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 Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]

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MessageSujet: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Lun 9 Déc - 16:38

La nuit, je rêve. Pourtant, je ne dors pas. Les yeux ouverts dans le noir, j’observe, je respire lentement. Il est bien rare qu’ils se ferment pour me faciliter la vie. Car c’est dans ces moments-là que mon esprit s’aiguise, loin des bruits, des gestes inutiles, de l’absurde existence des humains. Mon monde est bien plus calme que le leur, et c’est à cela que je m’accroche. Dans l’obscurité, je vois des choses qui leur échappent, et ma pensée se précise. Je sais, par exemple, que si je le voulais… je sortirais aisément de cette cage. Tous les détails de cette pièce sont inscris dans ma mémoire. Les vendeurs, leur petit cirque, les créatures qui me sont semblables, les habitudes de chacun… je n’oublie rien. Il me suffirait de deux ou trois mouvements pour interrompre leur routine et briser les codes. Mais… le jour survient toujours.
Lorsque le soleil transperce les nuages, et même s’il oublie de le faire, je ne peux m’empêcher de trouver le sommeil. Je sais, au fond de moi, que celles que j’ai toujours cherché à protéger ne sont pas à ma portée. J’ai fait le bon choix, il y a maintenant un certain nombre de jours dont j’ai oublié la somme exacte. Ma vie contre la leur. Un chantage qui ne m’a guère avantagé mais… je ne crois pas le regretter. D’après ce qu’elles ont vécu avec moi toutes ces années, j’ose espérer qu’elles n’ont pas fini entre les mains de dieu-sait-qui. Ce serait rudement dommage. Quitte à ne pas avoir été gagnant, j’aimerais éviter de tout gâcher en sortant d’ici d’une manière peu conventionnelle. S’ils s’en rendent compte, ce pourrait être la fin pour elle. Mais qu’est-ce qui me prouve qu’elles vont bien ? Si ce dilemme ne me rend pas insomniaque, il aura le mérite d’occuper mes longues nuits. Peut-être qu’arrivera le temps de la délivrance, un jour, qui sait…
Dans tous les cas, ce matin-là est comme tous les autres. Gris pour mon âme, pour le ciel et pour l’ambiance. Le vendeur n’a pas l’air heureux lorsqu’il passe pour cogner les barreaux de chaque prison à l’aide de sa matraque. Il est même franchement hargneux. Mais je survis, parce qu’il le faut bien. Rien ne me retient ici, sinon l’espoir d’en sortir. Rien ne me force à ouvrir les yeux, sinon l’espoir de retrouver enfin un horizon plus vaste.
Voilà pourquoi je m’étire en silence et pose ma tête contre l’arrière. C’est à peine assez grand pour moi quand je suis en tailleur. Je m’avachis un peu. Je fredonne vaguement, ma capuche venant camoufler mes oreilles et m’enfermer dans mon univers. J’essaie d’oublier tout ça et de regarder ce qu’il se passe. Les heures passeront, les gens passeront… mais pas mon désir de partir.
Cette journée, je ne m’attends pas vraiment à quelque chose de neuf, si ce n’est que j’ai encore dix-sept pour cent de chance d’être abordé par un humain, soixante-dix-neuf pour cent de chance que ce soit une femme, et jusque-là moins d’une chance sur mille de sentir de nouveau le vent sur ma peau…
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Lun 9 Déc - 19:36


Un temps plutôt venteux. Un ciel triste, nuageux, recouvrant une grande partie de cette ville illuminée par de grands panneaux publicitaires. Gokusha, une ville qui ne dort jamais… Parait-il.

Il était encore tôt mais pas trop, je ne suis pas spécialement une lève tôt. J’avais juste mis, à titre exceptionnel, le réveil. Histoire de signer quelques paperasses… Une paperasse qui m’attribuerait le statut d’étudiante. Se sentir dépendant de quelques bouts de papiers afin d’avoir un minimum de valeur auprès de la société, ce sentiment était juste affligeant. Même pour la jeune rentière que je suis. Les yeux mi clos, toujours allongée sur le sofa. La soirée fut longue et animée mais une fois que le réveil se met à sonner, tout dégringole et me revoici sur terre… Avec pour seule compagnie, une bouteille de gin quasiment vide, au goulot recouvert de résidus de rouge à lèvres. Un rouge profond.

C’est avec la crinière en bataille que je me redressais, regardant passivement les aiguilles du réveil. L’impression que les meubles tournaient autour de moi était encore présent, quand est-ce que je me suis endormie ? L’effet de l’alcool ne s’était pas encore estompé ou serait-ce… La gueule de bois ? Qu’importe, le mal était là. Je vins me malaxer, à l’aide de mon index et de mon majeur, l’espace se trouvant entre mes sourcils. Non, je ne pense pas que cela aiderait mon mal à se dissiper, il s’agissait juste d’une futile habitude, mais qu’importe. Je vins laisser le fin peignoir en satin glisser le long de mon corps nu sous ce dernier. Qu’avais-je fait la veille ? Ou plutôt, avec qui ai-je partagé cette nuit dont je me rappelle à peine ? C’est en laissant échapper un pénible soupire que je me rendis dans la salle de bain, optant plutôt pour une douche afin de me remettre les pendules à l’heure. La pomme de douche était suspendue au plafond, c’était beaucoup plus pratique que ce que l’on retrouve dans une douche normale. Au moins, j’avais les mains libres. De plus, rien n’est spécialement traditionnel ici. Un appartement moderne doté de meubles modernes et aux murs sobres : taupe, mauve pastel avec le traditionnel noir et blanc.

Je me mis à savonner méticuleusement les moindres recoins de mon corps qui lui, s’imprégnait de la température de l’eau. Un bien fou, il fallait bien l’avouer. Ce fut au dernier rinçage que tout me revint. J’étais censée sortir, sans doute afin d’aller danser je ne sais où, préférant l’improvisation que l’organisation. Puis… Visiblement, j’ai cédé, me sentant désarmée face à cette bouteille qui me tapait à l’œil. Non pas que je le regrette mais bon, c’est tout de même ce que nous pouvons appeler cela « Une soirée de désespérée. »
Je sortis de la cabine, me séchant activement le corps avant de regagner la chambre à coucher. Cambrée devant le tiroir afin de saisir des sous vêtements aux couleurs assorties. Je les enfilai avec hâte avant d’enfiler des collants s’arrêtant à mi cuisses. Je saisis par la suite une jupe provenant d’un tailleur, de couleur ébène que j’associe avec une simple chemise parme, bien cintrée.

Ça devrait faire l’affaire…

De retour dans le salon, j’étais obligée de le traverser afin de regagner la cuisine. J’ouvris l’armoire à « cochonneries », saisissant une petite gaufre au fin nappage de chocolat. Deux petites bouchées me suffisent mais je me forçais tout de même à la terminer. Juste par précaution afin de ne pas succomber à une hypoglycémie. C’est avec la gorge un peu sèche que je retournai dans le salon, terminant cette fameuse bouteille de gin afin de me réhydrater le gosier.  Ce goût était juste répugnant. J’ai beau dire ne pas apprécier le gin mais je finis tout de même par en acheter.

