sur son poignet, sa peau est froide, plus claires que la même et son tour de poignet est trop grand pour que je puisse en faire totalement le tour. Sans un bruit, si ce n'est un craquement d'os causé par mes membres endoloris, je bouge son bras et pose sa main contre ma pancarte, sa surface visible, elle était comme une carte d'identité que je n'emporterai pas avec moi. Je n'avais pas envie de me présenter verbalement de toute façon, elle le faisait toujours mieux pour moi :
Pancarte en question:
 
Je suppose que c'était tout ce qu'il y avait à savoir sur moi, du moins, c'était les informations principales, celles qui permettent à l'acheteur potentiel de se décider. J'avais assez parlé de moi, il était temps de parler de ce « nous », cette idée hypothétique retranscrivait bien l'idée générale et humaine, nous étions différents d'eux, avec une histoire différente, un passé, un présent, et un futur malheureusement tout tracé. Nous n'avions rien choisis, on avait totalement tout programmé, décidé pour nous, de notre nom, à notre composition. Il n'est de notre essor que les événements associés aux rebelles, ceux qui vivent en dehors de tout. On les appelle les marginaux, où bien les fous, ils inspirent, peur, admiration. Personnellement ils ne m'inspirent que le mépris, parce qu'ils sont de ceux qui ne saisissent pas les ficelles du système, ils viennent chercher des hybrides, en cachette, les amènent vivre clandestinement et leur offre une vie de... Merde. Clairement, je sais pourquoi je suis là et pourquoi je n'ai jamais tendu la main à un autre hybride, ils sont puériles et égoïstes, parfois même, je les trouve plus humains dans leur soif de destruction. Le dos collé au barreaux, je venais glisser mes mains dans les poches de ma veste pour les réchauffer, un léger bruit sorti de ma bouche, je toussotais d'un tout solennel, avant de commencer « notre » histoire :
 
«  Je n'ai rien de plus à t'apprendre que ce que tu peux constater par toi même : les hybrides ne sont que le fruit d'une des expériences de la perversité humaine. Les plus âgés étaient humain, des enfants en bas âges volés au sein de leurs mères pour devenir des cobayes. Mais à l'heure actuelle, la plupart d'entre nous font partis de la seconde génération, ceux qui sont plus aboutis et généralement nés dans la condition d'hybride... Nous sommes l'esclavage des temps modernes. Nous plaisons, obéissons et subissons, nous sommes là pour ça. Selon eux. »


Je regardais le vide de mes prunelles dorées, qui avaient un peu brunis, je n'avais pas été sèche, pour la première fois, j'osais parler de notre histoire sans haine, avec une neutralité totale. Je recrachais des années de lectures, dans le coin caché et sombre de la bibliothèques des orphelins, tout ce que j'avais assimilé pendant des heures, du temps perdu pour apprendre pourquoi mon monde était si différent des autres. Dans le fond , mûrir nous apprend qu'il faut savoir oublier pour avancer, je ne pardonne pas, mais j'avance. Parce que c'est ce qu'il faut faire, parce que je veux profiter de ce système pourris et que la haine ne m'apporterait rien de plus que la clandestinité.


« Serais-tu prête à sortir d’ici… et à te plier à mes exigences, quelles qu’elles soient ? »