Ça ira, je pense que ça ira. Non, ça devrait y aller. Je jetais un furtif regard sur l’horloge avant de grimacer. Le temps était passé, trop vite passé. Mon rendez-vous était censé commencer dans une dizaine de minutes. Tant pis, me disais-je.

M’étais-je préparée pour rien ? Possible, on dirait bien. Je retourne dans la salle de bain, me brossant rapidement les dents, me débarrassant ainsi de cette sensation de bouche pâteuse. Avais-je fumé ? Possible, il m’était difficile de le vérifier, le cendrier était rempli à ras bord. Je regagne le hall, enfilant une paire d’escarpins noirs laqués, prenant possession de mon sac à main avant de m’évader de cet appartement, de cet immeuble… De ce quartier résidentiel ayant cette fausse allure de Bon Chic Bon Genre.

Le regard froid, scrutant bien ce qui se présentait devant moi. Les gens ne m’intéressaient pas, j’étais fatiguée, beaucoup trop fatiguée pour leur attribuer le moindre regard. De plus, j’avais toujours l’impression que les immeubles ne se tenaient pas droit… A moins que ce soit moi qui ai un sérieux problème d’équilibre. Cette sensation m’agaçait au plus haut point, surtout qu’il faisait jour et que le ciel s’était déjà bien dégagé. Je ralentis un peu, le grand immeuble où j’étais censé me rendre était dressé face à moi, mais qu’importe… J’irai me présenter un autre jour ou peut-être jamais, enfin, je verrai.

Je continuai à cette cadence, sentant des regards se porter sur moi. Était-ce de jolis étudiants ? Des vieux pervers ? Je ne le saurai jamais, ils ne méritent même pas que je prenne la peine de vérifier. Je me contentais de sourire, un sourire fier. Telle une fleur dépendante des éclats du soleil pour vivre, j’étais similaire à elle. Sauf que j’avais juste besoin que l’on me regarde avec envie ou mieux encore… Avec jalousie. Ne savant que faire, je vagabondais tout en ayant l’air de savoir où j’allais. Selon moi, les personnes qui hésitent et qui le montrent, ont juste l’air ridicule.

Au loin, j’aperçus l’inimaginable. Serait-ce un chat ? Non, un homme ?  En laisse en plus ! Cela attisa ma curiosité comme pas permis. Une dame d’un certain âge tenait ferment cette laisse, elle en avait l’air ravie et fière. Je m’y approche, juste de quoi passer à côté d’elle afin de regarder du coin de l’œil la bête qu’elle tenait fermement.

Ce foutu gin causera ma perte…

Mais oui, c’est évident. J’étais encore bourrée. Ce n’était pas possible de voir ce genre d’être. Ces choses, on les voit  dans les télévisions, dans des documentaires de fanatiques ou dans des émissions de sciences fictions. Mais je voulais le vérifier, voir ça de mes propres yeux. Cette dame, elle n’était pas sortie de nulle part vu que nous marchions sur le même trottoir. Elle a sans doute dû sortir de quelque part… Une boutique ? Ces bêtes sont à vendre en plus ? Je sentis une fine résonance, une clochette ? Un second individu sortit de la boutique qui était dressée à ma droite et il tenait également une bête, sauf qu’il la tenait dans ses bras. Je ne pus juste m’empêcher de rire, rassurée de ne pas avoir perdu la boule comme je l’avais pensé qu’il y a quelques minutes. C’est avec entrain que je pénétrais dans cet établissement, ricanant de plus belle. Je ne pris même pas la peine de saluer le vendeur ou autres membres du personnel, préférant hausser directement le ton afin de faire voir ma présence.

Montrez-moi vos plus belles bêtes, je veux toutes les voir. Et tout de suite, sinon je me verrai contrainte de faire fermer ce taudis.

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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Lun 9 Déc - 20:49


Les secondes passent. Les minutes passent. De même que les heures, leurs chères aînés. J’ai l’impression que ce temps ne s’arrêtera jamais, comme pour tenter de me faire regretter chaque instant ma bévue. Quoique ce n’en soit pas une, je n’ai le choix. Tantôt, il m’apparait que j’ai bien fait. Tantôt… non. J’aurais très bien pu laisser ces gamines à leur triste sort. J’aurais du ? J’aurais voulu ? Diantre non…
La vie sans principe, ce n’est plus la vie. Se conduire comme un animal – ce que je serais en droit de faire au vu de mon code génétique – n’est pas ce que je veux, ni voir, ni entendre, ni surtout faire. J’ai pour ambition d’être un être libre, plein de valeurs et d’idées qui font ce que devrait être l’homme. J’ai besoin d’y croire, je n’y peux rien. Sans doute est-ce ce sang qui coule dans mes veines, parce qu’il doit être d’une pureté incroyable, tout importé de l’immense Sibérie qu’il est. À moins que ça ne vienne de livres, ou de choses que l’on m’a raconté. Qu’est-ce que j’en sais, moi. L’existence est passée si vite, après tout…
C’est pour cela que j’en arrive à ce triste constat. Quel âge est-ce que j’ai ? Vingt… et quelques années, selon les standards humains. Vingt-cinq ou plus. Il y a des jours où j’ai omis de compter. Surtout depuis que je suis là. Je ne saurais dire combien de lune ont illuminé le ciel depuis mon enfermement. Tant que je n’ai pu graver dans le fer de ma cage, ou dans mon esprit trop confus. J’ai autre chose à penser. Comme par exemple ce fait stupide qui m’arrive là, tel une luciole en plein jour : si le vendeur fait ses rondes toutes les heures et qu’il passe cette fois-ci moins d’un quart d’heure après son passage précédent, alors que ça n’est jamais arrivé en X temps, alors il y a rupture. Quelque chose cloque. Surtout qu’il revient en sens inverse de sa marche. Il ne tapote même pas sur les cages et a le pas bien trop pressé. Et si quelqu’un sortait !? Si subitement ? Eh bien…
Sans bouger, dans un premier moment, je ne laisse vagabonder que mes yeux. Voilé sous ma capuche, déjà à moitié dans la pénombre du fait du renfoncement de ma cage, il n’y a que mes prunelles pour venir refléter la rare lumière. Des pupilles de chat. De gros chat. Des yeux de prédateurs, sauf que je ne chasse rien. J’observe, le temps ralenti. Je dévisage les mouvements, les gens, les faits. Trois ou quatre de mes compagnons de fortune sortent de leur cage, s’étirent et se retrouvent avec une laisse au bout du collier. Ils vont… je ne sais où. Mais ils vont, ils ne restent pas là. Penchant un peu la tête, pour tenter de voir derrière ce mur la pièce principale, je ne comprends pas. L’animalerie est tout de même suffisamment grande pour que certains éléments m’échappent. Il y a forcément un truc qui cloche. Si habituellement, je repère tout et ne manque rien, c’est parce qu’il n’y a foule en cet établissement. Mais cette fois, ça s’agite. Même le personnel a l’air sur la défensive, parlant, se bougeant, ce qui est rare. Des mots auraient-ils été prononcés par quelqu’un d’important ? Je n’ai jamais vu le gérant de l’endroit. Et si… ?
Mes yeux se plissent alors que s’écoule encore ce temps tranquille qui nous assiège. Je suis la victime de ma patience, sachant très bien que les évènements se devront d’avoir une suite. Parce que je n’ignore pas qu’il devrait se passer quelque chose, je ne bouge pas et regarde. Des voix. Des bruits de mécontentement, des indications et retours à la case départ. Le vendeur revient, l’air vaguement agacé.