L'humain se mit à parler, avec une sorte d'hésitation non négligeable, de sortie. Quelle douce idée, l'air tapant sur mes oreilles par avance, comme la brise légère et innocente du matin. Pourtant, j'étais assez réticente, je ne pouvais me plier à des règles que je ne connaissais pas. L'ignorance était une valeur que j'essayais de fuir, ne pas connaître toutes les closes d'un contrat est un choix, si on ne lit pas les petites lignes de fin de page c'est notre problème, mais dans cet échange verbal, l'humain ne semblais même pas vouloir m'en faire part. Et j'avais, heureusement pour moi, malheureusement pour lui, des principes que je m'imposait à moi-même, depuis longtemps : ne jamais salir ma dignité. Cela avait été fait trop souvent, je ne pouvais plus me le permettre. La dignité, c'est le respect que l'on se doit à soi-même, il nous serait dû à nous même parce que nous existons en tant qu'être possédant une essence. C'était cela la dignité, ce principe compliqué à décrire, souvent associé à la pudeur de façon erronée.  
Je n'étais pas contre l'idée de liberté conditionnelle, tant que j'en connaissais les conditions bien sûr. J'étais consciente de ne pas pouvoir posséder une liberté totale. Pourquoi ? Parce que le sens originel du mot « liberté » est bien foutu, il désigne l'homme libre qui n'appartient pas à autrui, qui ne possède pas le statut d'esclave. Autant vous dire que j'étais, par ma naissance, privé de liberté, mais j'étais assez utopiste pour imaginer une liberté adaptée à ma condition.
Ici, la liberté était affiliée à l'exigence du blondinet, l'exigence, c'est ce que l'on attend de l'autre, qui doit suivre une directive, avec une échéance. L'exigence humaine avait la fâcheuse tendance à être excessive à mon sens, excessive et dépourvu d'une logique simple. Elle était devenu trop facilement synonyme de caprice lorsqu'elle concerné le rapport humain/hybride, du type : j'exige que tu me suces, parce que j'en ai envie. C'est une caprice dénué de logique... Mais beaucoup s'y plient s'en réfléchir.

J'avais réfléchi trop longuement, si je ne parlais pas, l'étranger allait partir. Quelle conne je pouvais être parfois, j'avais perdu cette vivacité d'esprit. J'étais longue et lente, loin de mes origines animales, mais j'avais l'excuse de n'être qu'à 15 % animale, la lenteur était une caractéristique propre à mon côté humain. Je me penchais en avant, mes mains sortirent de mes poches pour me permettre l'acquisition de l'équilibre. Le front collé aux barreaux je cligne lentement des yeux avant de reprendre la parole, le cœur battant :

« Je suis prête à sortir, avec toi peut-être, mais je ne suis pas un de ces caoutchoucs mous qui se plie au gré des fantaisies. Je suis trop digne pour cela, trop... Humaine. Mais je suis prête à suivre tes directives si tu acceptes une dimension de dialogue et d'échange de bon compromis. C'est toi qui voit, beau Russe. »

Le vendeur approche, ses pas sont lourds sur le sol, le plancher de l'arrière salle craque sous son poids. Je n'ajoute mot, je referme la bouche et me recule dans ma cage sans un bruit, de nouveau en tailleur, les mains dans les poches, je n'ai pas envie de prendre un coup sur le nez, ce porc était d'une violence capricieuse sans nom, d'une impulsivité maladive, cet être humain puait la transpiration et le fric sale. Je ne le regardais pas, j'observais l'humain et ses réactions face à ce nouvel arrivant. J'anticipais déjà les paroles du vendeur, avec son accent japonais a tué la l'empereur lui-même. Sa main  se redressait , se posait sur ma cage, son visage étiré avec un air faussement bon négociateur, il fallait qu'il assure, je n'avais pas de prix, c'était donc à lui de le fixer. Son style tapotait le fer en me faisant mal aux oreilles, celles-ci tombant le long de mon crâne pour que le son rebondissent sans me donner mal à la tête. Sa bouche s'entre-ouvre, il put la mauvaise haleine du matin, je peux le sentir jusqu'ici, c'est à vomir. Je restais immobile, mes yeux sur le jeune homme, ne supportant pas la vue de ce vendeur.

« Bonjour. Bienvenu dans l'animalerie la plus réputée de tout Gokusha. Vous êtes intéressé par Mizuki ? Ce n'est pas ce que je vous recommande si c'est votre première expérience avec les hybrides... Elle n'est pas des plus dociles, c'est une tête de con comme on en fait plus dans sa race. Mais le choix n'est pas mien. »

Sa voix était barbante, je souriais en laissant s'échapper un rire amusé d'entre mes crocs. Ses mots étaient si doux à mon oreille, une tête de con... Haha, je suis pire que ça crétin, si je le voulais je pourrai te tuer sans même que tu ne cries. M'ayant entendu il pose son regard sur moi et frappe la cage avec son stylo, crachant quelques postillons sur mon bras en s'adressant à moi :

« Tu n'es même pas capable de rester sérieuse, arrête de rire sale femelle. »

Je ne le regardais pas, il m'agaçait et je me voyais bien lui arrachait un œil depuis ma cage, mais je ne pouvais me le permettre, la sortie était trop proche. Je sentais déjà l'air frais sur ma peau, le bruit de mes pas sur le bitume, je ne pouvais me priver de cette opportunité...  Je soutenais le regard de l'étranger, le sourire toujours sur le visage, les mains dans les poches, ma queue tapant le fer au rythme de la pendule.


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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Jeu 2 Jan - 18:26


Choisir un hybride n’est pas chose aisée. Qu’on se le dise. Moi, on ne m’en a jamais parlé. C’est peut-être pour ça que mon rapport avec eux est si particulier. Je n’ai aucune attache, aucune affection particulière, aucune envie de m’apitoyer sur leur sort. Qu’ils se débrouillent, je fais de même. Mais aujourd’hui, je dois choisir, et toutes mes idées reçues à leur sujet ressortent pour flouter un peu les pistes. Qu’est-ce que je suis sensé faire, alors ? Parce que là, une seule idée me vient. J’amadoue cette gamine. Je pose la main sur elle, plus d’une fois, et ses mots me parviennent. Elle parle beaucoup. Presque trop.
En un rien de temps, il s’avère qu’elle parvient à me donner quelques réponses sans user de la façon la plus conventionnelle. D’une, elle touche mon poignet de son plein gré alors que j’avais été le seul à imposer le contact jusque-là. D’autre part, elle me sort une sorte de diatribe, me contant sa vision du monde moderne avec une pointe de touche personnelle. Sa façon de faire me plait bien, mais on dirait un ouvrage. Ai-je envie d’acheter un livre ? Je ne me croyais pas en librairie. Et pourtant… Entre le panneau que je lis et son récit qui ressemble tant à une lecture audio, on croirait rêver.
Il n’en faut pas beaucoup plus pour que j’apprenne quasiment tout ce que j’ai besoin de savoir. Les histoires de confiance mutuelle m’étonnent un peu, surtout venant de la part d’un de ces mi-chats. Mais passé la surprise, je trouve cela bien agréable. Il y a un rien de trop de ce côté bien-pensant, chez elle, et dans son discours. Pourtant, m’en abreuvant, je plisse très légèrement les yeux à son écoute. C’est instructif. On dirait une sorte de contrat moral, et en même temps un aveu pour sortir de cette cage. Cette Mizuki a besoin de prendre l’air et ça se voit. Dommage que je ne puisse pas en admirer davantage.
Quoiqu’il en soit, il est déjà trop tard. L’homme qui vient est une plaie, je le sais. Cela se sent rien qu’à sa démarche, à sa bonhommie naturelle qui va à l’encontre de la nature humaine. Gros, gras, grand, il est l’archétype-même du vendeur en animalerie, le cliché que se fait tout être digne de raison. Mizuki, en parlant de dignité, ne pouvait pas tomber plus juste. Il est des êtres qui n’ont plus rien de valeureux ou d’honnête. Ils ne sont ni professionnels, ni dignes de notre confiance. C’est pour cela que je le scrute en silence, déçu de n’avoir pu m’entretenir plus longuement avec cette neko. Ou devrais-je déjà l’appeler « ma neko » ? Mon hybride ?
Je dois être du genre à me fier au physique, à l’apparence, pour arrêter mes choix. Par exemple, cette fille enfermée dans sa cage est d’une beauté que je juge supérieure à celles de bien d’autres mi-félins dans l’assistance. Je suis tombé sur elle parce qu’elle est féminine et que tout son être m’attire. J’imagine que c’aurait été bien différent dans d’autres circonstances, mais là… J’ai fait plus que l’approcher, lui ait donné sa chance et… peut-être bien que ce stupide homme pourra me convaincre d’en choisir une autre.
Je l’écoute, en tout cas. J’en apprends de belles. Même qu’il est possible d’engueuler une bestiole parce qu’elle ne sait pas retenir son rire. Il est vrai que moi, je n’ai pas trouvé ses dires marrants. Je suis insupporté par la présence de ce type qui me saute dessus et aurait bien fait moi-même mon marché. Je suis de ceux qui fuient les commerces et les conseils de leurs vendeurs. Je ne suis pas un client lambda, qu’on se le dise. J’aurais beau user du même langage usuel qu’eux tous, et dépenser des billets aux mêmes effigies, ça ne changera pas ce fait. Je suis un étranger qui ne vient pas ici faire du tourisme et n’a donc besoin de rien, surtout pas d’un infâme dans son genre.