« Sortez de là, vous autres ! Et tenez-vous bien, que je n’ai pas à jouer du fouet devant la dame ! Allez, on avance ! »
Incompréhensible. Non pas les ordres, que je perçois avec une clarté étonnante, mais plutôt le fait que l’on me demande de les exécuter. Qu’ai-je à gagner à ça ? ça ressemble à une inspection, chose à laquelle ma jeunesse m’a familiarisé. Sauf que je n’ai jamais eu à sortir de cette façon de ma prison auparavant, sinon pour les douches hebdomadaires. Mes pas sont boiteux, au début, avant que je ne plie et étire mes jambes. Mes genoux craquent, j’ai mal partout. Les courbatures m’assaillent et ma nuque me fait souffrir. Mais pas le temps de me masser. Un coup de pied dans ma jambe m’incite à avancer, ce que je fais après un regard mauvais. Pas de geste brusque, surtout.
Les pas de la première hybride, celle qui inaugure notre colonne de quatre, sont plutôt lents. Petite, fragile d’apparence, elle a l’air d’être sous-alimentée. La seconde a juste quelques centimètres de plus, mais pas seulement en taille. Sa poitrine ressort légèrement en gonflant le tissu sale de sa robe. Ses formes ont l’air destinées à des amateurs de bonne chair. Le troisième est un gars, très fin, très svelte, mais il ne doit pas dépasser les quinze-seize ans. Et le dernier… eh bien c’est moi. Je suis plus grand qu’eux tous et mon allure demeure camouflée sous le sweat que je porte toujours. Un pantalon usé sur les jambes, j’avance. C’est bientôt la première fois que je viens dans l’entrée, dans cette salle où passent les hybrides qui sortent, devant la caisse. J’ai imaginé ce lieu et la vision que je m’en suis faite est assez proche de la réalité. À cela près qu’il y a… cette gamine ?
Lentement, après mon œillade sur tout ce qui vit, et tout ce qui est, dans cette pièce, je laisse mon regard tomber sur elle. C’est face à cette personne que nous sommes alignés, comme si un peloton d’exécution se préparait. Qu’est-ce qu’on attend ? Des réprimandes ? On se tire d’ici ? J’aimerais savoir mais il ne faut pas broncher. Alors fixement, de mes yeux gris et froids, presque inexpressifs, je la scrute intensément. Ce n’est jamais qu’une petite humaine dont l’allure m’inspire peu. Etrange premier abord. Je respire lentement, ne sachant à quoi m’attendre. Jusqu’à ce que le vendeur, visiblement excédé, vienne tirer violemment ma capuche en arrière.

« Un peu de tenue, bon sang ! Ce n’est pas comme ça que l’on se présente devant une dame, imbécile ! »
Jure t-il, moitié entre ses dents, moitié assez fort pour que la remarque arrive aux oreilles de tous. Mes oreilles sont dévoilées, aussi blanches que ma queue qui fouette lentement l’air. Je ne bouge plus. Je reste bloqué sur l’humaine.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mar 10 Déc - 0:00


Oh. Je n’ai visiblement pas eu besoin de me répéter, les vendeurs se mirent à tourner dans tout les sens, ne savant même plus par où commencer. C’était amusant à voir, je m’en délectais sans m’en cacher, armée du majestueux sourire que j’avais sur le coin des lèvres. Mais ce n’était pas normal de voir le responsable aussi affolé. Était-ce le responsable ? Il y a des chances, il était plus gras, plus âgé que les autres et en plus, ses habits étaient différents. Aurait-il des choses à se reprocher ? Je le pense bien, il n’a pas même pas cherché à connaitre mon identité, réagissant tel un poulet qu’on s’apprêtait à égorger. Il forma une petite file d’hybrides, sans doute les plus potables du rayon. Sous alimentés, sales… Imaginer leurs conditions de vie m’en donnait des frissons, bien que cela m'amusait.

Et j’ai même droit à une imitation ratée des frères Dalton ?

Et c’est sur ces mots que je me remis à rire. Les mettre en file, d’accord… Mais quand même pas en les classant du plus petit au plus grand. Mais qu’importe, si ce sont les frères daltons, moi je suis sans doute Ma Dalton. C’est de pas lents que j’approchais les bêtes mises en évidence, les scrutant en silence, bras croisés... La première avait le visage creusé, maigre comme un clou. C’était moche à voir, n’hésitant pas à laisser échapper un faible « Erk ». La seconde était pas mal, je l’avoue. Je m’approchais un peu plus d’elle, laissant ma main effleurer ses jolies courbes avant de la repousser. Un peu trop mignonne, elle avait une très fine chance de pouvoir me faire de l’ombre. Et puis, les femelles ne m’intéressaient pas. Le troisième était enfin un mâle. Il paraissait jeune, son regard fouilleur en disait long et surtout, il avait également l’air sous alimenté. Les sacs d’os n’étaient pas ma tasse de thé mais bon, ce n’est pas dans ce genre d’endroit que je trouverai un hybride en forme. Je soupire, commençant déjà à en être lassé. Etaient-ils vraiment les plus potables !? Ce n’était pas possible, comment est-ce que ce commerce tenait la cadence avec ce genre de bête ? Des esclaves… Si je m’en prenais un, je serai sans doute contrainte d’enfiler la tenue de soubrette et de m’occuper de lui pour ne pas qu’il rend l’âme aussi vite. Ce genre de pensées m’agaçait, ces hybrides étaient plus des boulets que des esclaves ! Je tourne la tête, sentant qu’un nouveau regard s’était posé sur ma personne. Toujours à côté du jeune hybride, je le poussais au loin, comme avec celle avant lui.

Mais voyons…

Je m’avance enfin vers la dernière bête qui ne me lâchait pas du regard. Pourquoi autant d’insistance ? Serait-ce afin de capter mon regard vers lui ? Je souris, amusée comme pas possible. Je soutiens son regard, me rapprochant lentement de lui. D’habitude, mes adversaires détournaient aussitôt le regard ou baissaient les yeux mais lui, non. A croire qu’il se prenait au jeu. Son regard froid et grisâtre m’en donnait presque des frissons. Il était différent des autres hybrides, autant par la carrure que part les traits de son visage. Il n’était pas vieux mais il avait beaucoup moins l’air enfantin que les autres. Je laisse déposer ma main sur son abdomen plutôt agréable au touché. Il n’avait toujours pas abandonné cette bataille oculaire, je finis par le pousser vers l’arrière. Ce n’était pas une poussée sèche et rapide, mais tout le contraire. Le guidant avec ma main vers l’arrière, le mettant dos au mur. Je souris de plus belle, glissant la main qui était sur lui sous son haut, le contact direct était beaucoup plus doux.