« J’ai besoin que l’on me résiste. Que l’on se soumette, que l’on obéisse au moindre mes désirs, que l’on m’offre sa vie en échange de ma protection, que l’on soit prêt à subir tout et n’importe quoi uniquement dans le but de me rendre satisfait. Mais par-dessus tout, j’ai besoin que l’on me comprenne, qu’il s’agisse d’un cerveau énergique, et contestataire s’il le faut. Et c’est elle qui semble correspondre le mieux à ce profil. »
Je n’ai plus regardé la neko depuis l’instant où mes yeux sont revenus sur l’homme. J’ai besoin d’assurer mon ascendant sur lui, pour qu’il comprenne que je suis un être exigeant et qu’il n’est pas question de m’arnaquer. Surtout pas en usant des termes comme cela vis-à-vis de mes choix. Je lance donc un coup d’œil à cette petite, durant quelques instants, puis revient au boulet.

« Et je ne supporte pas que l’on s’adresse ainsi à ce qui m’appartient. Aussi… dans quelques minutes, j’espère bien ne pas vous entendre répéter ces mêmes choses. J’en serais très contrarié. »
Car déjà, de ma poche, une carte sort. C’est un passeport russe, international. Y est adjoint mon visa japonais, attestant de mon droit de résider sur le territoire. Ces documents, je les lui tends, attendant qu’il les prenne pour vérifier qui je suis. Mon identité ne sera pas démasquée par un simple employé de la sorte, en tout cas. Il en faudrait bien plus que quelqu’un mette la main sur moi. Il faut que je me fonde dans la masse, quitte à passer pour un simple touriste en manque de sensations fortes. Alors ce sera Mizuki ? Le vendeur semble indiquer que oui, en me laissant un peu de temps, partant chercher la clé pour pouvoir lui ouvrir. J’ai besoin de me faire un avis en l’ayant devant moi. Ca me semble logique, qui achèterait sans connaitre le produit ?
Je scrute donc ma prisonnière, une dernière fois derrière ses barreaux, trente secondes avant que l’hôte ne revienne.

« Eh bien… nous allons voir en quoi consiste ta dignité… et ton sens de l’honneur, petite bête nippone. »
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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Ven 3 Jan - 18:02

Le temps se jouait de moi, je le connaissais joueur évidemment, puisque j'avais eu l'opportunité d'apprendre les secrets de ses différents tour de mains, mais qu'il fut cruel à ce point, je l'ignorais. J'observais, j'analysais et scrutais avec minutie, à l'aide de mes prunelles dorées cet échange humains : quelques tirades, des gestes se faisant de paire à la précision et à la franchise, un mélange qui me semblait, ma foi, assez harmonieux. Je me laissais « bercer » par l'accent haché de l'étranger, je n'en avais jamais entendu de tel, ou du moins je n'y avais jamais fait attention. Tu pourrais me demander : Pourquoi cela semblait-il si important maintenant ? Parce qu'il allait être nécessaire que je m'y habitue, premièrement parce qu'il était un maître potentiel, mais aussi parce qu'il n'était pas d'ici, il avait beau parler un japonais très correct, sa gueule d'ange le trahissait de trop. J'espérais simplement qu'il n'allait pas me prendre comme guide touristique, à devoir le sortir à droite à gauche, lui faire manger des « japoniseries », lui offrir sur un plateau d'argent tout le Japon puis me retrouver du jour au lendemain sans pied à terre. Je divaguais, ce n'était pas dans mes habitudes de juger aussi rapidement, enfin si, mais... Bref, ses paroles me firent comprendre le pourquoi du comment il s'était retrouvé ici : il semblait être à la recherche de quelqu'un de complet et complexe. Je n'avais pas réellement enregistré tout son discours, mais cela semblait clair, il cherchait plus une tête qu'un corps, c'était assez surprenant pour un humain.

Mes oreilles se dressaient sur mon crâne, l'humain avait l'air de me défendre, enfin, c'était assez maladroit, mais qu'espérait de plus d'un être fait d'une seule âme ? « Ce qui » lui appartient, voilà une façon plutôt claire de me faire savoir que j'allais sortir d'ici. Je respirais paisiblement, il était formellement interdit de sa mettre à sauter comme une puce, je n'étais pas de ce genre là, je ne me l’autorisait pas non plus. Des papiers sortirent d'une poche, peut-être par dizaine, et c'était là, le point culminent de cette histoire, s'il validait la paperasse, j'étais libre. Mes doigts se posèrent sur les barreaux, le vendeur était parti, nous voilà seul, mais je n'avais plus rien à dire, je me contentais de le regardait, il se mit à parler, de sens de l'honneur, de dignité, des notions qui, à mon sens, n'étaient pas de mèches avec l'humanité, je me retrouvais plus dans ses paroles en tant qu'animal, ils sont plus à même de comprendre ce genre de choses parce qu'ils n'ont pas cette perversion propre à l'être « fort ».

« Ce sont des valeurs loin de celles des humains que j'ai rencontré jusqu'à maintenant. Es-tu seulement différent ? »

Le vendeur était de retour, sa sale odeur avec lui, et la graisse de ses doigts contre les barreaux de ma cage. Plus que le cliquetis apaisant de la serrure et je pourrais me lever à nouveau, du moins, si j'en était encore capable, nous n'avons pas souvent l'opportunité de nous lever, et lorsque nous sommes allongé, nos jambes sont pliées. Je supposais que ce problème me concernait encore plus que mes congénères, ceux qui arrivaient pour repartir n'oubliaient pas la difficulté de mouvements, ou ne la connaissaient pas, ce qui pouvait alléger leurs existences. « Clic », je tournais la tête vers la masse informe du vendeur, l'ouverture de ma cage se trouvait sur le côté droit, j'attendais un signal, un hochement de tête, un coup sur le barreau, tout signe possible, détectable. Celui-ci ne tarda pas à arriver. Je tournais, mon corps se déplaça à 90°, en un bloc, mes jambes s'étirèrent devant moi, c'était plus que douloureux, je voulais tout, tout de suite, j'étais trop brusque. Un grognement sorti de ma gueule, elle ne représentait plus une bouche dans ces moments là, les bruits qui en sortaient se faisaient trop bestiaux. Mes jambes crochetèrent la plaque en fer et mes mains agrippaient les barreaux pour m'aider à me faire coulisser à l'extérieur, tous mes os se mirent à craquer au même instant. Je fermais les yeux pour me concentrer, un pas devant l'autre, cela devait être intuitif, mais les humains l'étaient-ils ? Mon côté anima se serait emparé de moi si je l'avais laissé faire, il lui semblait plus facile de se tenir à quatre pattes. Je chassais cette idée de mon esprit, le vendeur poussait déjà la porte de la cage contre mon dos pour me forcer à avancer. Les pas suivant se firent avec moins de difficulté, je scrutais le sol, pour vérifier ma coordination. Stop, je redressais le regard pour rencontrer à nouveau celui de mon maître, étrange sensation que de pouvoir l'observer dans sa totalité. Il s'avérait être plus grand que moi, et plus imposant bien sûr.