Ai-je quelque chose sur le visage, minou ?

Le silence se fit maître dans la pièce. Plus un seul soupire, ni de tapotement de pieds sur ce parquet grinçant. Les vendeurs se firent tout petits, se sentant sans doute de trop. Mais si ils osaient intervenir, je pense qu’ils savaient pertinemment que j’allais de nouveau les menacer, faire fermer ce trou à rats. Cet endroit sale où il n’est sans doute pas rare de voir des bêtes pousser leurs derniers souffles. Je recule, croisant de nouveau les bras, regardant du coin de l’œil ce fameux responsable. J’analysais brièvement la bête dressée face à moi, cette bête aux oreilles blanchâtre.

Combien pour celui-là ?

Je finis par donner dos à l’hybride en question, d’un air satisfaite. Cette bête m'intéressait, il avait beaucoup plus de charisme que les autres, même en étant habillé comme une loque. Cela avait suffisamment illuminé ma journée. Je revins au centre de la pièce, là où se trouvaient les vendeurs qui imitaient à leurs tours les Dalton. Je me rapproche d’eux, d’un pas précipité avant de leur tapoter le haut du crâne, comme si ils ne valaient pas mieux que ces bêtes en cage. Après tout, qu'allaient-ils me faire ? Comme si ces vendeurs de chats pouvaient m'atteindre. Tout est pour pour les tester et en guise de récompense, peut-être qu'ils auront droit à un pour boire. J'étais telle une enfant face à son cadeau de Noël, excitée et impatiente comme pas permis.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mar 10 Déc - 8:36



Ce qui se dressait là, c’était l’autorité. Il suffisait de croiser son regard, ne serait-ce que l’espace d’un instant, pour le comprendre. Un cas typique des humains, et même plus spécifique à leurs femelles. Un cas comme on en voit souvent et qui dénature plus encore leur race. Je veux bien qu’une fille en chaleur se mette à faire les yeux doux et se montre plus salace qu’à ses habitudes, plus encline à rompre avec son caractère traditionnel. Mais chez les femmes, c’était différent. Elles avaient une sorte d’étrange pouvoir…
Puisque personne ne le remettait en cause, il devait être justifié. Mais par quoi ? Sa taille ? Certes non. Sa crinière brune ? On en avait vu d’autres. Son allure, son âge, sa silhouette ? Chacun à la sienne propre et il ne s’agit là que d’une jeune bien dans sa peau. Alors… ? Je détaillais son visage, incapable de savoir quoi faire ou dire lors de son inspection, jusqu’à ce qu’elle vienne à moi. Quelque chose dans son regard m’affirmait que c’était ça, le point d’encrage de son indéfectible assurance, de son ascendance sur autrui. Et sur moi ? J’en doutais, même si le monde entier paraissait m’oppresser à présent. Tout le monde devait être rivé sur l’instant, sur mes pas qui reculaient. Ce n’était pas tant sa force que le poids de ses mots, de son insistance. Je n’avais pas le droit de résister. Je heurtais le mur sans violence, comme soumis à sa volonté. Ses charmes ? Qu’est-ce que j’en sais ? Je ne voyais là que de la manipulation. Du bluff, peut-être. En moi, tout fulminait. Et si je m’en prenais à elle ?
Oscillant entre l’envie de sortir par moi-même, ce qui aurait inévitablement conduit à un avis de recherche ; et celle de voir où tout cela mènerait, je n’avais pas bougé. Mes yeux, bien sûr, avaient cherché du soutien où il n’y en avait pas. Ses lèvres qui avaient parlé ne pouvaient m’en dire plus. Ses pupilles avaient le dernier mot. Sa taille que je dominais aisément me surplombait en cet instant. Et là, elle s’en retournait.
Mon sang, qui ne faisait qu’un tour, faillit me pousser à lui sauter dessus. Dans son dos, j’aurais pu l’attraper à la gorge, la menacer d’étranglement, fuir cette prison avec un otage sous le bras. Elle était à ma merci. Comment une humaine pouvait-elle avoir cette emprise, dicter ses lois sans que quiconque intervienne, pas même moi ? Surprenant. Je fixais l’endroit de sa nuque, esquissant un pas et voyant aussitôt l’attention de plusieurs employés retomber sur moi. Si je bougeais encore, on interpréterait mon geste comme de la trahison, fait si courant chez les hybrides indociles. Mon cas n’était pas facile, et il ne requérait plus de preuves pour justifier ma dangerosité. Avaient-ils fait une bêtise en me laissant ainsi, presque seul, hors de ma cage ? En tout cas, le vendeur précédent revenait saisir ma laisse, passant vite derrière la cliente.

« Reste-là, toi ! » commença t-il à mon intention, me jugeant du coin de l’œil, avant de se tourner vers elle. « Il est un animal sauvage, mademoiselle. Son pedigree indique qu’il vient du nord et qu’il pourrait être atteint de démence. C’est une bête, vous savez. Il a déjà blessé plusieurs personnes en les laissant dans un sale état et… »
Le vendeur s’était arrêté, peut-être enfin conscient de la vacuité de ses propos. Voulait-il rater une vente ? Etait-il prêt à renoncer, juste pour le plaisir de me voir enfermé ? À moins qu’il n’ait un accord avec le laboratoire pharmaceutique de Sapporo, celui de mon enfance, de mon adolescence perdue…
Pour ma part, j’articulais dans un murmure que je ne voulais pas être vendu. Je ne pouvais pas l’être, telle était ma conviction profonde. Si dans ce souffle, très peu de monde pouvait l’avoir entendu, le vendeur avait au moins tourné les yeux vers moi. Levant la tête en plissant son regard, il lâcha un claquement de langue mécontent et s’évertua à reprendre son discours.

« Mais si vous désirez vraiment l’accueillir, nous pouvons discuter son prix et vous le faire payer en plusieurs traites. Seulement, vous devez être consciente de la rareté de cette espèce. Nous sommes les seuls dans ce secteur à disposer d’un cas comme lui, et les laboratoires d’où il vient stipulent bien… »
Encore une fois, ses propos se noyaient dans la masse. C’était cependant du fait de l’agitation revenue. Voulant probablement fuir la présence de cette humaine ô combien particulière, des employés préféraient s’occuper de ramener les autres hybrides ou plutôt gérer la caisse comme si leur vie en dépendait. Le dossier, mon dossier, était entre les mains de ce type. Il n’y avait besoin que d’une victime de la belle.

« Vous êtes trop jeune… »
J’aurais pu finir ma phrase par « pour comprendre » ou quelque chose du genre. Mais mes mots, destinés d’une voix très calme et basse à l’humaine, n’étaient pas forcément sensés l’atteindre. Je la fixais, simplement, respirant sans me presser. Elle m’avait agressé dès le début, approchant trop près de moi, comme si tout cela était le plus naturel du monde. Son mouvement me revenait en tête. Inconsciente jeune fille.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mar 10 Déc - 22:16


Le fameux responsable s’empara vite du dossier de l’hybride que j’avais désigné. Il eut même l’air agacé que je choisisse celui-ci et pas un autre. Non mais, forcément que j’allais le choisir, surtout en repensant aux trois autres qui l’accompagnaient, un véritable gage. Quant à la bête que j’avais désignée, cette dernière resta passive, ne prenant même pas la peine de me répondre. Il se contenta juste de me guetter du regard. Ce regard froid et pratiquement inexpressif. Bien qu’il n’ait pas l’air enthousiaste, je me demandais à quoi il pensait. Réalisait-il qu’il était à deux doigts de quitter cet endroit si glauque ? A moins qu’il ne réalisait toujours pas ce qu’il se passait autour de lui. Ces bêtes… Je ne connais pas grand-chose sur eux, seraient-elles atteintes de déficiences mentales par défaut ? A vrai dire, elles me faisaient penser à des pantins dont les files étaient coupés, à des êtres sans esprits. Étaient-elles lucides, conscientes de leurs sorts ?

Le responsable me fit part de quelques avertissements si je puis dire, me mettant en quelque sorte en garde. Délicate intention ? Cela m’étonnerait fortement, il faisait juste cela afin de ne pas être celui à blâmer en cas de problème. De plus, de quoi parle-il ? De la démence ? Qui dans ce monde en était pas encore atteint ? Mon visage se figea, pensive. Je pris un peu plus de temps pour dévisager les diverses bouilles braquées sur moi. Ces bêtes… Je ne sais même pas comment les appeler, « Bête » fera l’affaire. De même pour celle que je m’apprêtais à prendre. A moins qu’il me fasse par de son nom, bien qu’il y ait de grandes chances que je fasse la sourde oreille.

Je m’apprêtais à me rendre au comptoir, qui faisait visiblement office de caisse, afin de régler la séquence administrative qu’engendrerait l’adoption, laissant le responsable radoter. Je stoppai net, me tournant vers lui d’un air agacé. « Discuter son prix ? Payer en plusieurs traites !? »  Ai-je l’allure d’un de ces déchets, dépendant de crédit en tout genre afin avoir de quoi me nourrir en fin de mois ? Je me précipite vers lui, voulant juste lui refaire avaler ses paroles. Rien que ma manucure avait plus de valeurs que son salaire mensuel, alors qu’il se les garde, ses intentions de « bon samaritain » !  Je le pose ma main sur son abdomen volumineux mais dépourvu de fermeté, le poussant. Non pas comme je l’avais fait avec les hybrides quelques minutes avant, mais avec beaucoup plus d’entrain. Il s’écrasa contre la porte vitrée de la boutique, tel un vieil homme boiteux dont on aurait confisqué les béquilles. Mon doigt, ou plutôt mon ongle se positionna au niveau de ce qui lui servait de pomme d’Adam. Cet ongle plutôt long, comme les neuf autres, vernis d’ébène se pressa au fur et à mesure contre sa peau luisante de transpiration. Il respira de plus en plus vite, pris au dépourvu. C’était à son tour de se sentir tel un rat dans un bassin qui se remplissait lentement d’eau. Ces grands yeux, sa respiration saccadée, ses yeux globuleux me refilaient la nausée. Et dire que ce porc m’avait indirectement traité de « pauvre ».  Je ne souris plus, me contentant juste de te le regarder d’un air grave.

Contente-toi juste de me faire signer la paperasse. Si je le voulais, j’achèterai le monde tout entier.

Ce sont sur ces mots que je me permis de lui arracher le dossier des mains, ne prenant même pas le temps d’y jeter un œil. Je le ferai plus tard, une fois chez moi. Je m’avance de nouveau vers ce comptoir crasseux en plongeant ma main dans le sac que je n’avais pas lâché depuis ce matin, sortant de ce dernier un chéquier dont un stylo argenté y était accroché. Je me cambre, les sourcils toujours légèrement froncés, me mettant à l’aise afin de le remplir comme il le fallait. Cinq ? Six ? Non. Sept cent mille dollars devraient faire l’affaire afin de clôturer cet achat, d’acquérir cet homme-chat. Le regard ébahi d’un des vendeurs en disait long, je pus aisément ressentir cette aura envieuse. Il me fit aussitôt signer une attestation certifiant que je devenais officiellement la maîtresse de… Tora ? En parlant de ce dernier, je passai à côté de lui, prenant au passage sa laisse, l’attirant doucement vers la sortie.

Profitez-en pour changer le parquet. Il grince de trop, c’est agaçant.

Nous sortîmes enfin cet endroit lourd et poussiéreux. Le soleil tapant, ça n’empêchait pas le vent frais de souffler, de rafraîchir cette ville ayant un arrière goût de pollution. Cet arrière goût qui avait bercé toute mon enfance. Je pose les yeux sur mon achat, le reluquant. Je souris, durant combien de temps était-il enfermé ? Je ris, tirant légèrement sur la laisse afin d’entamer le pas, allant en direction d’un restaurant se trouvant à même pas deux pas du parc qui se trouvait à même pas trois cent mètres de chez moi.

Je suppose que tu n’as pas déjeuné, non ? Je connais un lieu sympa, discret et à ciel ouvert. Sauf si tu préfères découvrir ton nouvel habitat en premier...
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mar 10 Déc - 23:12


Parfois, j’ai peur de comprendre. Le monde ne m’est pas étranger, loin de là, et je suis capable d’appréhender à peu près tout ce qui passe sous mes yeux. Mais là, une sorte de voile m’obscurcissait le jugement, rendant difficile la distinction entre réalité et fausseté. Etais-je donc parti pour appartenir à cette humaine ? Jamais les choses ne m’avaient paru si folles. On nageait dans le non-sens. J’avais fini par devenir un de ces hybrides, de luxe ou non, qui vient décorer le salon ou agrémenter une vie. Qu’était-ce que ces bêtises ?
Ma bouche s’entrouvrant alors que j’avais l’intention de prononcer quelques mots, j’étais resté muet. L’humaine parlait pour deux. Elle avait de l’orgueil pour deux, aussi, et un caractère qui s’emportait d’une manière plus impressionnante encore. Acheter le monde ? À quoi bon ? Qui était-elle vraiment ? Et surtout, allait-elle me sortir de là sans encombres ? Le gros vendeur bousculé, moi dans l’incompréhension, je mettais une ou deux secondes avant de réaliser la situation. Officiellement, j’appartenais à cette inconnue. Et la laisse lâchée par le vendeur pendait à mon cou. J’en triturais le cuir, remontant lentement vers ma laisse en observant le spectacle, comme si le choix de me libérer ou non pouvait être pris par moi seul. Là, j’avais encore une fois la possibilité de m’enfuir, n’ayant rien, pas une main ferme, pour me retenir. Mais je n’avais pas bougé, écoutant plutôt les propos de la brune. L’instant suivant, je tombais en sa possession.
On tirait sur ma nuque. Serrant ma gorge, l’anneau de cuir voulait me forcer à suivre, assurant à cette maîtresse nouvellement promu le droit de me promener à sa guise. Quelle déchéance pour moi. La rue, néanmoins, s’ouvrait à mes pupilles. Je brulais. Instantanément, je fermais les yeux et stoppais le pas. Avait-elle tiré un peu pour me faire avancer que je cessais, trouvant la situation trop inconfortable. En vrai, il ne me fallut pas réfléchir longtemps pour me décider à reporter ma capuche sur ma tête, recouvrant mes oreilles et plongeant mes yeux dans l’ombre. Le temps que je m’habitue. Ne bougeant plus, je scrutais cette humaine et prenais le temps d’agir. J’avais à répondre à sa question, certainement. Mais me venait plutôt à l’idée de décrocheter la boucle reliant la mon collier à la laisse. Cette dernière retombait, soudainement et mollement, dans la main de l’humaine. Je m’étais détaché.