Je penchais la tête, mon sourire refit surface, un croc se laissait voir, mes oreilles dressaient sur le haut de la tête, ma queue fouettant l'air avec force, je me sentais plus vivante que jamais. J'étais encore un peu engourdie, et le fait de rester statique ne m'aidait pas non plus. Je profitais de l'occupation du vendeur pour faire un tour du propriétaire, je tournais lentement autour de mon maître, comme une lionne autour de sa proie blessée. Me voilà dans son dos. Le vendeur eut finit son affaire, il s'adressait à l'humain d'un ton plus reposé que la dernière fois :

« Quel prix proposez-vous ? J'ai beaucoup de mal à lui trouver un prix qui puisse être intéressant pour les deux partis. »

Me voilà proche de lui, je sentais sa chemise, c'était donc cela l'odeur de la liberté ? Soit, j'allais m'y faire, je suis un animal capable de s'adapter, c'est ça le bon d'un triple mélange, on acquiert beaucoup plus qu'on n'y perd. Je reculais de quelques pas, s'il se reculait à son tour, je me retrouverai en très en mauvaise position. Me décalant maintenant d'un pas, j'observais le vendeur qui s'en allait vers son bureau, me devais-je de le suivre ? Ou appartenais-je déjà à mon nouveau propriétaire ? Ne pas bouger était une bonne solution. J'étais donc à côté de cet étranger sans nom. Position on ne peut plus troublante, il ne s'était pas présenté et je n'avais pas songé à lui demander. Me mordillant la langue avec mes crocs je finis par lancer d'un ton amusé :

« Me voilà maintenant la propriété de ? »


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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Sam 4 Jan - 14:54



Tout ceci continue avec une question. Oui, la neko ose me répondre par une interrogation. N'est-ce pas un peu fou ? Après tout, je suis l'humain et elle l'animal. Ce n'est pas elle qui m'achète et s'attend a avoir une bestiole qui fait ce qu'on lui dit, qui répond à ce qu'on lui demande. Sur le coup, je ne rétorque donc pas, me contenter d'attendre que le vendeur revienne. J'ai seulement une longue oeillade pour cette mi-féline bien curieuse. Je recherche effectivement à peu près ce type d'hybride. Et son allure n'est pas pour me déplaire. J'imagine que tout cela fera l'affaire. Alors finissons-en vite avec cet achat.
Quand le type revient, je l'écoute donc et ne m'occupe plus de la neko. Le prix ne m'intéresse pas, mais je n'aurai pas un coup d'oeil pour celle qui retrouve la capacité de marcher après tout ce temps. Au lieu de cela, je me préoccupe plutôt de récupérer son dossier, après avoir tendu plusieurs gros billets que le vendeur a saisi hâtivement. Il est parti le chercher dans son bureau, et déjà je n'ai plus rien  à dire Mizuki. Sinon...

« Appelle-moi maître. »
Peut-être que plus tard, elle en connaîtra plus sur moi. Mon prénom, sûrement. Je n'ai pas envie ni besoin de le lui cacher, mais cela viendra à travailler avec moi. Alors je récupère l'espèce d'encyclopédie que l'on me tend bientôt, ce pavé qui contient des remarques, des feuilles, des noms, un historique, le passif de la jeune fille. Je le consulterai plus tard. Pour le moment, le temps est venu de s'éclipser.
D'un signe de tête, je salue, et prends de mauvais gré cette main grasse qu'il me tend. Les affaires doivent être réglées ainsi, hélas. Mais maintenant, au moins, je peux quitter ce lieu. Sans doute y reviendrai-je, un jour, parce que le travial est plein d'aléas. Autant faire bonne impression, donc, mais sans insister pour cela. Je fixe la neko, détaille son allure, et la sortie m'appelle.

 « Tu vas te contenter de ce que tu as sur le dos pour le moment. Je te trouverai quelque chose plus tard. »
Puis plus un mot. J'ai envie de me tirer. L'air de ce lieu pourrait presque m'oppresser, et ces centaines d'yeux braqués sur nous ne m'inspirent pas confiance. À partir de là, nous allons pouvoir prendre un nouveau départ. Mizuki sera mon animal, non pas de compagnie, mais de boulot. J'ai besoin d'une bestiole qui sache faire beaucoup de choses différentes, qui relèvent d'un niveau que je jugerais... d'attrayant. Mais après tout, ce sera toujours mieux pour elle que de croupir ici. Et si tout se passe bien, rien ne dit que je ne finisse pas par la trouver plus agréable qu'utile, sait-on jamais...