« Tu veux que je mange ? »
N’ayant pas de réelle notion de ce qu’impliquait ce fait nouveau : être l’animal d’un humain, je ne me voyais pas la suivre bêtement, ni répondre à ses attentes pour le moment mitigées. Elle-même ne savait pas ce qu’il convenait de faire. Comment m’affranchir, dans ces conditions ? Encore, je n’aurais pas le choix, je pourrais refuser. Mais là… je fais ce que je veux ?
« Et après ? »
Ajoutais-je, dans l’espoir de voir ce qu’elle voulait vraiment. Puisqu’elle m’avait acheté, j’étais semble t-il son esclave, mais n’avais aucune envie de perdre mon temps à errer ou manger pour passer le temps.

« Je peux me débrouiller. »

Ce ne devait pas être la bonne réaction. Toujours est-il que, liberté de cette emprise physique qu’elle avait sur moi grâce à la laisse, je touchais mon cou et reprenais la marche, sans pour autant m’occuper d’elle. Je n’allais pas courir mais ne voyais pas bien pourquoi j’irais à son allure. Les mains bientôt dans les poches, je jetais un coup d’œil à cette « petite » humaine m’accompagnant et retrouvait cette impression perdue il y a tant de mois : l’autonomie. J’aurais très bien pu être seul, sauf que j’avais cette fille collée à mes basques. Qu’aurais-je fait, en temps normal, après m’être enfuie d’une telle prison ? Peut-être aurais-je cherché un endroit, un groupe, des repères. Mais là, tout était différent. Aurait-elle des désirs, des ambitions, pour elle et pour moi-même ? Pour le moment, je n’en savais rien et une chose était sûre : je n’avais nullement l’intention de correspondre à ses besoins, ni de répondre à ses attentes. J’avais suffisamment de choses à rattraper pour ma part, sans perdre de temps avec cette jeune femme, fut-elle ma propriétaire, et légalement responsable de ma nouvelle existence.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mer 11 Déc - 1:53


Je suivis du regard l’extrémité de la laisse que je tenais fermement, se laisser tomber sur le trottoir où nous avions pieds. La boucle en fer s’écrasant bruyamment contre le béton. J’avoue avoir baissé ma garde, chose que je ne devais pas me permettre car l’hybride n’avait visiblement pas laissé cette opportunité lui passer sous le nez.  J’en fis de même, juste en état de stupeur. Il reprit sa marche, ne s’occupant même plus de moi. La contrariété était lisible sur mon visage, je n’aimais pas ça. D’autant plus, ce foutu chat n’hésite même pas à me donner dos. Depuis quand est-ce qu’on donne dos à un ennemi ? N’a-t-il pas peur des représailles ? Que je lui bondis dessus, armée d’une lame ou que sais-je ?  Je me mis à marcher, me contentant d’aller tout droit et ce, sans m’arrêter. Je fis juste abstraction de tout ce qui m’entourait. Je me sens mal, depuis quand est-ce j’ai commencé à me sentir mal ? En y repensant, c’est vrai que personne n’osait me repousser ou m’ignorer. J’étais pourtant calme en étant enfant, je ne me faisais pas spécialement remarquer, je n’aimais pas ça, à vrai dire. J’ai toujours eu droit à ces incessants «  Mais tu es la petite-fille de…  » ou encore « Laissez-la tranquille, c’est une Daichi ! ». Au début, j’appréciais le fait d’être le centre d’attention malgré moi. Ces enfants complètement niais qui me suppliaient de devenir leur amie, sous les menaces de leurs parents.

J’accélérai le pas, rattrapant l’hybride que je saisis fermement par l’épaule. Je l’incitai à se retourner, le guidant de ma main sans bien forcer mais le regard que je lui jetais en disait long.

Tu peux te débrouiller ? Oh… Souhaites-tu des applaudissements ? Ce n’est pas difficile à comprendre, tu sais… Je veux juste que tu me suives. Ce n’est pas comme si j’avais concocté un piège ou autre. Puis… Ok, supposons que tu saches si bien te débrouiller, où irais-tu ? Dans les bois ?  

Voilà, au moins c’était fait. A quoi bon tenter de se la jouer rebelle si c’est pour vivre tel un sans domicile fixe ? Telle une bête enragée qui vouerait une haine sans limite envers les humains ? Mais surtout… Pourquoi me suis-je mis à repenser au passé, même durant l’espace d’un instant ? Je revois encore feu mon grand-père et… Cette tante dont j’ai déjà oublié son nom. Les autres, quant à eux, je ne voulais pas les voir, ils étaient beaucoup trop hautains avec moi. Je reste figée, le regard fixé au loin, le regard vide, tout simplement démuni d’émotions. Le déni. Je pense être en plein déni. Mais déni de quoi ? Le refus d’accepter le fait que cette foutue bête fut le premier être à me tourner le dos ? N’ayant que faire de mon identité et de ma notoriété ? Le gin, serait-ce lui qui refit surface ? Impossible, l’alcool a dû s’être dissipé depuis un bon moment déjà. Mais qu’importe, mes pensées furent également vite dissipée lorsque mon regard croisa de nouveau le sien. Un regard indescriptible, il était impossible de deviner ses pensées. Je m’éloigne légèrement, reprenant ma marche jusqu’à l’endroit que j’avais si envie de découvrir.  Un restaurant à l’architecture européenne, calme et doté d’une terrasse entourée de verdure. J’aimais déjà bien cet endroit, même si je n’y avais jamais mis les pieds. L’établissement était juste en face de moi, attendant silencieusement que le feu devienne vert pour les piétons afin de traverser mais… Je me retourne une nouvelle fois vers ce fameux Tora, attrapant une de ses mains donc je mis à caresser la paume. Sa main était plutôt robuste, bien masculine mais néanmoins douce. Je fus presque étonnée de savoir que c’était avec de ces mains qu’il blessait à sang les « plusieurs personnes » dont le responsable de l’animalerie m’avait parlé. Enfin, forcément que c’était le vendeur qui m’en avait parlé. Tora était loin d’être loquace pour me le dire lui-même, bien que c’était justement ça qui m’amusait chez lui.

Alors comme ça, tu serais atteint de démence… ?  

Je souris comme à mon habitude. Tout était bon pour tenter de le cerner un minimum, gardant chaleureusement sa main entre les miennes et ce, sans le lâcher du regard. Froid, blasé ou tout simplement timide ? Avait-il l'habitude de côtoyer de jolies femmes ? Mhm, hormis des femelles sous alimentée, ça m'étonnerait. Et d'ailleurs, combien de temps est-il resté enfermer ? Son dossier était au fond de mon sac, ce n'était pas le moment de le ressortir afin de connaitre ce genre de détail. Puis... Ça ne me ressemble pas, je souhaiterai quand même qu'il m'en fasse part. Le savoir de sa bouche et non en jetant un œil sur cette farde en piteuse état.
 
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mer 11 Déc - 6:00


N’allait pas tarder à arriver le moment où il faudrait faire des choix. Sans le redouter, on ne peut dire que j’appréciais particulièrement de devoir jouer mon avenir sur un coup de dé. On a beau s’évertuer à vouloir croire que l’existence est absurde, qu’elle est un jeu ou que rien n’a d’importance, ce n’est jamais tout à fait vrai. On trouve forcément des choses pour contredire nos actes, quoi que l’on fasse. Moi-même, en tant qu’hybride à tendance contestataire, j’ai pour habitude d’avoir affaire à la dictature de la majorité. Ma façon de faire, de penser, de vouloir, n’est pas bonne, disent-ils. Je ne suis pas un bon élément des miens. Je suis différent. Tant pis.
Cette humaine aussi l’est. Peut-être est-ce dû à son statut. En tout cas, ce doit être à cause de ça, du fait qu’elle m’ait acheté, qu’elle ne se conduise pas comme une véritable imbécile. Dès le début, je m’étais attendu à pire. La laisse, ça sentait simplement la stupidité humaine, le copier-coller. Je suis de plus en plus persuadé que la belle n’a jamais eu de neko. Pourquoi ? Parce qu’elle me parle. Les hommes et femmes n’ont pas besoin de s’entretenir avec leur animal. Si l’on veut se faire comprendre, on dit « couché, assis, debout », voire un « viens là » bien placé. Mais les grandes phrases sont destinées à faire appel à l’intellect. Seul un défendeur de notre cause perdue, du genre Greenpeace aniimals ou un truc du genre voudrait que nous en ayons un. Les humains eux-mêmes intelligents, aussi, estiment qu’ils peuvent nous proposer des choses, des sortes de pactes ou de contrats, nous faire avancer, évoluer… Sans doute ont-ils raison, ceux-là. Mais ce n’est pas une raison pue je me mette à croire en leur race.
Nouvel élément qui me laisse à penser que cette jeune femme est une débutante en matière de mi-humains, c’est sa main sur l’épaule. Ne jamais faire ça quand on n’est pas absolument sûr et certain d’être maître de la situation. Mon regard s’est comme vitrifié, en sentant ce contact. Deux fois déjà qu’elle me faisait bouger en me touchant directement, je ne compte pas la laisse. Deux fois qu’elle interagissait de manière étrange, impulsive et inconsidérée. Me faire me retourner pour reprendre mes propos ? Je veux bien, mais elle a sans doute de la chance que je me sois retenu. Avant mon enfermement, je ne laissais personne d’humain me toucher. Personne. J’ai dû m’adoucir, ou plutôt me ramollir. J’ai tué pour moins que ça. Mais comment lui expliquer que le dernier à avoir fait ce geste est mort ? Ce serait un peu brutal et vaguement hors contexte. Parce qu’elle parle et me met dos au mur, littéralement. La forêt ? Je déteste ça…
Néanmoins, malgré son attitude, la marche reprend et je suis sans discuter. Je n’ai pas envie de contester ses mots. Elle n’a pas tout à fait tort, et je ne vois d’autre solution que celle-ci. Pour le moment, je suis dehors de façon légale pour la société humaine. Je vais pouvoir agir selon mon bon vouloir, faire ce que je veux, du moment qu’elle n’a pas trop à se plaindre. Car que veut-elle ? Un compagnon ? Un animal qui reste à ses côtés ? ça ne me dérange pas, tant que je peux avoir du temps de mon côté. Il ne faut pas bousculer les désirs de cette fille. Je vais jouer le jeu pour le moment. Même si elle prend ma main comme ceci. Même si elle agit sans que je sache comment réagir. Je la laisse faire et observe. Mes yeux ont de quoi faire, avec elle. Ce ne sont pas des gestes mauvais qu’elle commet. C’est plutôt… une tentative de séduction. De l’homme ou de l’animal ? Il est un peu tôt pour le dire. Je ne sais pas pourquoi elle m’a choisi, mais j’imagine qu’elle a plus d’une idée derrière la tête.

« C’est faux. »
Ai-je répondu, doucement mais sûrement. Je ne suis pas fou et pourtant je ne tiens pas à expliquer ce que je suis. Ce n’est pas que je haïsse ses semblables. C’est plutôt qu’ils n’ont jamais fait que me poursuivre et chercher à me piéger, à m’utiliser. Sur le papier, je leur appartiens. Surtout à elle, depuis peu.

« J’ai très faim. Vraiment. Tu risques de regretter de m’avoir invité. »
Mon estomac est vide depuis plus d’une demi-journée, à vrai dire. Et je n’ai pas été nourri décemment depuis des lustres. La vie à l’animalerie n’était pas drôle, de ce côté-là. Heureusement que je suis habitué à une alimentation correcte, sans excès, qui a maintenu mon corps en forme auparavant. J’ai une taille d’hybride bien entretenu. Le temps et les mauvais traitements n’auront pu eu un trop mauvais effet sur moi. Alors je fais un pas presque hésitant pour traverser quand le feu passe au vert. Bien sûr, je regarde ma maîtresse, je pose longuement les yeux sur ses mains, et sur son regard. J’ai besoin de son assentiment pour traverser et la suivre. Puisque je ne peux me débrouiller seul véritablement, autant essayer de compter sur elle. Je ne bouge pas mes doigts qu’elle détient, comme incapable de savoir ce qu’il convient de faire. Mais je n’oublie pas. Le moment venu, je trouverai comment lui exprimer un soupçon de gratitude.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mer 11 Déc - 20:32


L’impression que j’avais au début, cette sensation de monologuer, se dissipa enfin. Tora se daigna enfin à me répondre. En guise de feed-back, il me fit part de sa faim. Chose qui me confirmait que ma supposition était juste.  Je ne dis, rien. Préférant juste l’écouter. Certes, de base, je suis plus celle qui se fait écouter et non l’inverse. Mais à quoi bon rester prisonnière de ces lassantes habitudes. L’heure de l’innovation avait sonné, si je puis dire. Il me fit également la remarquer que je risquais de regretter mon geste, celui de l’avoir invité. Les regrets… Le regret est un sentiment qui m’était presque  inconnu. J’avais grandi sans avoir eu l’occasion de regretter quoi que ce soit, hormis peut-être de ne pas avoir être née « garçon » ? Ressasser le passé ne sert à rien, m’empêchant complètement d’avancer. Quand est-ce que ce gros nuage se dissipera, afin de m’accorder enfin le droit d’avancer sans le moindre remord ?

Moi regretter ? Comme si ça allait arriver.