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Mizuki

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MessageSujet: Re: Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]   Dim 5 Jan - 0:24

« Appelle-moi maître. »
You-hou... j'allais donc devoir l'appeler « Maître », pas de prénom, pas de nom, le tout dépouillé d'info avec un faciès ne laissant rien transparaître, soit, il y a un-zéro et c'est moi qui perd pour le moment. De plus l'idée ne m'enchantais pas plus que cela, il mettait en place, et ce sûrement de façon somme toute inconsciente, ce qui me semblait être un rapport de force invisible, moi qui aimait tant cette idée utopiste mais parfois possible de pouvoir parler et échanger sur un pseudo-pied d'égalité entre nos races, je me trouvais bien mal servie par cet humain. Allais-je me plaindre ? Sûrement pas, je n'étais pas en disposition pour faire cela de toute façon, ce n'était pas non plus dans ma nature, se plaindre ne sert à rien, ça brasse du vent, et puis, le maître n'avait pas bronché pour le prix, il m'avait tout aussi bien défendu devant l'ignoble et répugnant vendeur et nous étions proche de la sortie, certes je n'étais pas encore prête à le chérir comme la prunelle de mes yeux – et je ne pensais pas cela possible ; mais je n'allais pas non plus chercher la petite bête. Il est des situations où il faut savoir se contenir, pour le bien de chacun, mais d'abord pour le sien je suppose. Ce serait donc « Maître » sans rien avec, moui, ce serait pur, simple et concis, il n'était pas du genre à faire du zèle, voilà un humain bien trop efficace. Tans pis Mizuki, t'as pas le temps de réfléchir, tu l'as déjà assez eu de toute façon. Je passais les allées une à une, d'un pas assez lent – moi qui était si excitée de sortir j'avais l'air prise de nostalgie à l'égard du lieu, avançant tout en zieutant parfois sur les autres cages je découvrais des visages inconnus, pourtant nous arrivions tous par l'arrière salle... Ha le sommeil, quand tu me sauves. D'autres avaient des silhouettes vieillies par le temps, oui, j'étais heureuse, même sans le laisser voir totalement bien je ne pouvais pas le cacher non plus, j'aimais cette sensation d'être à présent une hybride plus libre que les autres. Cela ne durerait pas bien évidemment, j'en était consciente. La preuve la plus concrète fut ce nouvel humain entré bien avant que j'atteigne la sortie. Soupire lasse et presque triste arraché à mes entrailles, voilà une autre bestiole plus jeune qui profiterait d'une opportunité alléchante, je n'avais même pas encore eut le temps de profiter de la mienne, un de mes congénères m'avait volé mon plaisir, je bouillonnais de l'intérieure.

Il s'était peut-être écoulé une demie-heure et me voilà face à la porte. Premier pas dehors, je suis saisit pas le froid, j'avais perdu la notion des saison visiblement. Le maître m'indiquait que j'allais garder mes vêtements encore un moment. Et ? Avais-je bronché sur le fait qu'il me fallait de nouvelles fringues ? Je ne pense pas, j'aime mes vêtements, ils me sont précieux. Avançant dans la rue je suivais d'un pas assuré la crinière blonde devant moi, j'observais les changements de la ville, ils n'étaient pas nombreux. L'idée de fuir m'avait pris à l'esprit, comme à chaque fois, mais je connaissais mon but et mes intérêts ne se situaient pas dans la rue. Les biens humains sont malheureusement possédés par les humains, les humains possèdent et les hybrides sont possédés, l'histoire est d'une logique risible. J'allais être possédé et profité des possessions, j'étais gagnante. Un-Un petit humain. Mais je ne devais pas m'avancer trop vite, je n'avais encore pas idée de la vie que j'allais mener.

Rattrapant le pas, je poursuivais le maître, il était trop grand et ses pas un peu plus rapides que les miens. J'avais manqué m'égarer. Arrivant enfin à sa hauteur je finis par lancer d'une voix enjouée.

« Nous allons donc chez vous, Maître ? »

Mais cette réponse ne sera pas apportée ici, ma vie à l'animalerie été maintenant finie, pour un bon bout de temps je l'espère.

[Adoption Finalisée]
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Monologue de vieux chat errant logeant quatre mètres carrés miteux. [PV Roman Archavine]
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