Lui disais-je calmement, souriant malgré moi. Sa main était toujours monopolisée par mes soins, cette main dont j’étais convaincue qu’il allait rapidement récupérer en m’envoyant paître une seconde fois. Chose qu’il ne fit pas, à ma grande stupéfaction. S’était-il finalement résolu à se calmer ? Il faut également avouer qu’il avait l’air beaucoup plus serein maintenant qu’il y a encore quelques minutes. Était-ce mes mots ou encore mes gestes qui l’avaient convaincu de « changer », même provisoirement ? Ou serait-ce tout simplement mes jolis yeux qui l'avaient finalement attendri ? Je souris à cette pensée, forcément qu'il n'était pas insensible à ma personne. D'ailleurs, personne en était insensible, c'était indéniable. Je repris la marche, guidant l’hybride en conservant sa main entre la mienne. Nous traversâmes, profitant de cet instant pour jeter un bref coup d’œil vers les automobilistes en attente. Ces derniers avaient tous les yeux rivés en notre direction. Comme si… Nous attisions leur curiosité. Je me sentis presque telle une bête de foire, ne saisissant pas. De plus, nous n’étions pas les seuls à traverser cette dizaine de mètres ornés de peinture blanche. Eux aussi, ces simples passants nous dévisageaient discrètement. Je ne saisis pas, voulaient-ils une photo, peut-être ? Qu’importe, je leur répondis d’un regard hautain, marchant à mon allure. Une fois à l’autre bout de la rue, piétinant l’espace du restaurant en question, que je relâchais la main de l’homme-chat, la laissant glisser sans gestes brusques.

J’entre en premier, suivie de prêt part ma nouvelle acquisition, signalant ma présence aux serveurs en leur attribuant un fin sourire, suivit d’un léger hochement de la tête. Je m’oriente instinctivement vers la grande arrière-cour, comme si je ne voyais que ça. Mais ce n’était pas faux,  je ne saurai dire si il y avait plusieurs clients à l’intérieur ou non. Le plus important était de savourer ce doux parfum de viande grillée qui cajolait mes fines narines. La cour, par-contre, était vide. Rendant l’atmosphère beaucoup plus plaisante. Je m’installe, la première, sur le coussin plutôt confortable qui était associé au siège en osier. Je suivis l’hybride du regard, le regardant quelques instant avant de prendre possession de la carte.

Mets-toi à l’aise et prends ce qu’il te plait.

C’est après l’avoir invité à prendre place à ma table que je me mis à découvrir ce que cachait cette fameuse carte. Que prendre en guise d’entrée… Fricassée de langoustines braisées ? Des noix de Saint Jacques dorées ? Ou plutôt une salade de canard à l’estragon… Un large choix d’entrées s’offrait à moi. Je n’avais pas une faim de loup mais l’odeur provenant des cuisines ne me laissait pas indifférente. Je finis par poser la carte, croisant élégamment les jambes, comme à mon habitude, avant d’aller s’emparer de la carte à vins… A croire que je n’en avais pas eu assez avec le gin de la veille. En y pensant, je me demande si Tora était un amateur de boissons alcoolisées ou si au contraire, il n’en avait jamais goûté.

Tu t’y retrouves ? N'aie pas les yeux plus grands que le ventre... Tout gaspillage est punissable par mes soins...

Je ris à ces mots, dites d'une manière taquine. J'en avais que faire du gaspillage, je voulais juste me jouer de lui, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Peu importe comment il allait saisir ces dits. Le principal selon moi est de guetter ses réactions, l'affoler. Certes, ça allait être difficile mais au bout d'un moment, il allait tout de même se lâcher, faire afficher un peu plus d'expressions sur ce visage songeur.
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Mer 11 Déc - 22:10


Je suivais. D’une part, parce que je n’avais le choix. Mais aussi d’autre part à cause de mon manque de repères. Sans elle, pour l’instant, je n’avais nulle part ou aller, ni vraiment de moyens pour survivre dignement. Je pouvais toujours voler, me battre, semer la pagaille, mais ça n’irait pas bien loin, alors que là… j’étais plutôt bien accompagné.
Allant à sa suite, je ne pouvais m’empêcher de baisser les yeux sur ces mains tenant la mienne. Evitant les humains en traversant la route, je croisais quelques regards sans m’y attarder, les soutenant juste le temps suffisant. Mais finalement, la délivrance vint et je pouvais masser doucement ma paume, mes doigts, ma main. Pas que j’ai mal, non. Mais être tenu ainsi par une humaine ne m’était pas plus familier que ça. Si j’en avais côtoyé accessoirement par le passé, ce n’était pas pour manger un morceau avec eux ou pour le plaisir de leur tenir la main.
Quoi qu’il en soit, j’entrais sans trop tarder dans le restaurant ciblé par Minami. Et ne regardant personne mais détaillant rapidement tout en ce lieu, j’évoluais vers la place qui devait être la nôtre. La jeune femme n’avait pas encore eu besoin de me dire de prendre mes aises que j’y étais déjà. Avachi dans le fauteuil face au sien, à la table où mangerions sûrement, je m’étalais de tout mon long. Mes jambes venaient même prendre de la place et gêner pour qu’elle allonge les siennes. Ce n’était mon problème. Ne prenant pas la peine de saisir la carte des consommations, je préférais de loin scruter ma vis-à-vis et maîtresse. La fixant, sous ma capuche usée par l’âge, je ne voulais abandonner cette observation, probablement pour en apprendre davantage sur cette étrange personne. Pendant pas moins d’une minute, donc, je restais à détailler la brune et tâchais de comprendre ce qu’elle voulait de moi. Mon visage ne devait alors pas exprimer grand-chose en retour.

« Pourquoi m’avoir choisi ? Tu es une… gamine, et moi un animal sans grand intérêt pour toi. »
Parce que je devais en savoir plus, il fallait bien commencer quelque part. Sans doute certains de mes mots seraient-ils mal choisis, comme cette espèce d’attaque que je menais à son encontre. Une gamine ? Ce n’était peut-être pas tout à fait le cas. Mais je ne pouvais lui attribuer plus d’une vingtaine d’année, même si sa vanité explosait visiblement le compteur des années.
Les bras d’abord étalés sur les accoudoirs du fauteuil, je changeais pour les croiser et persister dans mon observation. Que pourrait bien me révéler le zyeutage de mon humaine ? Voilà moins d’une demi-heure que nous nous connaissions et j’aurais voulu en être au stade le plus avancé. Qu’aurais-je à tirer d’elle ? Et inversement. C’est pourquoi je reprenais, espérant peut-être accélérer les choses.

« Tu t’imagines que je suis un agréable hybride de compagnie, peut-être, probablement peu doué pour la conversation, mais qui saura se rattraper au lit et rentabiliser la petite somme investie… »
Mon idée n’était pas forcément de faire tourner la conversation sur des sujets pour adultes, mais bon. La demoiselle allait devoir répondre, de toute manière, parce que son rôle de responsable rendait notre dialogue inévitable. Ce n’était pas moi le premier à avoir posé des questions. Je tenais uniquement à être le premier à passer commande. Le serveur approchait, je le voyais de loin. C’est donc comme cela que je terminais auprès de la nippone, indiquait sur le même ton qu’auparavant, calme, sûr, presque autoritaire.

« Je veux de la viande. »
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MessageSujet: Re: Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]   Jeu 12 Déc - 14:15

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Suivre la vie du regard sans la laisser s'échapper [PV Minami T. Daichi]
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